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Société

Un rapport publié mardi par l’Observatoire des libertés associatives dénonce diverses formes d’atteinte aux libertés des associations, la plus préoccupante d’entre elles étant la suppression, de plus en plus fréquente, des subventions. 

« Nous avons analysé  100  cas d’entrave parmi plus de 3 500 recensés et apporté la preuve qu’il y a bien des attaques institutionnelles à la liberté des associations », précise Julien Talpin, le chercheur responsable de la coordination du rapport.

Atteintes assumées

Bien que ces entraves soient généralement décidées dans l’ombre, certaines sont pleinement assumées par l’Etat. En décembre 2018, par exemple, l’association d’aide aux détenus Genepi a été privée de ses subventions au motif qu’elle dénonçait publiquement les conditions de détention et les politiques de l’administration pénitentiaire. « Le Genepi développe des thèses qui sont très hostiles à la politique publique que nous conduisons  », s’était expliquée la ministre de la justice de l’époque, Nicole Belloubet,.

Ces entraves mettent les associations «  dans l’embarras au niveau de leur réputation, ou même sur les plans financier et juridique. Ça ne donne pas envie aux citoyens de s’engager  », s’était indigné Adrien Roux, fondateur d’Alliance citoyenne et de ReAct.

«  Essentielles à la démocratie  »

« Il ne faut pas faire l’autruche face à ces attaques à la liberté, qui est un bien fondamental et n’a rien d’accessoire. Les associations sont des acteurs politiques non partisans, essentiels à la démocratie », rappelle Mathilde Panot, députée FI du Val-de-Marne.

Et quand le député LaRem Bertrand Sorre tente de relativiser, assurant que « chacun peut saisir la justice s’il pense qu’il y a une entrave », les associations lui répondent que puisque «  les moyens nous ont été supprimés, on ne peut pas saisir la justice »  !