Le Pen, procès, FN, RN
Société

Ce mercredi 1er septembre s’est ouvert le procès de Jean-Marie Le Pen pour antisémitisme. Les faits remontent à 2014, lorsque l’ancien président du Front national avait déclaré, après que Patrick Bruel ait critiqué son parti  : « Ça ne m’étonne pas. Écoutez, on fera une fournée la prochaine fois ! »

FN, RN, même combat

« Avec ces déclarations, Jean-Marie Le Pen rappelle ce qu’est le Front national, assurait à l’époque le sociologue Alexandre Dézé.  D’ailleurs, il rassure les militants quant à la radicalité du parti. Marine Le Pen prend position contre son père pour dire qu’au FN, on n’est plus sur cette ligne, mais elle tente de jouer sur les deux tableaux. »

Cette continuité s’est encore vérifiée lors des dernières élections départementales et régionales, quand plusieurs candidats RN se sont vu retirer leur investiture en raison de leur antisémitisme. Le candidat RN de la Creuse, Thierry Morin, est toutefois parvenu à passer entre les mailles du filet et à être élu, après s’être emporté contre «  ces saloperies de migrants de merde ».

La peur, ADN du RN

Et dernièrement (dimanche 29 août), le numéro 2 du RN, Jordan Bardella, a remis sur le tapis la théorie du « grand remplacement », idée selon laquelle «  il y a un basculement démographique qui pourrait faire craindre que la France change de visage dans quelques années et c’est déjà en train d’arriver ». « C’est l’ADN du Rassemblement national. Marine Le Pen souscrit aussi à cette idée, explique le sociologue Sylvain Crépon. Cela lui permet aussi de répondre à la compétition avec Zemmour et ne pas se laisser doubler sur sa droite.   »

Mais selon la philosophe Juliette Grange, le RN n’est pas le seul à blâmer. Aujourd’hui « beaucoup s’extrême-droitisent, repoussant les limites de ce qui est “acceptable” de dire ou de penser. Même le macronisme tente de marcher dans cet espace. Marine Le Pen devient donc légitime. Il est donc plus difficile de dénoncer ses propos, comme il y a vingt ans avec le racisme décomplexé de Jean-Marie Le Pen  ». 

Politique

Wallerand de Saint-Just, le trésorier du Front national, et tête de liste aux régionales en Ile-de-France a été mis en examen ce lundi pour recel d’abus de biens sociaux dans l’affaire du financement du parti. Il a également été placé sous le statut de témoin assisté pour le délit de complicité d’escroquerie au préjudice de l’État lors des législatives de 2012.

Les juges d’instruction soupçonnent le FN, mis en examen le 9 septembre, le micro-parti  le micro-parti des proches de Marine Le Pen, Jeanne et le principal imprimeur du mouvement Riwal, d’avoir mis en place un système d’enrichissement frauduleux avec de l’argent public.

Riwal aurait surfacturé les prix de kits de campagne (tracts, affiches) vendus aux candidats, qui se font ensuite rembourser par l’État comme le prévoit la loi au-delà de l’obtention de 5 % des suffrages exprimés.

Wallerand de Saint-Just  avait déjà été entendu  sur les mêmes faits, mais placé sous le statut de témoin assisté. Sur la forme, il s’en était sorti en utilisant une faille suite à une erreur du législateur. Sur le fond, les faits sont têtus et le parquet de Paris revient avec un réquisitoire supplétif demandant aux magistrats des mises en examen pour recel d’abus de biens sociaux.

C’est déjà pas toujours facile de garder la tête haute, alors les mains propres…

Crédit photo :  Hugo Passarello Luna