Politique

Pour tenter de calmer la grogne populaire des gilets jaunes, Emmanuel Macron devrait annoncer une série de mesures. Rien de bien nouveau ni de vraiment à la hauteur de l’enjeu social.

Mardi 27 novembre, Emmanuel Macron est censé prendre la parole pour annoncer une série de mesures en faveur des Français suite au mouvement des gilets jaunes. Des négociations devaient également avoir lieu sur tout le territoire pour rendre « acceptable et démocratique » les objectifs de la transition écologique selon l’Elysée. Le président doit dans son prochain discours « donner un cap sur la transition écologique » et plus spécialement en ce qui concerne le recours aux énergies fossiles, le climat, la santé, le pouvoir d’achat. Et c’est sur ce dernier point que Macron est particulièrement attendu. Car c’est bien le pouvoir d’achat qui cristallise toutes les tensions, une récente étude de l’Insee ayant démontré qu’il a baissé de près de 500€ en moyenne pour chaque Français entre 2008 et 2016.

Alors pour tente de calmer le jeu, le président devrait annoncer quelques petites mesures. Rien de bien nouveau ni de vraiment efficace. C’est le cas de la remise en service du crédit d’impôt pour les travaux portant sur le remplacement des fenêtres. Nicolas Hulot l’avait supprimé il y a quelques mois, jugeant qu’il n’était pas efficace. Macron souhaiterait le réintroduire.

Et pour ce qui est du carburant, il est fort possible que la prime à la conversion soit augmentée, passant de 2 000€ à 4 000€. Mais vu le prix d’une voiture électrique, la mesure ne changera pas foncièrement la donne. Autres mesures probables : l’Etat pourrait aider les collectivités à renforcer la mobilité ou encore à accompagner les Français souhaitant changer de système de chauffage.

En somme, rien de nouveau ni de vraiment efficace. La réponse d’Emmanuel Macron aux gilets jaunes risque de faire grincer bien des dents et n’est pas à la hauteur de la sanction écologique que connaissent de nombreux Français.

Gilets jaunes, Edouard Philippe, Emmanuel Macron
Politique

Suite à la première journée de manifestation citoyenne des Gilets Jaunes, Edouard Philippe a fait savoir que le gouvernement maintiendrait le « cap » qu’il s’est fixé.

290 000 personnes ont manifesté le 17 novembre contre la hausse du prix du carburant, puis près de 50 000 dimanche. Les Gilets Jaunes ont largement fait entendre leur voix dans toute la France. Et le mouvement pourrait bien se poursuivre. Edouard Philippe a assuré dimanche 18 novembre qu’il a bel et bien entendu la “colère” tout en indiquant que le gouvernement maintiendrait le “cap” qu’il s’est fixé. 

Le Premier ministre a profité de son passage dans le JT de France 2 pour expliquer : “Un gouvernement qui changerait de pied en permanence, qui zigzaguerait au gré des difficultés, (…) ne conduirait pas la France là où elle doit être conduite”.

La justification de la hausse du prix du carburant trouve son origine dans la volonté de l’exécutif de vouloir taxer la pollution en allégeant parallèlement les coûts liés au travail : baisse des prélèvement sociaux et meilleure rémunération du travail. 

Edouard Philippe insiste : “Le cap que nous avons fixé, il est bon et nous allons le tenir”.

Suite aux malheureux débordements qui ont entraîné le décès d’une manifestante, le Premier ministre à déclaré : “La liberté de manifestation, ce n’est pas l’anarchie”.

Inondations Aude, Emmanuel Macron, France
Politique

En déplacement spécial dans l’Aude suite aux terribles inondations, Emmanuel Macron a promis qu’une enveloppe supplémentaire de 80 millions sera accordée par l’État.

