Coup de gueule

Une violente opération policière lors de la dernière fête de la musique à Nantes avait provoqué un mouvement de panique. Au cours de cette intervention Steve Maia Caniço disparaît et est retrouvé noyé dans la Loire le 29 juillet.

Edouard Philippe et Christophe Castaner ont récemment révélé le résultat de l’enquête de l’IGPN dans leur rapport de synthèse. La police des polices affirme que le téléphone de Steve déclenchait un dernier relais téléphonique à 3h16 le 22 juin. Cet élément encouragerait la thèse que la police ne serait pas forcément responsable de sa mort ; l’opération policière ayant eu lieu une heure plus tard. Steve aurait pu tomber à l’eau à ce moment là ou le téléphone n’avait plus de batterie.

l’IGPN s’empresse alors de conclure que « Il ne peut être établi de lien entre l’intervention de le DDSP 44 (…) et la disparition de M. Steve Maia Caniço ». Le gouvernement souffle donc et s’empresse d’annoncer la nouvelle. Le problème c’est que cette théorie est démentie par l’enquête judiciaire ; le téléphone de Steve a continué d’émettre jusqu’à 4h33. C’est à dire treize minutes après l’attaque de la police. Il y a donc 77 minutes de différence entre les deux rapports policiers.

Quand l’IGPN couvre ses collègues

Le rapport de l’IGPN fait au mieux preuve d’amateurisme, au pire cette institution a encore une fois cherché à couvrir leurs collègues. Suite à cette information les deux magistrats nantais qui étaient chargés du dossier on demandés leur dessaisissement.

Par ailleurs la PJ a depuis entendu un témoin clé. Ce dernier, un ami de Steve, affirme qu’il dormait au bord de la Loire au moment de l’attaque. On ne saura probablement jamais exactement ce qu’il s’est passé. Ce qu’on peut affirmer c’est la mort de Steve découle très probablement de l’opération policière.

Selon tous les témoignages l’attaque a été disproportionnée. Afin de faire arrêter la musique la police a arrosé la foule de tirs de LBD et de grenades lacrymogènes. Plusieurs personnes ont été matraqués au sol. Il faut ajouter que parmi les 89 plaintes pour violences illégitimes déposée à la suite seules deux ont été entendues.

Le gouvernement a tenté de faire sauter quelques responsables pour calmer l’opinion. Mais le problème demeure. L’IGPN a vraisemblablement tenté de couvrir l’institution, comme lors d’autres décès aux mains de la police.

Coup de gueule

Trois jeunes allemand ont été condamnés à 2 et 3 mois de prison ferme suite à un contrôle à proximité du G7 avec de la littérature gauchiste

Les trois jeunes gens étaient également accusé de port d’armes, mais cette accusation a finalement été annulée par le juge. On accuse désormais ces jeunes de « participation à un groupement formé en vue de commettre des dégradations ou des violences ». Cette accusation fourre-tout est très souvent utilisée afin de criminaliser le mouvement social. De nombreux gilets jaunes en ont d’ailleurs fait les frais.

Cette accusation a ceci d’original qu’elle permet de condamner l’intention supposée de l’accusé sur la base d’éléments plus ou moins crédibles ou sur la base de témoignages et de renseignements policier. En l’occurrence, ce qu’on reproche aux trois jeunes allemands c’est d’être « de gauche ». On croirait à un mauvais scénario de film dystopique.

Certains en viennent à penser que le délire sécuritaire que représente le G7 de Biarritz devait se justifier par ce genre d’affaires. Ces trois jeunes ont entre 18 et 22 ans et se rendaient en vacances au pays basque avec un groupe d’amis.

Privation des droits élémentaires

Depuis leur arrestation les jeunes gens ont été séparés dans trois prisons séparés. On leur a aussi interdit de prévenir leurs parents. Ces derniers se sont longtemps inquiétés, craignant un accident de voiture. L’ambassade allemande de Paris a fini par répondre à leurs parents inquiets que les jeunes ne souhaitaient pas de contact, avant de reconnaître qu’ils n’avaient pas réussi à les joindre.

Les autorités françaises, magnanimes, on fini par signifier à la famille qu’elles pourraient contacter leurs enfants par voie postale ; une requête estimée à trois semaines. Le plus jeune a cependant eu le droit d’écrire une lettre à sa famille. Les jeunes gens ont déjà été condamnés et le délai pour faire appel est passé depuis le 2 septembre. On sait aujourd’hui qu’ils n’ont pu préparer correctement leur défense ; accès à un traducteur impartial, avocat de leur choix, contact avec leurs parents etc.

Une affaire exemplaire parmi d’autres

En plus de cette affaire honteuse il semble que la police allemande ait fourni des listes de personnes fichées aux autorités françaises. L’affaire est devenu publique après qu’un député de Die Linke se soit inquiété de voir un journaliste freelance expulsé de France. Une liste de noms de militants de gauche a bien été fourni à la police française.

