Politique

Nouveau livre :Sans tricher – Eva Joly

Mots de l’éditeur :

Les écologistes m’ont choisie comme candidate à la présidence de la République. Les Français ont le droit de savoir qui je suis, d’où je viens,ce que je crois : c’est l’objet de ce livre. Je suis née en Norvège et, à vingt ans, je suis devenue française. Cela me donne un regard particulier sur notre pays : on aime toujours plus fort ce que l’on a choisi.

J’ai eu la chance de connaître plusieurs vies. J’ai été secrétaire dans un pool de dactylo et haut fonctionnaire au ministère des Finances. J’ai connu la justice des citoyens ordinaires et enquêté sur la corruption des dirigeants.

J’ai beaucoup voyagé et je sillonne désormais les villes et les villages français. Comme tout un chacun, j’ai fait des erreurs et j’ai traversé des épreuves. Mais au long de ces années, ma boussole a toujours été la même : ne pas tricher, ni avec moi-même, ni avec les autres. C’est pourcela que je choque parfois. Je refuse les codes et le mensonge ordinaire. La France a beaucoup changé, plus profondément que ne le disent les hommes politiques. C’est cette France-là dont je porte aujourd’hui la voix.

Livre dispo à la fNAC
Politique

Eva Joly signe le Contrat de la Fondation Abbé Pierre

Le mal-logement n’est pas supportable. L’abbé Pierre le disait déjà en 1956 ! Pourtant notre pays connaît depuis 40 ans une crise structurelle du logement.

« Ma conviction, c’est que la crise du logement n’est pas une fatalité mais le résultat d’une politique. Et si nous voulons changer ce résultat, nous devrons changer radicalement de politique. Je m’engage à le faire », a déclaré Eva Joly avant de signer « sans hésitation et sans bémol » le Contrat social pour une nouvelle politique du logement de la Fondation.

« Mes engagements sont clairs. Je veux instaurer une véritable impulsion de l’Etat en faveur du logement. Je veux encadrer le marché, construire et rénover. Et je veux prendre à bras le corps l’urgence de la situation. »

Eva Joly s’est engagée à interdire les expulsions locatives sans solution de relogement, et de faire des sans-abris une priorité nationale. Elle a également proposé une forte hausse de la taxe sur les logements et les bureaux vacants.

« L’État est aujourd’hui hors la loi sur le sujet du droit au logement. Ces termes durs ne sont pas de moi mais issus d’un rapport officiel sur le DALO. Comprenez donc que je m’indigne lorsque Benoist Apparu ose parler d’une ‘année exemplaire’ pour le logement » a déclaré Eva Joly.

Encadrer

« Je considère le logement comme un droit à valeur onstitutionnelle, et c’est pourquoi je crois que la puissance publique a vocation à intervenir pour réguler le marché. Elle doit le faire de manière souple, intelligente, équitable. Je propose ainsi d’encadrer les loyers, comme en Allemagne, et de poser un moratoire de trois ans sur les loyers pour y parvenir. »

Construire

« Pour cesser avec la pénurie de logement que connait la France depuis si longtemps, les écologistes prévoient la construction de 500.000 logements par an, dont 160.000 logements vraiment sociaux. Cette impulsion sera notamment donnée par le renforcement de l’objectif de logements sociaux de la loi SRU et des sanctions pour les maires qui ne l’appliquent. 25% sur l’ensemble du territoire, 30% en Île-de-France où les inégalités sont les plus marquées. »

Rénover

« Afin de lutter contre la précarité énergétique qui touche plus de 3,5 millions de ménages, les écologistes lanceront un grand plan de rénovation d’un million de logements d’ici 2020. Il permettra la création de 400 000 emplois. »

source article : http://evajoly2012.fr

EconomiePolitique

Réponse d’Eva Joly au Collectif féministe contre le viol, à Osez le Féminisme ! et Mix-Cité

Madame, Monsieur,

Au mois de décembre 2011, vous m’interpelliez dans le cadre de votre campagne « Viol : la honte doit changer de camp ! » sur les mesures pour lutter contre les violences faites aux femmes si j’étais élue à la Présidence de la République.

