entreprises, salaires, emplois
IdéesPolitique

Selon l’analyste financier Moody’s, les entreprises non-financières de la zone Emea (Europe, Moyen-Orient «  Middle East  », Africa) disposaient fin 2018 de 1085 milliards d’euros dans leurs caisses. 

Cadeaux fiscaux

Ces résultats impressionnants sont le fruit d’avantages fiscaux dont ont bénéficié les entreprises françaises en 2018. Ces dernières ont, par exemple, vu leurs cotisations sociales baisser de 20  milliards d’euros environ, tandis que le crédit d’impôt sur les sociétés a lui augmenté de 20  milliards d’euros. Grâce à ces cadeaux, les entreprises françaises sont celles qui ont rassemblé le plus d’argent selon Moody’s, à l’image d’EDF, qui a emmagasiné 34 milliards d’euros, et de Total, avec stock de 26 milliards d’euros.

Absence de redistribution 

Mais plus que le montant, c’est l’utilisation de cet argent qui fait grincer des dents. Au lieu de le réinvestir dans l’emploi ou le capital, de nombreuses entreprises préfèrent le laisser dormir et s’en servent de coussin de sécurité pour pallier d’éventuels problèmes liés à la conjoncture économique. D’autres entreprises, par contre, gardent simplement leur argent pour racheter des entreprises concurrentes et s’emparer de leurs parts de marché.

Selon Richard Morawetz, analyste chez Moody’s, un ralentissement économique généralisé en Europe pourrait en effet entraîner une baisse du cash dans certains secteurs, tout comme un Brexit dur entraînerait un besoin de trésorerie pour faire face à l’accumulation des stocks. 

Mauvaise redistribution

Mais si seulement les entreprises se contentaient de garder leur argent ! Hélas, elles en redistribuent une partie, et souvent mal. Ainsi, au lieu de moderniser leur outil de production ou d’augmenter les salaires, les entreprises préfèrent investir dans des entreprises étrangères, dans un souci d’optimisation fiscale. 

Et tout cela sans parler des dividendes ! En 2018, le salaire moyen en France n’a progressé que de 2%, alors que les dividendes versés par les entreprises du CAC40 ont augmenté de 12%, pour une valeur de 60 milliards d’euros. 

Arc International, emplois
Politique

Afin de soutenir l’entreprise en difficulté depuis plusieurs mois, des investisseurs vont injectés plusieurs dizaines de million d’euros.

Implanté dans le Pas-de-Calais, le groupe verrier Arc International connaît d’importants remous depuis plusieurs années. A tel point que l’activité du groupe semblait compromise, et les emplois avec. Pour renflouer sa trésorerie et parvenir à maintenir l’activité et les emplois à flot, un groupe d’investisseurs a décidé d’injecter 35 millions d’euros dans l’entreprise.

Il s’agit en réalité d’un financement à trois avec un fonds souverain russe RDIF associé à CDC International Capital (filiale de la Caisse des Dépôts) qui apportent 25 millions d’euros, complétés de 10 millions d’euros apportés par Glass Holding, l’actionnaire principal actuel d’Arc International.

Bonne nouvelle pour les emplois

Le secrétaire du CE de la CGT se déclare particulièrement satisfait de l’opération : “c’est une bonne nouvelle car on avait absolument besoin de cash pour juin. Ces 35 millions d’euros sont une bouffée d’oxygène mais il va falloir rester vigilant pour voir comment l’entreprise va regagner en profitabilité”. Une bonne nouvelle pour l’emploi donc car sur les 10 000 salariés travaillant pour le groupe, plus de 5 000 opèrent en France.

