Politique

Il existe dans beaucoup de pays un mal qui ronge les franges les plus influençables de la population. Ce mal existe de tout temps et n’a malheureusement pas pris fin après l’épisode tragique qu’a été la Shoah. Ce mal s’appelle l’antisémitisme. Poison qui ronge lentement les êtres et les esprits, il peut s’exprimer de la plus violente des manières. La France connaît une explosion de l’antisémitisme depuis plusieurs années. Simple mais grave relent d’un passé parfois trouble ou véritable lame de fond ? La France est-elle antisémite ?

Lorsque l’on sait que 55% des violences racistes en France sont dirigées contre les Juifs, on peu s’interroger sur le caractère antisémite de certains. Pourquoi une telle haine à l’encontre d’une population qui ne représente qu’une petite partie de l’ensemble de la population française ?

Que comprendre de la société française quand dans certains établissements il n’est plus possible d’étudier la Shoah sereinement en classe ? Les actes antisémites ont tendance à se banaliser et malgré les discours qui les condamnent, peu est fait pour mettre fin à une violence verbale qui peut se transformer en violence physique. Les Juifs de France vivent avec un sentiment étrange. Une vie où l’insécurité est latente et toujours plus perceptible.

Cet étrange sentiment expliquera en partie le vote prochain pour désigner le nouveau Président du Crif (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France). Avec le départ de Richard Prasquier, plusieurs hommes de qualité ont mis leur sort entre les mains des électeurs et le résultat du vote consacrera la ligne suivie par les nouvelles autorités juives de France.

Parmi les candidats en lice, on comte notamment Roger Cukierman déjà à la tête de l’Institution entre 2001 et 2007. Fidèle défenseur de la mémoire de la Shoah, ce dernier n’est peut-être plus l’homme d’une situation qui évolue très rapidement.

François Guguenheim, actuel délégué régional du Crif Centre Ouest, estime pour sa part que l’antisémitisme change de visage et que la réponse du Crif doit être à la mesure de ce nouvel enjeu. Un discours déjà bien compris et appliqué par Arié Bensemhoun autre candidat à la présidence du Crif, qui a été en première ligne à la suite de la tuerie de Toulouse. Une tragédie qui oblige le Crif à se réinventer pour lutter efficacement contre l’antisémitisme.

Pourtant, seul, le Crif, et ce malgré la meilleure volonté du monde, ne pourra rien changer seul. Les pouvoirs publics doivent être pleinement mobilisés pour faire entendre raison à ceux qui sont sur le point de céder aux sirènes de la haine. Se protéger de tous les fous dangereux est malheureusement impossible mais tous doivent savoir que la réponse de la France sera ferme et sans clémence aucune envers les antisémites.

Il en va de la crédibilité de notre pays et de l’assurance de vivre en toute tranquillité. Parce que la France n’est pas antisémite, sa réponse face à la montée des violences contre les Juifs doit être implacable.