Politique

Un sondage d’Harris Interactive révèle que si les Français sont plus que largement opposés à la loi travail El Khomri, ils sont tout autant à ne pas connaître son contenu.

Avec une mobilisation qui ne cesse de se maintenir malgré les tentatives du gouvernement de la torpiller par tous les moyens, la loi El Khomri continue de faire parler d’elle. D’un côté la CGT est consorts luttent pour que le texte ne soit pas mis en application tel quel et de l’autre le gouvernement de Manuel Valls qui n’entend plus bouger d’un centimètre sur le texte et qui veut même accélérer la cadence en promulguant le texte de loi en Juillet, à l’heure où la France s’assoupit quelque peu.  Et au milieu de tout ça ? Les Français. Des Français qui selon le dernier sondage sont à 67% opposés à cette nouvelle mouture libérale du Code du Travail. Dans le détail , ils sont 31% à peine à être en faveur du texte, 31% y sont « plutôt opposés » et 36% « tout à fait opposés ».

Sauf qu’en réalité, sur les 2 Français sur 3 qui se déclarent opposés à la loi, 40% sont « plutôt mal informés » et 14% « très mal informés ». 54% des Français ne savent donc pas de quoi est véritablement fait le texte. Autre enseignement du sondage de Haris Interactive : 61% des sondés estiment que les conditions de travail doivent être définies en priorité au sein même de chaque entreprise.

Cette méconnaissance du texte de loi fait ainsi en partie le jeu du gouvernement qui présente les seuls points du texte qui ne lui sont pas défavorables en termes de popularité, plaidant simplement qu’une telle loi permettrait de relancer la création d’emplois en France. La loi El Khomri est actuellement à l’étude au Sénat, après avoir été passé en force à l’aide du 49-3. Le gouvernement souhaite ainsi que l’affaire soit pliée dès ce mois de Juillet voire Août quand la France sera en vacances et que les manifestations s’essouffleront d’elles-mêmes.

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Alors que les syndicats n’ont pas dit leur dernier mot dans leur lutte contre le projet de loi El Khomri, Jean-Claude Mailly le secrétaire général de FO pourrait saisir la justice à l’encontre de la Ministre du Travail.

Un nouvel épisode dans la bataille autour du projet de réforme du Code du Travail pourrait bien s’ouvrir. Et ce n’est plus tant la réforme elle-même qui serait attaquée mais directement la Ministre du Travail. C’est le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, qui en aurait fait la déclaration. La raison invoquée ? le non-respect de la concertation préalable obligatoire imposée par la loi. Car comme le rappelle Jean-Claude Mailly la loi datant de 2007 oblige le gouvernement « quand il envisage un projet de réforme portant sur les relations individuelles et collectives du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, à ouvrir une concertation » avec les syndicats et le patronat. Or, selon Mailly, El Khomri se serait passée de cette démarche : « non seulement nous n’avons pas été concertés sur l’intégralité du projet de loi que nous avons découvert après sa transmission au Conseil d’Etat, mais nous n’avons eu aucun document d’orientation« .

Un « faux débat »

La Ministre du Travail quant à elle renvoie la question d’une simple déclaration : « La loi que je porte vise justement à développer le dialogue social. Donc pas de faux procès, je respecte le dialogue social« ; rajoutant même « C’est un peu un faux débat« .

Reste que le ton semble bel et bien être monté d’un cran entre les représentants des travailleurs et la Ministre du Travail et plus généralement le gouvernement. Car cette loi injuste s’apparente de plus en plus à un passage en force afin de faire plaisir au Medef de Pierre Gattaz.

 

 

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Face à la future présentation du projet de loi du travail porté par El Khomri et Valls, les plus grandes organisations syndicales appellent à une manifestation nationale de grande ampleur.

Le 24 mars prochain sera présentée la réforme tant contestée du Code du Travail en Conseil des Ministres. Car si quelques petites concessions ont été faites suite aux grands mouvements sociaux des 9 et 17 mars, l’essentiel demeure : une réforme injuste qui favorise le patronat et pénalise les salariés.

Face à cet état de fait, toutes les organisations syndicales ou presque ont d’ores et déjà prévues de mener de grandes manifestations sur l’intégralité du territoire. Pour Fabrice David, secrétaire général de la CGT IDF, « les camarades sont en mode grande lutte. La quasi-totalité des boîtes industrielles appellent à y participer, comme chez STX, Airbus, mais aussi les trois fonctions publiques. » Idem d’ailleurs chez Air France, SNCF, la Poste et dans bon nombre d’entreprises de toutes tailles.

Vers un printemps social

Le gouvernement ne devra pas compter sur un essoufflement du mouvement de contestation car avec trois grandes manifestations en un mois à peine, salariés et ouvriers n’ont pour autant pas dit leur dernier mot. Tout semble tendre en effet vers un printemps social contestataire, mouvementé et vindicatif. Car la réforme annoncée du Code du Travail ne passe pas au sein des salariés, seuls les patrons y voient une bonne chose. Et outre les grandes manifestations annoncées, il faut d’ores et déjà s’attendre à trouver beaucoup de grandes entreprises publiques et privées en grève dans les prochaines semaines.