Nous partageons, je crois, le constat d’échec du gouvernement sortant. Malgréla Grandecause nationale, malgré la loi de 2010, la diminution des subventions allouées aux associations qui accompagnent les femmes victimes de violences souligne cruement le manque de volonté politique pour que cessent les violences sexistes.

Dès 2012, je proposerai au Parlement un projet de loi-cadre contre les violences faites aux femmes afin de suppléer aux insuffisances de la loi de 2010. Cette loi-cadre permettra d’adopter une visée transversale sur ce fléau qui ne révèle que trop dramatiquement l’ampleur des inégalités persistantes entre les femmes et les hommes dans notre pays. Cette loi-cadre, je la souhaite co-construite avec les actrices et les acteurs de terrain. Mais certains éléments fondamentaux peuvent dores et déjà être dévoilés.

Je ne ferai pas l’économie de la prévention. Les campagnes de sensibilisation sont essentielles, nous les élargirons. Mais elles restent insuffisantes pour lutter avec efficacité contre les violences faites aux femmes. C’est pourquoi j’engagerai parallèlement un large plan pour une éducation non-sexiste, à tous les âges. Je développerai également la prise en charge des auteurs de violences par l’ouverture de centres d’accueil spécifiques avec un accompagnement adapté, afin de mettre en place des dispositifs pour enrayer la violence dès que celle-ci est identifiée.

Le deuxième axe de la loi-cadre portera sur l’amélioration de l’accompagnement des femmes victimes de violences.

Comment tolérer dans notre pays que des femmes puissent avoir à payer les soins rendus nécessaires par des violences dont elles ont été victimes ? L’ensemble de ces soins, y compris psychothérapeutiques, sera donc pris en charge à 100% par l’assurance maladie. J’y vois une condition de la justice sociale.

Un meilleur accompagnement des femmes victimes de violences se construit par ailleurs nécessairement par l’augmentation de la dotation publique aux associations qui assument cette mission au quotidien. L’accroissement de cette dotation doit poursuivre au moins deux objectifs : d’une part renforcer la qualité des emplois dans les associations concernées et d’autre part augmenter sensiblement le nombre de logements d’urgence pour les femmes victimes de violence. Les besoins en la matière sont très mal identifiés et il s’agit ici de passer de l’action militante à la mise en œuvre d’une véritable politique publique co-construite. Il s’agit donc :

– d’installer dès 2012 un Observatoire national des violences faites aux femmes, qui permettra de mieux identifier les besoins en termes de nombre de places (hébergement d’urgence et logement temporaire) afin d’y répondre ;

– de débloquer dès 2012 les moyens nécessaires à la mise en place effective de l’ordonnance de protection prévue par la loi de 2010 que nous élargirons au-delà des violences conjugales aux autres formes de violences sexistes.

Les femmes victimes de violences doivent enfin avoir en face d’elles des professionnel-le-s formé-e-s aux spécificités des violences sexistes. Cet impératif sera intégré au plan d’éducation non-sexiste par la rénovation des formations développées dans le cadre de la formation initiale et continue.

Pour finir, je souhaite vous assurer de ma détermination à ce que les affaires de viol cessent d’être « correctionnalisées ».

Meilleures salutations,

Eva Joly

Politique

Cher-e-s ami-e-s,

Je vous ai donné rendez-vous aujourd’hui sur ce site, non pas par anecdote ou comme on ferait la tournée des usines, pour vous réunir au milieu d’un atelier. L’usine d’Alizay dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui a une histoire : un passé, un présent et, j’en suis persuadée, un avenir. Je suis venue vous parler de son avenir, de notre avenir.