Il a laissé passé l’orage mais le voilà quand même. Emmanuel Macron s’est rendu récemment dans l’Aude, dans le village de Trèbes, pour constater les dégâts causés par les terribles inondations qui ont coûté la vie à 14 personnes. Le président a ainsi promis que l’État allait indemniser les biens non assurables des collectivités, tels que les routes, les réseaux d’eaux et les bâtiments publics pour une enveloppe totale de 80 millions d’euros.

Cette indemnisation supplémentaire s’ajoute aux 200 millions que devraient verser les assureurs pour les biens assurables, notamment ceux des particuliers et des entreprises, aux 37 millions de crédits supplémentaires prévus par le conseil départemental de l’Aude et au plan d’investissement de 25 millions que doit voter le 16 novembre la Région Occitanie.

L’Aude a reçu en quelques heures l’équivalent de trois mois de pluies, les pires précipitations localement depuis 1891, qui ont fait également plus de 70 blessés. Des centaines de personnes sont sinistrées, leurs maisons dévastées, des routes sont éventrées, des villages ravagés. Dans les 126 communes les plus touchées, l’État a reconnu l’état de catastrophe naturelle afin d’accélérer les indemnisations. Et cette liste devrait s’allonger, a dit M. Macron.

Les assureurs ont déjà enregistré près de 16.000 déclarations de sinistres pour un “coût final des dommages assurés estimé à 200 millions d’euros”, a indiqué lundi la Fédération française de l’assurance (FFA).

plan anti-pauvreté, France, Emmanuel Macron
Politique

Après avoir cajolé les plus fortunés, le gouvernement tente à présent de faire un geste en faveur des plus démunis. Le plan anti-pauvreté sera bientôt dévoilé. Plusieurs pistes ont dores et déjà fuité. Les voici.

Comment Emmanuel Macron compte-t-il s’y prendre pour résoudre la pauvreté dans le pays ? A cette question, le gouvernement a décidé de lancer un de ces fameux plans. Après avoir refusé de lancer un plan banlieue, un plan anti-pauvreté devrait tout de même voir le jour même si l’exécutif préfère parler de “stratégie pour lutter contre la pauvreté”. Nuance

Dès cet automne, une dizaine de territoires portés volontaires serviront de test grandeur nature parmi lesquels le Nord-Pas-de-Calais ou encore la métropole lyonnaise.

Alors, à quoi va ressembler ce plan ?

Le premier axe développé est celui de rendre obligatoire une formation pour les jeunes jusqu’à 18 ans tandis qu’actuellement il est possible de sortir du système scolaire à partir de 16 ans. Une façon pour les jeunes de ne pas décrocher totalement et de se donner les chances de trouver rapidement un emploi. Philippe Martinez de la CGT y voyant là une mesure plutôt efficace. Plusieurs dispositifs mis en place sous Hollande seraient alors amplifiés.

La simplification des aides sociales est un autre axe. Les APL, allocations familiales et autres pourraient prochainement être versées en une fois car 30% des personnes pouvant en bénéficier ne les réclament pas, faute d’une paperasserie trop lourde et d’un manque d’informations. Ce versement social unique pourrait entrer en vigueur d’ici deux années. Dans la même veine, les minimas sociaux pourraient être fusionnés et donner naissance à l’Allocation de solidarité spécifique.

Autre mesure envisagée : développer le nombre des places en crèche. Une mesure qui serait de nature à permettre à des mères de famille de retrouver le chemin de l’emploi en se dégageant du temps. Les communes qui feront l’effort d’augmenter le nombre de places en crèches bénéficieront d’un bonus financier comme l’a annoncé Agnès Buzyn. Aussi, des aides financières pour les familles monoparentales seront crées.

Réforme retraite, gouvernement, Emmanuel Macron
Politique

En pleine réforme sur le statut de la SNCF et des cheminots, le gouvernement va s’attaquer au cours des prochains mois à celle concernant l’épineux dossier des retraites. Plusieurs points phares seront débattus et ne manqueront pas de soulever une vive contestation.