Pour rappel, le gouvernement précédent s’était penché sur le dossier alors que la situation du groupe était des plus problématiques. De son côté, les élus du CE d’Arc demandaient “de nouveaux investissements notamment dans la logistique, le conditionnement, le décor”. Car ce n’était pas tant le niveau des commandes qui faisaient défaut pour ce leader des arts de la table, mais bien le niveau des investissements. Un communiqué émanant du groupe faisait d’ailleurs la lumière sur cette problématique : “avec une augmentation de ses volumes de vente de près de 20% durant les 16 derniers mois, Arc a besoin d’investissements additionnels pour soutenir sa croissance”.

Avec ces 35 millions d’euros apportés sur la table, le groupe Arc semble avoir sortir la tête de l’eau et les salariés peuvent désormais envisager leur avenir avec un peu plus de sérénité.

Politique

Une étude réalisée en Grande-Bretagne témoigne de la crainte des patrons britanniques de voir leurs salariés étrangers quitter le pays pour cause de Brexit.

 

Ce sont plus de 25% des employeurs de Grande-Bretagne employant du personnel non britannique qui craignent que ceux-ci ne désertent leur entreprise ou le pays pour cause de complications réglementaires dues au Brexit. C’est le résultat d’une étude menée par le Chartered Institute of Personnel and Devevelopment (CIPD). L’enquête révèle par ailleurs que cette proportion monte même à 43% et 49% pour les secteurs de la santé et de l’éducation.

 

En cause bien entendu, le durcissement d’accès au marché britanniques pour les travailleurs étrangers promis par Theresa May à la suite de la victoire au référendum, pour une mise en application à l’horizon 2019.

 

Même si dans le détail, on ne connaît pas encore les mesures précises qui seront mises en place, il devrait cela étant être bien plus difficile qu’auparavant pour un travailleur français, polonais, turque ou portugais de s’installer en Grande-Bretagne afin d’y travailler.

 

Déjà de la friture sur la ligne

 

Il faut dire que les conséquences du Brexit sur l’emploi se font déjà sentir dans le Royaume puisqu’un nombre conséquent de postes restent pour l’instant vacants dans l’hôtellerie, la restauration, le commerce de gros et de détail ainsi que le secteur manufacturier. Autant de secteurs dans lesquels le personnel étranger était jusque là très présent.

 

Pour Gerwyn Davies, conseiller du CIPD en charge du marché de l’emploi, les entreprises britanniques se trouvent face à une “défi pour les secteurs qui ont toujours dépendu de la main d’œuvre non-britannique et qui sont particulièrement vulnérables face au changement de politique d’immigration”.

 

Un manque de main d’œuvre qui sait par ailleurs déjà fait ressentir dans le secteur agricole en l’occurrence, un secteur qui n’a pas pu embaucher autant que souhaité pour cause de livre trop forte.  

EconomiePolitique

« Ca va mieux » : sur le front du chômage, et pour le second mois consécutif, les chiffres nationaux sont à la baisse. Après une chute de -1,9% en septembre, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, c’est-à-dire sans aucune activité, a de nouveau reculé de -0,3% en octobre.

Une embellie nationale qui ne profite pas à l’Ile-de-France. En région parisienne, le taux de chômage augmente : il a connu une légère progression de 0,1% au mois d’octobre. Il y a ainsi plus de 600 000 chômeurs franciliens de catégorie A. Et plus d’un million d’inscrits à Pole Emploi, toutes catégories confondues. Si la hausse reste contenue, elle n’en est pas moins alarmante. La situation commande d’actionner tous les leviers pour aider les chômeurs à retrouver le chemin de l’emploi. Y compris, bien entendu, celui du Grand Paris. Et pourtant…

Le Grand Paris Express ne profite pas aux emplois locaux

Des opportunités d’emplois, il y en a en Ile-de-France. Et avec les chantiers du Grand Paris Express, le futur métro francilien, il y en aura encore plus. Le carnet de commandes, doté d’un investissement de 30 milliards d’euros, est impressionnant : 205 kilomètres de lignes, 69 nouvelles gares, des infrastructures de transports, de nouveaux équipements, des logements, des services… Autant de débouchés prometteurs, synonymes de formations et d’emplois pour des milliers de jeunes souvent peu qualifiés.