Le député Andrej Hunko a aussi exigé des explications du ministère des affaires étrangères allemand et de l’ambassadrice de France en Allemagne. Il souhaite par ailleurs aborder la question de la répression française sur le mouvement des gilets jaune auprès du Conseil de l’Europe. Cette institution est chargée de veiller au respect des droits fondamentaux et des libertés.

Il est surprenant que plus de voix ne s’élèvent contre ce qui est en train de se passer. En plus de la condamnation de personnes sur la base de leurs intentions supposées, nous avons ici la preuve d’une coordination de ce type d’opération à un niveau international. La France et l’Allemagne se coordonnent pour condamner et poursuivre des individus fichés sur la base de leurs opinions politiques. Où sont donc les grands défenseurs de la liberté d’expression quand les militants de gauche sont victimes de la répression ?

Gilets jaunes, rentrée, France
Actualités

Samedi 7 septembre, c’était au tour des «  gilets jaunes  » de reprendre du service. Ils étaient quelques milliers à défiler à travers toute la France, une petite mobilisation donc, mais qui ne tardera pas à prendre de l’ampleur. Un grand rassemblement est en effet prévu pour le 21 septembre prochain.  

Rentrée en douceur

A Rouen, près de 1000 personnes ont tenté de pénétrer dans le quartier de la Banque de France, avant de se tourner vers le siège de l’union des propriétaires immobiliers de Seine-Maritime, dont la devanture a été brisée. A Montpellier, la mobilisation était plus importante  :  1  500 personnes selon la préfecture, 3  000 selon les organisateurs. La manifestation s’y est un temps tenue dans le calme, jusqu’à ce que là aussi, des échauffourées éclatent, une voiture de police ayant même été incendiée. 

Dans le reste du pays, les effectifs des gilets jaunes étaient plus modestes. Ils étaient 500 à Toulouse, selon la Dépêche du Midi, et 400 à Lille et à Strasbourg, selon les Dernières nouvelles d’Alsace. 

À Paris et Bordeaux, où se tenait la rentrée de La République en Marche, le rassemblement a été encore plus faible. Ils étaient quelques centaines dans la capitale, parmi lesquels Éric Drouet, qui a été verbalisé, et une petite centaine à Bordeaux, selon Sud-Ouest. 

43 semaines consécutives

Même si l’on parle de rentrée, le mouvement est ininterrompu depuis 43 semaines, grâce aux gilets jaunes les plus fervents, et il ne semble pas près de s’interrompre. Le mouvement pourrait même repartir de plus belle, mais pour cela, les deux prochaines semaines seront décisives. 

En effet, une première mobilisation nationale est prévue à Nantes le 14 septembre, alors qu’une deuxième, plus importante encore, puisqu’elle se tiendra à Paris, est prévue le 21 septembre. A cette occasion, les gilets jaunes ont invité les marcheurs pour le climat, qui manifestent le même jour, à défiler avec eux. 

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Philippe Vardon sera le candidat du Rassemblement National pour les élections municipales de Nice. L’homme est aussi le cofondateur du Bloc Identitaire ; un mouvement violemment islamophobe. Cependant Vardon a une longue et sulfureuse histoire politique derrière lui.

L’individu a appartenu à la mouvance skinhead d’extrême droite ; il était par exemple membre du groupe de Oi « Fraction». Une de leur chanson avait été interdite pour la violence raciste de ses paroles appelant au meurtre des « sionistes », « marxistes » et « cosmopolites ». Les individus ont échappé à la condamnation suite à un vice de procédure.

Vardon était également membre du groupe nationaliste-révolutionnaire « Unité Radicale ». Rappelons que ce groupe a été dissous en 2002 suite à la tentative d’assassinat de Jacques Chirac par un de ses membres.

Suite à la dissolution Fabrice Robert et Phillipe Vardon fondent successivement les Jeunesses Identitaires et le Bloc Identitaire. Ces derniers sont à l’origine de nombreuses rixes et coups de communication islamophobes.

Un choix paradoxal

L’arrivée de Vardon au Rassemblement bleu Marine en 2013 avait tout d’abord été refusé par Gilbert Collard avant que Marine Le Pen finisse par l’accepter. Quelques années après le militant d’extrême droite de 39 ans est candidat aux municipales d’une ville de 340 000 habitants. On a du mal à comprendre comment un tel individu a pu trouver sa place dans la stratégie de dédiabolisation du parti.

Aujourd’hui le RN fait le choix de mettre l’accent sur la réforme de l’ancien skinhead, sur son parcours difficile et sa transformation en militant sérieux. L’homme est pourtant connu pour sa violence dans le milieu d’extrême droite.