L’endroit où nous nous trouvons est une usine qui abrite l’une des plus grandes machines de fabrication de papier d’Europe. Le savoir-faire des salariés n’est plus à démontrer. Pourtant, fin 2009, la société M-real a fermé les ateliers de production de pâte à papier du site d’Alizay et le 4 mai 2011, ce groupe Finlandais a annoncé vouloir fermer définitivement tous les ateliers de production de papier encore en exploitation.

550 emplois pourraient disparaître dans une vallée déjà très touchée par le chômage. De nombreuses solutions ont étés proposées, mais la société M-real n’a rien voulu entendre. Le site d’Alizay est rentable, mais M-real préfère regrouper ses activités ailleurs et fermer ce site pour empêcher toute concurrence.

Pourtant à quelques kilomètres d’ici, la raffinerie Pétroplus est en train de fermer ses portes. Si nous engagions la transition écologique, nous aurions dès demain les moyens de produire ici des agrocarburants de nouvelle génération qui correspondraient à 20% de la capacité de production de Pétroplus.

Ce projet de renouveau industriel, des investisseurs sont prêts à la financer et les salariés sont désireux de le soutenir. Pour tous c’est l’avenir. Mais pas pour la société M-real qui refuse de vendre cette usine et préfère la laisser mourir. Je propose de réformer le droit français pour permettre, dans des situations exceptionnelles comme celle-ci, de pouvoir obliger un actionnaire qui refuse de vendre à vendre quand même, au prix de marché bien sûr.

On a dit aux salariés de M-real et à ceux de Pétroplus qu’il n’y avait plus rien à faire. Moi je leur dis : vous n’avez pas besoin de fausses promesses, de grandes déclarations ou d’incantations : vous avez déjà un avenir !

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Politique

Eva Joly, candidate d’Europe Ecologie Les Verts à l’élection présidentielle, a effectué ce lundi un déplacement à Dunkerque sur le thème de l’emploi. Après avoir discuté de la transition industrielle de la région vers les éoliennes en mer, elle est allée à la rencontre des victimes de l’amiante condamnées à rembourser une partie de leurs indemnisations.

Pour Eva Joly, « mon contrat présidentiel ne sera pas seulement créateur d’emplois, il répondra aussi à l’augmentation inadmissible de la souffrance au travail. Après les multiples régressions sur ce dossier, je veux inverser la tendance pour faire du travail un vecteur de bien-être, pas de souffrance ».

Eva Joly s’est dite favorable à la réparation intégrale des préjudices pour les maladies et accidents professionnels. Dès 2012, elle souhaite relancer les négociations sur les retraites pour prendre en compte la pénibilité et adapter le travail des séniors, à l’image de ce que font les pays nordiques, et augmenter le budget de l’Agence Nationale de l’amélioration des conditions de travail.

« La situation indigne de ces victimes de l’amiante est le symbole de la façon dont ce gouvernement traite les travailleurs. Non, les salariés malades ne sont pas des fraudeurs. Non, les seniors ne peuvent travailler plus longtemps si on ne répond pas à la pénibilité de leurs emplois. Non, on ne peut à la fois prôner le travailler plus et tailler aveuglément dans les budgets dédiés à l’amélioration des conditions de travail », a poursuivi Eva Joly.

A propos des victimes de l’amiante, Eva Joly a déclaré : « les victimes de l’amiante ont mené un combat long et douloureux contre le lobby industriel pour faire reconnaître leurs souffrances. Je demande à Xavier Bertrand de faire preuve d’humanité et de renoncer au remboursement des indemnités. »

Profitant d’une imprécision juridique, le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante, sous tutelle de l’Etat, a fait condamner par la Cour d’appel de Douai dix-sept d’entre elles à rembourser une grosse partie de leurs indemnisations. La catastrophe sanitaire fera 100 000 morts d’ici 2030.

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Politique

Discours d’Eva Joly : au premier tour, votez juste!