Les jeunes Français ou Franciliens pourraient bien, pourtant, se voir préférer une main d’oeuvre étrangère. La Société du Grand Paris (SGP), qui a déjà commencé à attribuer les lots du futur métro, pourrait en effet avoir recours à des entreprises étrangères – et ce alors que les entreprises de bâtiment et travaux publics françaises sont déjà à la peine depuis 2008. Et ces entreprises étrangères n’ont pas caché qu’elles entendent elles-mêmes recourir à des travailleurs détachés.

Autrement dit, les investissements du Grand Paris, qui sont en grande partie supportés par les contribuables français, pourraient bien ne pas profiter aux entreprises hexagonales ni à la main d’oeuvre locale. Et ce en vertu du droit de la concurrence européen, qui contraint les donneurs d’ordre, comme la SGP, à ouvrir les marchés publics aux entreprises européennes. Or il n’est un secret pour personne que l’absence d’harmonisation communautaire des charges sociales et des normes de qualité offre un avantage compétitif certain aux entreprises originaires de pays moins rigoureux que la France. En d’autre termes, il s’agit d’une prime au moins disant social.

La concurrence est d’autant plus faussée que ces entreprises étrangères font appel à des travailleurs détachés, à la faveur de la fameuse directive du même nom. Une directive européenne qui permet à une entreprise de faire travailler en France des ouvriers, venus d’Europe du Sud ou de l’Est, tout en s’acquittant de charges sociales bien moindres dans leurs pays d’origine.

Prenant conscience de cette concurrence déloyale, plusieurs élus franciliens sont montés au créneau pour défendre les emplois locaux. A l’instar du maire de Yerres, Nicolas Dupont-Aignan, qui demande à ce que « les critères sociaux, économiques, techniques et environnementaux (soient) davantage pris en compte » que celui du moins disant budgétaire, afin que le Grand Paris donne « des perspectives de développement et d’emplois à des zones urbaines enclavées et délaissées, où règne le chômage de masse ». Ou du conseiller de Paris, Alexandre Vesperini, qui demande à la SGP « d’assumer (…) une préférence territoriale » afin « qu’une partie minimale des chantiers soit réservée à des entrepreneurs locaux ». Et de dénoncer une « dérive technocratique de la SGP (qui) tend à devenir une machine à distribuer des bons de commande, sans réelle vision politique ». Des accusations qui collent à la SGP.

Le Grand Paris, « un monstre technocratique »

Que reste-t-il de l’esprit qui a présidé au Grand Paris ? Voici, en substance, la question que se posent avec insistance bon nombre d’acteurs proches du dossier ou spécialistes des problématiques d’aménagement. Aux promesses d’un projet métropolitain bâti en concertation avec le public, par et pour les usagers, a succédé une technostructure qui n’arbitre plus que les luttes politiciennes et les attributions de chantiers.

Pour le géographe Michel Lussault, le Grand Paris « s’est éloigné du grand projet d’intérêt général auquel nous aspirions ». Il déplore « une opportunité gâchée de renouer le pacte politique entre les élus et les habitants — qui attendent toujours qu’on prenne vraiment en considération leurs paroles et leurs besoins ».

Le Grand Paris, un projet et une ambition confisqués aux premiers concernés, les Franciliens : c’est le triste constat que relève également l’architecte et urbaniste Dominique Perraut, pour qui « nous, grand-parisiens, sommes tous des métropolitains de fait depuis des décennies. C’est donc autour et à partir de cette réalité qu’une pensée de la métropole doit être construite ». Et non en se contentant de se conformer aux exigences européennes en matière d’ouverture des marchés publics.

Pour le député François Asensi, la Métropole du Grand Paris est devenue « un monstre technocratique », où la concertation est absente.