Le gouvernement veut marquer ses différences avec les précédents par la capacité qu’il a à lancer de nombreuses réformes en même temps ou presque. Celle de la retraite devrait ainsi être discutée courant 2018, plus probablement à la rentrée voire durant l’automne. Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, ce vaste chantier va soulever de nombreuses polémiques de par la nature même des réformes envisagées.

Fin des régimes spéciaux

Le gouvernement entend ainsi mettre un terme aux régimes spéciaux. EDF, l’armée, Engie, la RATP ou encore les agents de la Banque de France bénéficient de régimes dits spéciaux. Plus de 42 régimes différents existent à présent, pour autant de mode de calcul ou presque. La réforme vise ainsi une mise à plat en supprimant l’intégralité des régimes spéciaux pour tendre vers un régime unique.

Alignement public-privé

Autre point majeur : l’alignement du secteur public sur celui du privé. Jugeant qu’il existe par là une inégalité fondamentale, Emmanuel Macron veut en finir avec les disparités conséquentes qui existent entre les deux régimes en termes de calcul du montant des pensions ou encore de l’âge de départ à la retraite. Reste que les fonctionnaires pâtiraient de cet alignement avec une perte du montant de leur pension comprise entre 7% et 21% du niveau actuel.

L’un des derniers éléments de la réforme porte sur la mise au point d’un nouveau mode de calcul. Deux possibilités sont envisagées : soit en mettant en place un système de retraite par points soit en créant un dispositif de “comptes notionnels”.

Dans le premier cas, les actifs engrangeront des points tout au long de leur carrière, des points qui se transformeront alors en pension de retraite. Le deuxième mode de calcul envisagé est celui des “comptes notionnels”. Dans ce cas, chaque actif dispose d’un compte virtuel sur lequel il capitalise ses cotisations tout au long de sa carrière professionnelle. Au moment de son départ en retraite, le montant de ce capital est changé en pension de retraite en se basant sur un “coefficient de conversion”. Un coefficient qui serait préalablement défini en prenant en compte des éléments tels que l’âge de départ à la retraite et l’espérance de vie. Le capital constitué serait ensuite divisé par le coefficient et le résultat de l’opération donne la pension annuelle de chaque retraité.

 

 

taxe d'habitation, France, Emmanuel Macron
EconomiePolitique

Bénéficiant à 80% des ménages de manière progressive à partir de 2018, la  suppression de la taxe d’habitation pourrait être étendue à la totalité des Français. 

Emmanuel Macron est sur le point d’officialiser sa promesse de campagne devant les maires de France. La suppression de la taxe d’habitation concernera 80% des Français de manière progressive à partir de 2018. Selon les précédentes déclarations de l’exécutif, cet impôt local sera minoré de 30% l’année prochaine, puis de 60% en 2019 pour être totalement supprimé à partir de 2020.

Mais alors qu’elle n’est pas encore mise en place, la mesure pourrait être étendue à la totalité des Français. C’est ce que confiait un haut fonctionnaire du ministère de l’économie au journal Le Parisien : “La cohérence serait de supprimer la TH [taxe d’habitation], c’est-à-dire d’acquitter 100% des ménages qui la paient”. D’ailleurs, Emmanuel Macron laissait sous-entendre en “off” qu’il y serait favorable.

La fin de la taxe d’habitation ?

Si la mesure est bel et bien dans les tuyaux, la question est de savoir quand elle pourrait être instaurée ? Pas pour le moment mais pourquoi pas “à la fin de son mandat ou lors d’un second quinquennat” juge un député officiant à la commission des finances.

Pour l’heure, Emmanuel Macron et Edouard Philippe vont d’abord devoir s’atteler à calmer la gronde des maires de France qui craignent pour leurs ressources. Car la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des Français coûtera entre 10 et 12 milliards d’euros par an. A Bercy, on explique qu’ “il faut d’abord retrouver des marges pour que les gains de croissance nous permettent cette extension”.