Chers amis,

Mes pensées vont d’abord à celles et à ceux qui sont confrontés aujourd’hui aux dégâts de la tempête en Bretagne et ailleurs. Je pense aux familles qui n’ont pas d’électricité, qui ont du être relogées. Je pense aussi à la menace d’une marée noire qui, même si elle est limitée, montre que l’irresponsabilité continue à régner dans le transport maritime. Ces crimes écologiques majeurs ne sont toujours pas poursuivis avec vigueur devant les tribunaux alors que leurs conséquences sont désastreuses pour les habitants et leur environnement. Je proposerai dans mon projet la création d’une section au sein de la Cour pénale internationale chargée de poursuivre et la répression sévère de la délinquance écologique.

Je suis heureuse d’être parmi vous alors que vous êtes en train de décider du projet qui servira de boussole pour notre mouvement pour les prochaines échéances. Je présenterai mon Contrat écologiste pour la République en Février 2011 et il est évident que la matrice de ce contrat est déjà présente pour l’essentiel dans le projet auxquels les coopérateurs comme les adhérents d’EELV ont collaboré. La précampagne est terminée. Nous allons maintenant rentrer en campagne.

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EconomiePolitique

Eva Joly / un budget pour 2012 – un new deal écologique et social

Je suis heureuse de vous présenter ce que nous, les écologistes, présenterions comme projet de loi de finances si nous étions au pouvoir.

J’ai demandé à nos experts et à nos parlementaires, de préparer un véritable contre-budget face à celui présenté par le gouvernement.

Je suis la première candidate à l’élection présidentielle à me livrer à cet exercice, cela fait partie pour moi de la nouvelle pratique du pouvoir que nous proposons : dire ce que l’on fait, faire ce que l’on dit.

La crise que nous traversons est exceptionnelle par sa brutalité et sa globalité. Elle remet en cause les fondements mêmes du système sur lequel repose l’économie mondiale depuis la Seconde Guerre mondiale. L’urgence n’est donc pas de changer le pansement mais de penser le changement.

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Politique

Livre : Des héros ordinaires – Eva Joly

L’ancienne juge Eva Joly dresse le portrait de ceux qui luttent contre la corruption en Europe. Elle est allée à leur rencontre en Bulgarie, en Italie, en Suisse, à Jersey, en Espagne, en Slovaquie et en France. Parmi eux, quelques personnalités connues comme le juge espagnol Baltazar Garzon mais aussi des journalistes, des responsables d’associations, des banquiers, ou encore des policiers.

La plupart de leurs noms sont inconnus, mais ils sont désormais inoubliables.

Eva Joly est conseillère du gouvernement norvégien chargée de la lutte contre la corruption. Elle a reçu le «Prix de l’Intégrité» de Transparency International. Elle a été élue député européen au sein du mouvement Europe écologie en juin 2009.

Livre dispo à la Fnac.

Politique

Prise de position – Déclaration d’Eva Joly – Jeudi 27 Octobre 2011 – Sommet de Bruxelles : une cautère sur une jambe de bois

« Je suis très inquiète, le dernier sommet ne change rien à la situation. Encore un sommet « petit bras » . Nicolas Sarkozy et Angéla Merkel naviguent à vue, loin des enjeux réels de la crise de la zone euro. Dans quelques semaines,malgré les effets d’annonce et la dramatisation du sommet de Bruxelles, les spéculateurs continueront leur travail de sape. Le Fonds Européen de Stabilité Financière ne sera pas suffisant pour protéger l’Italie ou l’Espagne.

Rien n’a été décidé pour interdire les paradis fiscaux, aller vers une harmonisation fiscale, créer un Trésor Européen, renforcer le fédéralisme européen ; Rien n’a été décidé pour rompre avec un système qui continue à spéculer sur les dettes souveraines, interdire les CDS, les ventes à découvert et les ventes sur les marchés de gré à gré.»