« Alors oui, conclut Michel Lussault, on peut être attristé par ce grand cadavre à la renverse qu’est devenu le Grand Paris. Mais on peut surtout déplorer la disparition de l’espoir de penser et de gouverner autrement cette région urbaine sans pareille ». En prenant en compte d’autres facteurs que les seuls critères budgétaires, la SGP contribuerait à redonner au Grand Paris ce supplément d’âme qu’il semble avoir déjà perdu.

Politique

Cette année, le thème de la Journée mondiale sans tabac, qui s’est tenue le 31 mai, était le paquet de cigarette « neutre. » L’occasion de revenir sur une mesure qui n’en finit pas de diviser quant à son efficacité et aux conséquences de son adoption. Les buralistes, tout particulièrement, craignent pour leurs emplois.

Sensibiliser, voilà quel a été le mot d’ordre des autorités sanitaires lors de la dernière Journée mondiale sans tabac. Et au vu des chiffres des morts dues à la consommation de cigarettes, ce leitmotiv a du sens. Sauf que, cette année, la priorité était à la promotion du paquet neutre et que cette mesure n’est absolument pas faite pour sensibiliser ou prévenir mais bien pour stigmatiser et punir les fumeurs, tout en nuisant à l’activité des buralistes. Une contradiction de plus en termes de santé publique…

Pour rappel, le paquet neutre est un emballage sans couleur ni logo de marque. Neutre, donc, à ceci près qu’il est recouvert sur 65 % de sa surface par des photos chocs et des messages sanitaires. Son arrivée sur le marché se fait progressivement depuis le 20 mai dernier, et à partir du 1er janvier 2017, seuls les paquets sans logos seront autorisés à la vente chez le buraliste.

Les raisons avancées par ses partisans sont simples : « Le conditionnement neutre rend les produits du tabac moins attrayants. Il en fait disparaître le glamour, ce qui est souhaitable pour un produit qui tue », explique le Dr Margaret Chan, Directrice générale de l’OMS. Pourtant, la réalité est plus complexe. Des études d’éminents instituts tels que de la société de conseil London Economics, le cabinet KPMG ou encore celle de l’université de Zurich ont prouvé que dans le seul pays où cette mesure a été appliquée – l’Australie – le nombre de fumeurs n’a en réalité pas diminué. Les louanges du paquet neutres s’appuieraient en effet sur une réussite « spéculative » d’après le professeur Sinclair Davidson, professeur et chercheur émérite de la RMIT University. Un avis partagé par le docteur Alan Moran, qui rappelle que les chiffres avancés pour justifier le paquet neutre ne prennent pas en compte le déclin naturel et continu observé depuis plusieurs années dans la consommation nationale de tabac. « En réalité, 2013, l’année qui a suivi l’arrivée du paquet neutre (en Australie) est la première année où le nombre de fumeurs adultes a augmenté. »

Ce phénomène a été expliqué par la recherche comme un effet de rejet d’une politique de santé publique jugée comme trop répressive par les fumeurs. En effet, l’Australie s’est illustrée comme un des pays les plus répressifs en matière de tabagisme, avec un historique chargé où le gouvernement a multiplié les mesures fortes : publicité interdite dans les médias en 1990, messages de prévention sur les paquets en 1995, photos de prévention en 2006, interdiction d’exposer les produits dans les points de vente en 2010, puis paquet « neutre » en 2012 – sans compter les augmentations incessantes et spectaculaires du prix du paquet, qui plafonne aujourd’hui à plus de 16 euros pour la marque la plus vendue. Cette montée en puissance a créé un sentiment de frustration – sinon d’exaspération – chez les consommateurs, qui ont fini par ne plus écouter les mises en garde des pouvoirs publics. On peut par exemple citer l’étude menée par le département d’addictologie de l’University of Illinois (États-Unis) : « Nous avons tout d’abord remarqué que les personnes (fumeuses ou non) n’aimaient pas ces visuels choquants, explique Nicole LaVoie. Confrontés à ces images, les volontaires avaient l’impression d’être privés de leur liberté de choix, d’être manipulés par les autorités (…) Cette impression négative peut paradoxalement provoquer un effet boomerang. »

