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Selon une proposition de loi déposée à la fin de mois de juillet, les supermarchés pourraient bientôt être contraints de faire don de leurs marchandises invendues à des associations caritatives. Des marchandises encore consommables mais trop souvent gaspillées.

Si certaines enseignes ont déjà mis de telles pratiques en place, elles restent trop peu nombreuses et le gaspillage de denrées alimentaires encore consommables ne fait qu’augmenter. C’est pour remédier à cette situation que plusieurs députés ont soumis un nouveau projet de loi au parlement afin de légiférer sur le sujet.

Ainsi, réunis derrière le député UMP du Nord Jean-Pierre Decool, 63 parlementaires soutiennent déjà ce texte et estiment que les mesures actuelles contre le gaspillage «ne suffisent plus». En effet, plus de 200 tonnes de déchets sortent de chaque grande surface chaque année, dont une grande partie est encore emballée alors que la logistique et les stocks importants des supermarchés leur permettraient facilement de pratiquer le don alimentaire.

Dans le détail, le projet de loi prévoit d’astreindre les grandes surfaces de plus de 1000m2 à donner «leurs invendus alimentaires encore consommables à au moins une association caritative dans le secteur de l’aide alimentaire». De par le coût que peut engendrer une telle obligation, les grandes surfaces de moins de 1000m2 pourront bien sûr adopter cette législation volontairement mais n’y seront pas contraintes. Comme le précise dans ce sens Jean-Pierre Decool, “il faut que le magasin ait la possibilité, dans le cadre de sa gestion, de mettre en place ce dispositif. Cela aura tout de même un coût” et ne doit pas peser sur la bonne santé de l’entreprise.

Toutefois, les associations qui souhaiteront bénéficier de ces invendus devront être capable de mettre en place les mesures de sécurité et d’hygiène alimentaire indispensables au stockage de telles denrées.

Crédits photo : Pascal3012

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Avec la mise en place du nouveau label « Quoi ma gueule ? » destiné à promouvoir la vente des fruits et légumes habituellement laissés de côté pour des raisons esthétiques, le collectif Les gueules cassées à l’origine de cette initiative semble avoir attiré l’attention des grands distributeurs. Depuis le mois de mars dernier, Intermarché, Auchan et Monoprix ont accepté de mettre à la vente ces fruits et légumes « moches ».

Les fruits et légumes difformes ou hors calibres font finalement leur retour dans les grandes surfaces. Jetés systématiquement depuis de trop nombreuses années, le collectif Les gueules cassées entend désormais mettre fin à ce gaspillage.
Comme l’affirme le label, « si l’aspect extérieur de nos ‘gueules cassées’ peut présenter certaines imperfections, leurs qualités propres représentent leur premier atout ». Et en effet, l’aspect souvent irrégulier de ces légumes marqués par les intempéries ou la taille trop petite ou trop grosse de ces fruits ne sont pas autant synonymes de mauvaise qualité, bien au contraire. « C’est moins beau, mais tout aussi bon », résume Antoine Carissimo, responsable de l’offre fruits et légumes d’Auchan France.

Alors que chaque année, des centaines de kilos de fruits et légumes déformés ou abimés sont jetés par les producteurs par manque de débouchés valorisants, cette nouvelle tendance pourrait bien mettre un terme à un gaspillage alimentaire considérable.

De plus, proposés à un prix 20 à 30 % inférieur à celui des fruits et légumes de première classe, ce nouveau système présente des avantages aussi bien pour le producteur et le distributeur que pour le consommateur. Si ce dernier paie effectivement moins cher, le producteur réduit ses coûts en évitant les pertes générées par l’incinération des produits hors-norme.

S’il ne s’agit pour l’instant que d’initiatives locales, le succès de ses opérations présage d’un développement possible à l’échelon national. 17 Monoprix à travers la France devraient bientôt proposer ce type de produits tandis qu’Auchan et Intermarché pourraient bien étendre le rayon “moche” à l’ensemble de leur réseau de distribution.

Crédits photo : Les gueules cassées

Coup de gueule

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Le gaspillage alimentaire est un problème sociétal majeur sur lequel se penchent désormais hommes politiques, industriels et citoyens. Afin de sensibiliser le grand public, et générer par la même occasion du lien social, un collectif français vient de développer une nouvelle application web et mobile baptisée Partage ton frigo.

Partage ton Frigo vise à apporter des “solutions pour faciliter les échanges de surplus alimentaire de manière convivial” et ainsi éviter le gaspillage. Pour cela, l’association se propose de relier des particuliers ou les membres d’un groupe (famille, amis, travail etc.) grâce à un site Internet et une application pour smartphone.

Facile d’utilisation, Partage ton frigo milite pour la mise en place de “solutions anti-gaspi” qui permettent de partager un surplus de nourriture que l’on est susceptible de jeter. Une photo de la nourriture en ligne, et les membres de votre communauté sont au courant de leur mission. Pratique une veille de départ en vacances ou un lendemain de soirée pour partager les restes.

Mais le site se propose également de vous aider pour l’installation d’un “frigo collaboratif“. Il s’agit de la mise en place d’un frigidaire dans un lieu collectif (entrée d’immeuble, bureau etc.), afin de simplifier l’échange et le partage de nourriture.

L’installation d’un nouveau frigo est d’ailleurs prétexte pour que les membres d’une communauté se réunissent et célèbrent le lancement de ce nouveau frigo-collaboratif… L’avantage d’un “Apéro frigo“, c’est que ça permet d’éviter le gaspillage… tout en entretenant ses liens sociaux !

Coup de gueule

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Afin de lutter contre nos habitudes de surconsommation, fléau alimentaire majeur dans les pays industrialisés, quelques villes de Belgique ont décidé d’agir au niveau des industries agro-alimentaires.

Selon le Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), chaque année nous gaspillons 1,3 milliards de tonnes de denrées comestibles. Cela représenterait un tiers de l’alimentation mondiale. En plus des conséquences éthiques, économiques et nutritionnelles, ce gaspillage alimentaire a aussi des conséquences environnementales. Le Parlement européen rappelle à ce titre que “les déchets alimentaires produisent du méthane, un gaz à effet de serre 21 fois plus puissant que le dioxyde de carbone“.

Afin d’endiguer ce véritable gâchis, le maire de la ville de Herstal, Frédéric Daerden, a mis en place une initiative qui pousse les supermarchés à donner leurs produits invendus aux associations d’aide alimentaire afin d’obtenir le renouvellement de leur permis d’environnement. Cette permission (une sorte de permis d’exploitation) étant délivrée par l’administration communale, une ville peut donc légalement rajouter une telle clause pour lutter contre le gaspillage.

Pour rappel, 200.000 personnes bénéficient de l’aide alimentaire belge pendant que 15 kilos de nourriture par personne sont jetés annuellement. Éviter ce gaspillage, juste au niveau de la région de Bruxelles, permettrait de nourrir 30.000 personnes, 3 fois par jour, pendant un an.

Également député au Parlement Européen, Frédéric Daerden a posé une requête à la Commission Européenne visant la mise en place d’une loi similaire à plus grande échelle. En rappelant que 79 millions d’européens vivent en dessous du seuil de pauvreté, et que les aides alimentaires concernent 16 millions d’entre eux.