L’avantage de Philippe Vardon est qu’il est connaît la ville  de Nice. Il s’y est déjà présenté à deux reprises au élections municipales et est un bon communicant. Les échecs successifs du Rassemblement National à prendre cette ville de droite peuvent expliquer ce pari d’utiliser un candidat sulfureux mais efficace.

Coup de gueule

Depuis début 2019 le compte Twitter « Accident du travail : silence des ouvriers meurent » tente de recenser les accident de travail en France. Ce recensement se base principalement sur les articles de presse régionaux et autres moyens de médiatisation.

Au total au 1er semestre 2019 il y a eu 469 accidents graves ou mortels ; parmi eux on déplore 172 décès. Ces chiffres ne tiennent pas compte des morts liés à une maladie professionnelle. On estime que trois personnes par jours meurent en France d’un accident ou d’une malade liée à leurs conditions de travail.

Les industries les plus touchés sont le bâtiment, le transport-livre-communication et la métallurgie. Il ne faut également pas oublier les morts de l’amiante qui représentaient 4 décès pour cause de malade professionnelle sur 5 en 2017.

Un manque d’informations fiables

Ces chiffres sont malheureusement certainement bien en dessous des chiffres réels. En effet les recensement de l’Assurance Maladie, qui possède les données les plus utilisées à ce sujet, ne comptabilisent qu’une partie des cas. Les travailleurs indépendants, auto-entrepreneurs, agents statutaires… ne sont pas comptabilisés.

Un rapport de la Commission européenne de 2014 pointe aussi les insuffisances françaises, notamment en ce qui concerne la prévention des risques chimiques. Le pays est classé 25e sur 28 pour 3 risques majeurs ; risques liés aux agents chimiques et biologiques, risques ambiants et risques liés à la posture et aux gestes.

Matthieu est la personne qui s’est décidé à reprendre ce recensement sur Twitter. Il pointe notamment l’absence de chiffres fiables et les mutations du monde du travail ; les accidents touchent de plus en plus de travailleurs précaires et intérimaires, voir des auto-entrepreneurs qui sont souvent peu représentés, mal comptabilisés et peu protégés.

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A compter de 2020, une écotaxe sur le transport aérien sera mise en place en France.

C’était une demande forte de la part de nombre de citoyens qui réclamaient davantage de justice fiscale. Le gouvernement la semble-t-il entendu puisqu’à partir de l’année prochaine, le transport aérien sera davantage taxé. Une écotaxe de 1,50 euros à 18 euros sera en effet la règle sur l’intégralité des vols au départ de la France. Seront exemptés toutefois les vols vers l’Outre-mer et la Corse.

La taxe sur la kérosène n’a pas été retenue, le gouvernement arguant que cela fausserait le jeu de la concurrence entre les compagnies aériennes. Mais l’instauration d’une écotaxe sur les billets d’avion vient donc d’être annoncée. Et c’est la ministre des Transport Elisabeth Borne qui la fait savoir : “Depuis des mois s’exprime un sentiment d’injustice chez nos concitoyens sur la fiscalité du transport aérien. La France s’est engagée sur la voie de la taxation du transport aérien mais il y a urgence. Aussi nous avons décidé comme d’autre pays de mette en oeuvre un écocotribution progressive “

Dans le détail, sur les vols intérieurs et intra-européens, la taxe s’élèvera à 1,50 euros en classe économique et à 9 euros en classe affaire. Sur les vols vers les pays-tiers, elle sera de 3 euros en classe économique et de 18 euros en classe affaire.

A l’arrivée, la taxe devrait rapporter à l’Etat quelques 180 millions d’euros par an, consacrés aux investissements en faveur d’infrastructures de transports écologiques tels que le ferroviaire entre autres.

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L’exécutif cherche encore à raboter le budget de l’Assurance-Maladie de quelques 2 milliards d’euros. Voici comment il compte s’y prendre.

Les “premiers de cordées” si chers à Emmanuel Macron n’ont pas d’inquiétude à se faire, ils pourront toujours bénéficier de la santé à deux vitesses. Pour tous les autres en revanche, se soigner coûtera toujours plus cher et sera toujours plus complexe. L raison ? Le gouvernement fait la chasse aux économies, pour faire plaisir à la BCE, pour faire plaisir à Bruxelles, pour rester dans les clous en termes de budget et ne pas de faire taper sur les doigts par Angela.

Le premier volet porte sur le lancement d’une campagne nationale pour limiter la surconsommation d’antibiotiques tout en accélérant une nouvelle fois sur la prescription de médicaments génériques. Les pharmaciens reçoivent une prime de près de 10 000 euros par an s’ils ont suffisamment écouler leur stocks en la matière.