Rien n’y fait. Margaret Chan n’en démord pas. Selon elle, le paquet neutre « freine la publicité et la promotion du tabac. Il limite les emballages et les étiquetages trompeurs et il augmente l’efficacité des mises en garde sanitaires ». Là encore c’est raté : la publicité pour le tabac est interdite en France depuis la loi Evin du 10 janvier 1991. De l’histoire ancienne, donc. Pire encore, la mesure ne convainc pas l’ancien champion de la santé publique en France. Pour Claude Evin, le paquet neutre « n’est pas une mesure qui incite à l’arrêt du tabac. » Sans appel, on pouvait lire dans les colonnes du JDD l’inquiétude de l’ancien ministre : « A titre personnel, je n’y crois pas. Si un fumeur n’a pas décidé d’arrêter, paquet neutre ou pas, il ira acheter ses cigarettes. » A cette mise en garde il faut ajouter celle des professionnels du secteur, les buralistes, qui mettent en avant un autre aspect du problème, celui du manque de symétrie de la mesure entre la France et les autres pays européens : « On n’est pas en train de dire qu’il ne faut pas lutter contre le tabagisme. On est juste en train de dire que les buralistes français ont le droit d’être traités de façon aussi équitable que le reste de l’Europe. Chez nous le paquet neutre, de l’autre côté des frontières, ce sera la directive européenne », rappelait Pascal Montredon, président de la Confédération des buralistes, au micro de Jean-Jacques Bourdin. Une directive européenne qui se contente d’imposer la présence de messages sanitaires.

Par ailleurs, Bernard Gasq, président de la Fédération des buralistes d’Ile-de-France, nous explique que la situation économique des buralistes n’a jamais été aussi catastrophique : « Le paquet neutre va pousser les consommateurs à se fournir dans les pays frontaliers tels que la Belgique, le Luxembourg, l’Italie ou l’Espagne. (…) Nous risquons une baisse des ventes de 50%. »

Déjà aux abois, la profession n’a pas besoin de ça : « aujourd’hui il y a 25 500 buralistes en France, qui reçoivent chaque jour 10 millions de clients. C’est 22 000 buralistes de moins qu’il y a 13 ans, soit 22 000 petites entreprises disparues. » Aussi, ce dernier appelle à des mesures « pour nous constituer de nouveau une trésorerie et amener les banques à nous faire confiance.  Car actuellement, les établissements bancaires ne croient plus en nos projets à cause du paquet neutre. » Et cette crainte est fondée, car le paquet neutre s’accompagnera d’une explosion du marché noir selon les experts. Selon la dernière une étude de KPMG, le marché parallèle des cigarettes en France a atteint le niveau record de 27,1% en 2015, contre 26,4% en 2014, soit une hausse de 770 millions de cigarettes. Depuis deux ans, la France est ainsi le premier pays européen pour la consommation de tabac illicite avec 9 milliards de cigarettes consommées en 2015 provenant de la contrebande et de la contrefaçon. Avec un paquet unique et facile à imiter, cette pratique ne pourra qu’exploser – comme ça a été le cas en Australie. Des perspectives qui font réfléchir sur la pertinence des louanges qui ont été faites à propos du paquet neutre lors de cette Journée mondiale sans tabac.

Coup de gueule

La branche pharmaceutique des laboratoires Pierre Fabre connait un tournant délicat dans son activité contrairement à la branche esthétique qui fleurit comme jamais. Un plan social a donc été annoncé au mois de décembre de l’année dernière pour cette partie de l’entreprise, entraînant de nombreuses négociations entre la direction et les représentants des employés.