Ce qui frappe dans les choix répétés des dirigeants européens c’est leur myopie, leur hypocrisie, leur veulerie. Les banques privées, si elles renoncent à une part de leurs créances sur l’Etat Grec, seront en contrepartie recapitalisées à grand flots d’argent public, sans qu’aucune réforme du système financier et bancaire n’ait été mise en place et après que les banques aient annoncé de confortables profits et de juteux bonus. La contrepartie du FESF à 1000 milliards d’euros est la mise en place des politiques d’ajustement structurelles, c’est-à-dire l’austérité dans les pays qu’il aiderait et la vente à la découpe de l’Europe à la Chine alors même que nous devrions protéger l’Europe en instituant une préférence sociale et environnementale aux frontières de l’Union.

Alors que l’Europe s’enfonce dans une crise durable, les dirigeants européens jouent l’avenir du peuple européen à qui perd gagne. On applique à l’Italie la même recette qu’à la Grèce, alors que nous savons que cela conduit à un échec. La stratégie suicidaire, de l’austérité est une impasse qui amène inéluctablement à la récession. Les solutions évoquées par les dirigeants européens ne sont ni à la hauteur pour arrêter la spéculation sur la dette souveraine, ni à la hauteur pour relancer l’Europe. »

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Discours d’Eva Joly : Vive la République !

Chers amis,

Le succès de notre primaire cet été et celui de la primaire du Parti socialiste cet automne montrent que nos concitoyens aiment faire entendre leur voix dès lors qu’un débat leur est offert.

L’espoir de nos concitoyens nous porte, mais il ne doit pas nous remplir d’illusions. C’est un changement d’époque que nous voulons voir naître.

Depuis cinq ans, une nouvelle force s’est levée, rassemblant près de 3 millions de voix aux élections européennes puis régionales. C’est la force de l’écologie politique qui porte un projet d’espoir pour faire face à l’épuisement des ressources énergétiques, le dérèglement climatique, l’impasse et les risques du nucléaire, la réduction massive des inégalités, la gestion rigoureuse des finances ou la redéfinition d’une République exemplaire.

Je veux placer ma candidature au centre du débat qui s’ouvre, en proposant aux Français écoeurés par la multiplication des affaires, indignés par l’état du monde que nous proposons à nos enfants et petits-enfants, ou tout simplement dubitatifs sur l’éternel affrontement gauche-droite, un autre choix que celui de la résignation.

Soyons clairs. Notre camp est celui de l’opposition irréductible à un Président de la République qui a ruiné la France et enrichi les riches. Mais soyons tout aussi clairs. Notre combat est celui d’une véritable alternative à un système économique et politique qui nous a mené à la faillite financière, au désenchantement démocratique et à la catastrophe environnementale. C’est pourquoi j’entends incarner une autre voie, celle du choix écologique, exigeant et déterminé.

C’est au nom du possible que je me suis engagée. C’est parce que je sais que nous pouvons encore redonner ses lettres de noblesses à l’action politique. Le sens et la finalité d’une action politique, c’est de changer l’ordre établi : d’oser changer le monde.

Il est devenu trop rare que les engagements soient sincères, que la révolte ou la générosité n’apparaissent pas calculées… Aujourd’hui, le calcul des postures semble avoir remplacé celui de l’intérêt général.

Changeons ! Tel est le contrat que je propose aux Français. Changeons de vision pour intégrer l’avenir de la planète à nos choix politiques. Changeons de perspective pour redonner espoir à toutes celles et ceux menacés de misère ou de déclassement par une austérité annoncée, fût-elle peinte en rose. Changeons de comportement, comme nos concitoyens ont déjà massivement commencé de le faire pour prendre en mains la question écologique et la question démocratique.

Changeons de République.

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La République que je vous propose, c’est celle des biens communs.

Nous vivons à crédit. Notre consommation des ressources excède ce que la planète peut fournir pour l’année. Nous ne cessons donc de creuser notre dette écologique. Le phénomène s’accéllère.