Aussi, l’Assurance maladie entend réduire la prescription de pansements, passant de 30 jours actuellement à 7 jours en sortie d’hospitalisation. Ceux qui en auront encore besoin passé ce délai en seront de leurs poches.

Et comme si cela ne suffisait pas, la chirurgie ambulatoire sera encore une fois développée, toujours un peu plus. tandis que la prise en charge des transports médicaux sera réduite.

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L’Insee révèle dans sa dernière publication que le taux d’emploi des 20-34 ans est en-dessous de la moyenne européenne.

Trouver son premier emploi lorsque l’on a entre 20 et 34 ans relève du parcours du combattant. Ce sont les enseignements qui émane de la dernière enquête de l’Insee sur la question. L’organisme note que la France est même en retard avec ses voisins européens, le taux d’emploi des 20-34 ans étant de 74,4% dans l’hexagone contre 80% en moyenne dans les autres états membres de l’UE.

Pourtant, lors de son programme présidentiel, Emmanuel Macron avait comme ses prédécesseurs fait de l’emploi des jeunes une priorité, à tel point qu’il avait fixé un taux d’emploi de l’ordre de 82% d’ici 2020. Un objectif qui sera donc bien difficile à tenir.

L’Insee met par ailleurs en avant dans son enquête un fait encore plus inquiétant : le taux de chômage des jeunes est en augmentation sensible. Il est désormais de l’ordre de 20% pour les 20-34 ans, les hommes étant le plus concernés par le phénomène. L’organisme statistique a poussé plus loin son analyse en faisant émerger un autre fait inquiétant : le taux d’emploi des actifs, toutes tranches d’âges confondues. Là encore, la France est à la traîne en Europe : “Le taux d’emploi en France reste également un peu inférieur à celui de l’UE (72,2 %) qui se rapproche de l’objectif de 75% en 2020. Entre 2012 et 2017, le taux d’emploi, en France comme dans l’UE, a globalement augmenté, notamment celui des femmes, en lien avec une participation accrue de celles-ci”   

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Selon l’Insee, l’équivalent de 10% des actifs en France sont contraints de cumuler plusieurs contrats au cours du même mois.

La précarité du marché de l’emploi en France est toujours aussi palpable, en témoignent les 1,8 millions de salariés qui ont cumulé plusieurs contrats au cours du même mois selon les derniers chiffres publiés par l’Insee.

En cause : le boom des CDD, pourtant dans le viseur du gouvernement qui cherche à pénaliser les entreprises via un système de bonus-malus pour celles qui en abuseront. Mais pour l’heure, cette mesure n’est pas passée et n’a pas encore été discutée. Il y a même fort à parier qu’elle soit considérablement vidée de sa substance. D’ailleurs, le secteur de la construction a déjà été exclu de la réforme envisagée.

Reste que le gouvernement a conservé sept secteur dans son viseur : l’industrie agroalimentaire, l’hébergement, la restauration, la production et la distribution d’eau, la gestion des déchets, les transport et l’industrie du papier entre autres.

Si la fluctuation de l’activité économique de ces secteurs expliquent en partie le recours aux contrats courts, c’est bien la recherche de gains financiers qui en est la principale cause. Et ce sont les travailleurs qui trinquent. Dans le détail, 1,5 million d’entre eux ont cumulé plusieurs contrats dans le mois chez le même employeur et les 300 000 restants ont enchaîné plusieurs missions du type intérim dans plusieurs établissements. Et comme la parité n’est toujours pas de mise, ce sont les femmes qui ont le plus cumulé les contrats.

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Tandis qu’elle devait être présentée prochainement, la réforme des APL est finalement reportée à 2020.

L’exécutif a préférer calmer le jeu sur la réforme des APL car tandis que le mode de calcul devait faire l’objet d’une réforme présentée prochainement, l’opération a finalement été repoussée à 2020.

Le principe de la réforme est cependant toujours le même : se baser sur les revenus actuels du bénéficiaire au lieu de remonter deux ans en arrière.

C’est le ministre du Logement Julien Denormandie qui l’a fait savoir par une lettre envoyée au Premier ministre Edouard Philippe, expliquant que la réforme sera “mise en œuvre pour le versement des allocations fin janvier/début février 2020, au moment où les aides au logement sont actualisées”.

Cette décision n’est par ailleurs pas du tout du goût de Matignon, son allocataire déclarant “je regrette vivement ces décalages successifs qui témoignent à la fois d’une programmation initiale trop optimiste et d’un pilotage incertain du projet”

Pour rappel, la réforme à venir vise à générer plus d’un milliards d’euros d’économies selon Matignon, qui loue une mesure “juste, équitable, logique”. Une économie qui se justifierait par le fait que les revenus actualisés en temps réel seront plus élevés que ceux remontant à deux années en arrière, du fait de la croissance économique. Cela réduirait de facto le montant des aides.