Samedi, une manifestation rassemblant quelques centaines de salariés s’est déroulée à Castre pour lutter contre le plan social proposé par la société pharmaceutique Pierre Fabre. Cette partie reste le berceau de l’entreprise ainsi que la partie la plus touchée par le plan social, d’où la manifestation.  C’est derrière des banderoles inquiétantes qu’ils se sont présentés. Un moyen pour eux de montrer la teneur de leur inquiétude sur leur avenir. C’est en effet plus de 500 emplois qui sont menacés par le plan social en question.

Cela fut également un moyen de pression sur la direction qui reste cependant favorable à toutes discussions qui pourraient s’avérer constructives. La demande des syndicats pour cette mobilisation restait simple : l’entreprise ne doit pas laisser en reste tous ces employés qui ont consacré leur carrière au succès comme au déclin de la branche pharmaceutique du laboratoire sous peine que leurs compétences ne correspondent plus à ce que la société recherche.

Coup de gueulePolitique

La direction de la SNCM a dévoilé ce mardi 7 octobre le nouveau plan de restructuration de la compagnie maritime aux représentants syndicales. Ce “schéma d’exploitation” prévoit entre autres mesures, la suppression de 750 à 1 000 emplois sur les 2000 que compte actuellement la société.

Mise en difficulté par la Commission européenne qui réclame plus de 440 millions d’euros d’aides indûment perçues, la compagnie maritime devrait opter pour le redressement judiciaire à la faveur de Transdev et de l’Etat, seule solution valable selon eux pour s’affranchir de cette dette européenne.

Mais comme l’a contesté au journal Le Parisien, Frédéric Alpozzo, représentant CGT des marins : “sous prétexte du contentieux européen, la direction a présenté un schéma d’exploitation avec 800 à 1 000 emplois supprimés, et aucune garantie pour le personnel restant”. Selon le syndicaliste, les actionnaires aurait menacé d’aller “par la force” vers le redressement judiciaire, si la Caisse des dépôts (coactionnaire avec Veolia de Transdev, principal actionnaire de la société) retirait sa ligne de crédit à la compagnie. “On est dans une faillite et un démantèlement organisés par l’actionnaire et par l’Etat au profit de Corsica Ferries», principal concurrent de la SNCM.

Ni la direction de la SNCM ni le médiateur nommé par le gouvernement n’ont souhaité s’exprimer pour le moment. Une nouvelle réunion devrait avoir lieu le 28 octobre prochain. Ce processus de négociation avait été décidé poutr mettre fin au mouvement de grève qui paralysa le trafic maritime vers la Corse cet été.

Crédits photo : Louis Moutard-Martin

EconomiePolitique

Selon la nouvelle convention établie entre l’Etat et la CNAM (Caisse nationale d’assurance-maladie), près d’un départ à la retraire sur deux ne seront pas remplacés pendant les quatre prochaines années, soit l’équivalent d’une suppression de 4.500 postes d’ici 2017. Un réduction d’effectif de 6 % qualifiée “d’asphyxie” par les organisation syndicales représentées au conseil d’administration de la Caisse.

Ainsi, une réduction d’effectif de la CNAM de plus de 6 % a été annoncée la semaine dernière et serait destinée à limiter les coûts de gestion de la Sécurité sociale. Le gouvernement espère en effet réaliser des économies de 1,2 milliard d’euros dans l’ensemble des branches de la protection sociale d’ici à la fin du quinquennat du président François Hollande. Des suppressions de postes sont également programmées dans les caisses de retraite et les Urssaf .

Concernant l’assurance-maladie, entre 2.300 et 2.500 départs à la retraite sont prévus chaque année entre 2014 et 2017, soit un total de 9.600 sur la période. Selon le taux de remplacement de 53 % prévu dans la nouvelle convention,  4.490 départs ne seront pas remplacés. Les effectifs passeraient ainsi de 69.900 cette année à 66.600 à la fin du quinquennat.