Et pourtant, les gouvernements, de droite comme de gauche, se sont détournés de notre avenir. Rien n’a été fait cette année non plus pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les ressources naturelles continuent d’être gaspillées mettant en péril notre avenir, celui de nos enfants et de nos petits enfants.

Je ne suis pas née écologiste, je le suis devenue. C’est comme juge d’instruction et en instruisant l’affaire Elf, que j’ai pris conscience des désastres que pouvait causer un système qui court à sa perte. Car dans une grande affaire financière, où quelques uns ont détournés de grandes fortunes, il y a toujours une cause initiale : ici c’était le pétrole.

C’est lorsqu’une ressource se fait rare, qu’elle devient l’objet de toutes les convoitises, de toutes les luttes de pouvoir et d’argent.

Car les mêmes causes génèrent les mêmes effets. C’est à chaque fois l’absence de justice qui met en danger l’humanité. Lorsqu’une minorité s’accapare le pouvoir, c’est la démocratie qui est en danger. Lorsque que les ressources naturelles sont détournées au profit de quelques uns, ce sont les équilibres planétaires qui sont menacés. C’est au nom de la protection du bien commun que je me suis engagée auprès des écologistes. C’est au nom de ces biens communs que nous voulons changer la République.
***** La République que je vous propose, c’est une République du long terme. Nos institutions doivent être repensées pour faire entrer l’avenir et les générations futures dans notre démocratie. Il ne doit plus être possible de prendre aujourd’hui des décisions que paieront demain nos enfants et nos petits-enfants. C’est au nom de l’avenir que nous disons non à l’aéroport de Notre Dame des Landes et à tous les grands projets qui, pour quelques intérêts politiciens, menacent en fait l’aménagement de notre pays. Si les gouvernants avaient eu le souci du long terme, jamais la France ne se serait embourbée dans le péril nucléaire. Parce que nous ne voulons plus laisser l’énergie confiée aux mains du secret et de l’opacité. Parce que nous ne voulons plus d’une République sous tutelle d’Areva et d’EDF. Parce que nous ne voulons plus exposer nos enfants et nos petits-enfants, aux dangers de la sécurité et de la radioactivité, comme ce fut le cas, il y a encore quelques semaines à Marcoule. Permettez-moi de saluer les milliers de manifestants qui, dans toute la France ce week-end, ont dit une vérité simple : « Tchernobyl, Fukushima, plus jamais cela ! ».

Et si le gouvernement ne veut pas l’entendre, nous le dirons encore. Monsieur Eric Besson m’a traité de menteuse préférant s’engluer dans la propagande d’Areva. Alors osons le débat citoyen, je propose à Eric Besson de tenir un débat public pour savoir quel avenir nous voulons proposer à nos enfants : l’aberration nucléaire ou les énergies renouvelables ?

En vous quittant tout à l’heure, je vais m’envoler pour le Japon où j’apporterai mon témoignage d’amitié et mon soutien de militante aux habitants d’une région dévastée par une catastrophe sans précédent.

Si je suis élue Présidente de la République, je proposerai qu’aux côtés de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, soit rédigée une Charte de la Terre, de la Mer et des Biens Communs, plus ambitieuse, plus courageuse et plus contraignante que ne le fut la Charte de l’Environnement. Cette Charte sanctuarisera le droit que nous avons toutes et tous à l’eau, à l’énergie propre, à l’air, à la terre. Et c’est muni de cette Charte que quelques jours après nous nous rendrons au Sommet de Rio +20, pour que celui-ci ne soit pas un moment au service des marchés, mais qu’il fasse de l’intérêt général planétaire notre loi commune. Et puisque nous parlons du monde, ne nous trompons pas de débat. Le sujet n’est pas de savoir si nous sommes pour ou contre la mondialisation, mais de savoir quel monde nous voulons pour demain. Je veux que nous léguions à nos enfants et nos petits enfants un monde plus juste. Notre République ne vit pas repliée sur ses frontières et sur l’égoisme des nations. Nous rêvons d’un monde juste qui donne les mêmes droits et les mêmes opportunités à tous les habitants de la planète.