Reste un point épineux à éclaircir : celui du principe d’égalité de tous les citoyens devant l’impôt. La suppression de la taxe d’habitation pour une partie seulement des Français semble bien aller à son encontre. La mesure pourrait même être retoquée par le Conseil constitutionnel. L’organe a été saisi par l’opposition qui voit dans cette mesure l’instauration d’un système inégalitaire. En l’appliquant toutefois à 100% des Français, Emmanuel Macron pourrait bien avoir trouvé la parade.

Politique

Emmanuel Macron défend un programme de santé fortement ancré à gauche et qui prend celui de François Fillon totalement à contresens

Deux styles, deux écoles, deux points de vue très différents. Emmanuel Macron et François Fillon marquent de plus en plus leurs différences dans leur programme respectif pour la présidentielle de 2017. Et le candidat d’En Marche ! a été clair au sujet de ce qu’il ambitionne pour le secteur de la santé en France : tout le contraire de ce que prône Fillon.

Emmanuel Macron plaide ainsi pour un remboursement à 100% par la Sécurité Sociale des maladies chroniques mais également des lunettes, des prothèses auditives et des prothèses dentaires d’ici à 2022. Soit l’exact opposé de ce propose François Fillon dans son programme thatchérien. L’homme politique plaide pour un déremboursement toujours plus important de la part de la Sécurité Sociale au profit de ceux effectués par les mutuelles.

Des points de vue radicalement opposés

Avec François Fillon, c’est une santé à deux vitesses qui se dessine en trame, une santé qui fonctionne déjà ainsi puisque le régime général rembourse déjà moins bien qu’auparavant et puisque les Français les plus aisés sont ceux qui peuvent s’offrir les services des mutuelles qui remboursent le mieux.

Macron quant à lui prêche tout l’inverse sans pour autant donner les clés du financement de cette mesure inscrite dans son programme : « On ne peut pas parler de la santé en la réduisant à des chiffres. Le défi de la santé en France est l’une des principales préoccupations de nos concitoyens. Mais on n’y répond pas en déremboursant des soins ou en prétendant couper des têtes. On ne peut pas répondre aux défis d’aujourd’hui et de demain avec des mesures d’hier et d’avant-hier ».

Reste que la proposition d’Emmanuel Macron devra être détaillée et chiffrée afin de ne pas être cantonnée à un énième effet d’annonce de campagnes électorales auxquelles les Français sont désormais habitués.

EconomiePolitique

Figure connue et parfois controversée de l’aile gauche du Parti socialiste, Gérard Filoche n’en finit par de faire parler de lui. Après avoir lancé une pétition pour exiger la démission du ministre de l’économie Emmanuel Macron, il s’attaque aujourd’hui aux dirigeants d’Air France et prend la défense des salariés.

Très fortement engagé contre le Ministre de l’Economie, Emmnanuel Macron, critiqué par la gauche, adoré par la droite et le patronat pour ses sorties libérales et sa remise en cause des acquis sociaux. Sa dernière pique contre le statut des fonctionnaires est visiblement mal passé dans une partie de la gauche. Gérard Filoche, figure de proue quelque peu esseulée de l’aile gauche du Parti Socialiste, mène la fronde et a même lancé une pétition sur internet contre le Ministre de l’Economie.

“Si l’on veut sauver la gauche du désastre, il faut la sauver de Macron” peut-on ainsi lire sur le site de la pétition.

Plus récemment, l’ancien inspecteur du travail a pris la défense des salariés d’Air France menacé par la direction, en affirmant comprendre la violence et ne pas la condamner. “C’est n’est pas seulement quelques chemises déchirées, c’est 2 900 vies brisées” a-t-il même affirmé, faisant référence aux suppressions de poste décidées par la direction.

Toujours aussi offensif, l’homme fort de la gauche du PS continue de peser dans un parti où sa voix et ses idées semblent pourtant de plus en plus mises de côté.