discrimination, entreprises françaises
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Jeudi 6 février, une étude publiée par le CNRS a révélé que sept grandes entreprises françaises adoptaient des pratiques de recrutement différenciées selon l’origine supposée des candidats.

« Sur l’ensemble des entreprises testées, il est estimé que le taux de succès du candidat dont le nom a une consonance maghrébine est de 9,3 %, contre 12,5 % pour le candidat avec un nom à consonance européenne », ce qui représente « 25 % en moins de chance d’avoir une réponse », estiment les auteurs de l’étude, membres de l’équipe Théorie et évaluation des politiques publiques du CNRS.

Incompréhension des entreprises

Parmi les 40 entreprises concernées par l’enquête, les sept mauvais élèves à sortir du lot sont Air France, Accor, Altran, Arkema, Renault, Rexel et Sopra Steria ; Air France, Altran Technologies, Arkema et Rexel étant les plus discriminantes. « On n’est pas très surpris de ces résultats quand on voit notamment comment les intérimaires sont triés sur le volet avant d’être embauchés en CDI », a déclaré Fabien Gâche, délégué syndical central CGT chez Renault.

Les entreprises visées par cette étude sont immédiatement montées au créneau pour tenter de se disculper. Air France, Accor, Altran, Arkema, Rexel et Sopra Steria ont fait savoir dans un communiqué conjoint « leur profond désaccord et leur indignation face aux faiblesses manifestes de la méthodologie utilisée » et au « manque de rigueur de l’étude ». Renault a fait cavalier seul, en déclarant que les résultats de l’étude n’étaient « pas généralisables » et ne pouvaient « pas être considérés comme le reflet de la politique de ressources humaines » de l’entreprise.

Démenti du gouvernement

Le gouvernement, pourtant à l’origine de cette étude, n’en a pas assumé le résultat. « (Ce travail universitaire) ne constitue pas la position des autorités publiques, ni une validation officielle de ses éléments d’analyse. La méthode scientifique retenue, qui repose sur des candidatures fictives, ne vise pas et ne peut servir à caractériser des infractions pénales », pouvait-on lire en préambule de l’étude.