Une réduction qui inquiète les syndicats mais qui reste pourtant proche de la tendance actuelle. L’assurance-maladie supprime en effet régulièrement des postes depuis plusieurs années en raison de gains de productivité réguliers. La dématérialisation des feuilles de soins, avec la carte Vitale par exemple, a permis de réduire le nombre de salariés affecté au traitement des documents. De plus en plus de démarches sont désormais possibles par téléphone ou Internet. Autant d’innovation qui ont entraîné depuis 2005, une baisse des effectifs de près de 12 %

Néanmoins, les syndicats qui ont voté contre la signature de cette convention estime qu’elle ne prend pas en compte les nouvelles missions auxquelles devront faire fasse les CPAM comme la lutte contre la fraude par exemple, et pour lesquelles les effectifs seront de ce fait insuffisants. La FO estime ainsi que “l’assurance-maladie, qui a déjà perdu 16.000 emplois entre 2003 et 2013, est asphyxiée”.

Crédits photo : Erwmat

Politique

bouygues_telecom.png Ce n’est un secret pour personne, Bouygues veut faire main basse sur SFR. Le dirigeant du groupe s’est fendu d’une visite à l’Elysée, pour s’ouvrir auprès de François Hollande de ses intentions véritables. Martin Bouygues l’a martelé, en présence notamment d’Arnaud Montebourg, il n’y aura pas de destruction d’emplois si Bouygues et SFR s’allient. Une annonce que personne ne semble croire.

Bouygues souhaite acheter SFR pour ne pas se faire écraser par la concurrence sur un marché où il n’a pas investi depuis des années. L’autre enchérisseur, c’est Numericable, qui aimerait bien s’allier à SFR pour doper ses offres intégrées, puisque le câblo-opérateur est absent du segment mobile.

On a donc deux candidats, dont l’un, Bouygues, fait peu ou prou la même chose que SFR, et l’autre, Numericable, s’inscrit en contraste. Si le second mariage serait à même d’instiller un peu d’oxygène dans le paradigme, le premier, s’il venait à se faire, aurait pour effet d’entrainer un repliement morbide des deux opérateurs sur eux-mêmes. Avec les dommages collatéraux qu’on imagine.

Songez. En termes de postes, entre SFR et Bouygues Telecom, les doublons sont partout. Mobile, ADSL, Triple Play, myriade de boutiques, les deux opérateurs font la même chose. Or à quoi bon avoir deux réseaux 2G, 3G ou 4G sur le territoire ? A quoi bon multiplier les boutiques identiques ?

Aucun intérêt, d’autant que Bouygues ne peut se le permettre. La dette du groupe a presque doublé depuis 2010, pour culminer à 4,4 milliards d’euros. Bouygues Telecom ne génère plus de cash, et a annoncé que son cash flow serait de nouveau nul en 2014. Bref, les affaires ne sont pas au top et la holding ne peut se permettre d’accumuler les “poids morts”.

En fait de “casse sociale”, comme le prophétisait en janvier dernier Fleur Pellerin, c’est un véritable désastre sur le plan de l’emploi qui pend au nez de SFR et, plus globalement, des télécoms, si le montage de Bouygues est accepté. En balayant tous les postes doublons pour diminuer les coûts et augmenter sa marge, Bouygues tirerait un trait sur 3 réseaux mobiles nationaux, un réseau ADSL, et 700 boutiques, ainsi que sur un grand nombre de postes stratégiques.

9 000. C’est le nombre d’emplois qui seraient supprimés en interne, si Bouygues venait à faire passer par dessus le bastingage l’ensemble de la masse salariale de SFR. Un chiffre auquel viendraient encore se greffer les milliers de prestataires techniques employés par la filiale de Vivendi en sous-traitance. Alors peu importe, au fond, la valeur de l’offre faite pas Bouygues dans son ensemble, elle est intolérable sur le plan de l’emploi, et ce paramètre doit suffire à la disqualifier.