Si j’étais Présidente, je défendrais une préfèrence sociale et environnementale. L’Europe n’est pas là pour sauver le parachute doré des dirigeants de Dexia mais pour protéger ses habitants. La relocalisation, on peut la mettre en place dès maintenant.

Nous voulons produire mieux, moins et plus près pour permettre à tous d’avoir accès à la qualité et à son autonomie. Ce n’est pas un toilettage de l’Europe dont nous avons besoin, encore moins une Europe des mots creux et plus jamais d’une Europe qui traite au même rang les banquiers et les chefs de gouvernement. Les écologistes sont l’un des moteurs du progrès en Europe. Ils sont présents dans tous les pays de l’Union. Avec les Verts allemands, je défendrai dès l’année prochaine une nouvelle étape du fédéralisme européen.
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La République que nous voulons est exemplaire et impartiale. Elle ne confond pas l’argent public et l’argent privé. Elle ne se fait ni au profit de quelques uns, ni aux dépends du plus grand nombre. Elle est celle de la même loi pour toutes et tous et de l’égalité réelle.

Il ne suffit pas, en effet, de dénoncer les dérives d’un système gangrené par la corruption à tous les étages de notre édifice démocratique. Encore faut-il dire quelles seraient les mesures que nous nous engagerons à prendre une fois l’écologie politique au pouvoir.

La première, c’est de dire que la loi doit être la même pour toutes et tous. Je supprimerai l’immunité pénale du chef de l’Etat : car il n’est pas de citoyen qui ne doit pouvoir se placer au-dessus des lois.

La deuxième mesure a trait au contrôle des élus du peuple dont le mandat doit être exemplaire en matière de transparence financière. Dès maintenant, je propose à tous les candidats de mettre sur la place publique toutes leurs dépenses de campagne en temps réel pour redonner confiance aux citoyens. Mais disons le aussi, car pous nous, c’est une évidence, tout élu mis en examen dans un délit financier devrait être mis immédiatement en congés de ses mandats. Si il est condamné, il devra être rendu inéligible pendant une durée de dix ans.

La troisième mesure qui fonde notre patrimoine commun, ici comme dans toute l’Europe, est la revendication d’un mode de scrutin plus juste, permettant la représentation des forces politiques en fonction de leur réelle audience auprès des électeurs. Je veux parler des élections législatives à la proportionnelle. J’ai eu beau écouter attentivement ce que disaient les différents candidats à la primaire socialiste, je n’ai pas eu le sentiment d’une clarté limpide y compris du côté des soi-disants tenants de la VI° République qui se sont vites convertis au cumul des mandats. Nous, nous revendiquons clairement le principe de la proportionnelle comme une alternative immédiate à la simple alternance démocratique.

La quatrième mesure est le non-cumul des mandats. Je constate que nos amis socialistes progressent à pas de tortue sur le sujet alors même que les Français, à juste titre, rejettent massivement les dégâts de la professionnalisation à outrance de la politique en mettant volontiers dans un même bateau les uns et les autres. Ce qui est en jeu est tout simplement une forme de réenchantement démocratique qui suppose à la fois d’interdire le cumul de plusieurs mandats mais aussi de favoriser toutes les formes de démocratie citoyenne pour peser sur l’activité des élus.

La République que nous voulons, c’est une refondation écologiste de nos institutions et de ses valeurs. Je veux proposer une double réconciliation. Je veux réconcilier l’écologie avec la république, au nom de l’intérêt et du bien commun et je veux réconcilier la république avec les citoyens, pour qu’elle redevienne la voix de chacune et chacun et devienne une démocratie réelle.

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La démocratie a cédé devant la toute puissance de la finance. Nous sommes les 99% clament les américains qui défilent à New York. Nous sommes les 1% écrivent par provocation sur leur banderole les traders de Chicago. Ce slogan est une vérité. Les 1% d’hyper riches et les 10% les plus riches de nos concitoyens ont vu en vingt ans leurs revenus exploser et leurs impôts diminuer.

Face à cette injustice, le renouveau démocratique ne pourra pas voir le jour sans la mobilisation des citoyens.

J’appelle donc tous ceux que l’avenir démocratique de notre pays concerne à se mettre en mouvement. Peu importe d’ou ils viennent, s’ils sont attachés à la démocratie, à la justice et à l’écologie. Humanistes sincères, démocrates convaincus, altermondialistes de toujours, socialistes, et même sarkozystes repentis. Je m’adresse à tous ceux qui veulent changer la république : aidez nous, dans cette campagne à bouleverser le paysage politique en vous servant de ma candidature comme levier du changement. Votre bulletin de vote peut changer la donne. Depuis des mois maintenant, un souffle planétaire s’est levé pour refuser l’absence de démocratie, et la misère. Il y a plus de sagesse dans la voix d’un indigné de Madrid, Londres ou de la place Tahrir que dans les sentences des agences de notation.

Les peuples se soulèvent en de nombreux endroits du monde contre un système qui pollue la planète, ruine les hommes et détruit l’avenir au seul bénéfice d’une poignée de privilégiés.

C’est dans les pas de ce mouvement planétaire que je mène campagne. Je suis avec détermination la voie étroite qui mène au nouveau monde et dont les écologistes ont été les précurseurs. Je ne suis pas seule. Nous sommes des millions.

Nous ne voulons plus d’une France recroquevillée sur elle même, frileuse et défensive.

La France pour laquelle je me bats est Européenne, ouverte sur le monde. La France pour laquelle je me bats est une nation citoyenne et ambitieuse qui mêle sa destinée au combat pour la justice et l’écologie partout sur la planète. La France pour laquelle je me bats est ainsi libérée du pouvoir des lobbies et de l’argent, indépendante dans le concert des nations, engagée au côté des peuples qui luttent pour leur liberté.

La France pour laquelle je me bats sera écologiste : pionnière dans la lutte contre le réchauffement climatique, elle sort du nucléaire, développe des centaines de millier d’emplois dans la conversion écologique de l’économie et tourne le dos au culte de la croissance, du consumérisme et du productivisme. La France que j’aime et que je sillonne chaque jour est à la fois forte de son histoire, riche de ses colères et de son énergie.

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J’ai choisi la France, par amour du pays, par amour de ses valeurs et par amour d’un homme.

J’ai pris au mot la France, sa tradition des droits de l’homme et sa promesse d’égalité.

J’ai aimé la France, un pays où une jeune fille au pair devenue secrétaire, pouvait être magistrate et aujourd’hui députée européenne candidate à l’élection présidentielle.

Ce que la France m’a donné, je veux aujourd’hui le lui rendre. Il n’y a pas de plus beau devoir que d’être utile à son pays.

C’est le sens de ma vie depuis trente ans dans ce pays, c’est le sens de ma candidature à l’élection présidentielle. Ce n’est pas une aventure solitaire, c’est un chemin que nous ferons ensemble. Nous allons donner à voir à toutes les Françaises et les Français, le changement que nous voulons voir naître dès 2012 dans notre pays.

Et lorsque j’entends certains dissimuler leurs renoncements derrière la petite musique du vote utile, je veux dire à toutes les Françaises et les Français : la question qui se pose n’est pas celle du vote utile, mais celle du vote juste.

Un bulletin de vote n’est pas un simple rejet. C’est d’abord le choix d’un projet.

Le vrai changement, il commence aujourd’hui. Il commence avec vous. Vive l’écologie, Vive la république, Vive l’Europe, vive la France !

source article : http://evajoly2012.fr/