hijab, Australie
International

Vendredi 29 juillet, la sénatrice d’origine afghane Fatima Payman (27 ans) a profité de son premier discours pour encourager les jeunes filles qui le souhaitent à porter le hijab.

Appelle à la rejoindre

« Peu importe où vous êtes né, peu importe l’état et le territoire d’où vous venez, peu importe ce que vous choisissez de porter, peu importe en qui vous choisissez de croire, sachez que l’Australie est un endroit où vous êtes les bienvenus et que vous pouvez faire partie d’un collectif uni  », a d’abord déclaré la politicienne, avant de se montrer plus précise encore.

« Je veux que les jeunes filles qui décident de porter le hijab le fassent avec fierté, et qu’elles le fassent en sachant qu’elles ont le droit de le porter », a-t-elle scandé.

Une invitation loin d’être au goût de tout le monde, le voile étant l’une des restrictions imposées par les Talibans à Kaboul depuis leur retour en août 2021. Toutes ces restrictions « décrivent un modèle de ségrégation sexuelle totale et visent à rendre les femmes invisibles dans la société », estime par exemple le rapporteur spécial de l’ONU pour les droits humains en Afghanistan, Richard Bennett.

« Australie moderne »

« Le hijab est mon choix », précise la sénatrice, arborant fièrement un voile islamique lui encadrant le visage. « Il y a dix ans, ce parlement aurait-il accepté qu’une femme choisissant le hijab soit élue  ? Non ». Les choses ont changé, et aujourd’hui je suis fière de représenter une « Australie moderne », s’est ensuite réjoui l’élue australo-afghane. Chacun sa définition de la modernité. 

Elisabeth Moreno, hijab, foot
IdéesSociété

Jeudi 10  février, la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno, a déclaré que les femmes  « ont le droit de porter le voile islamique pour jouer » au football. Une sortie qui n’a pas manqué, et pas fini de faire polémique. 

Soutien aux « Hijabeuses »

La Fédération française de Foot (FFF) interdisant, dans l’article 1 de son règlement, « tout port de signe ou tenue manifestant ostensiblement une appartenance politique, philosophique, religieuse ou syndicale », le collectif les « Hijabeuses » a saisi le Conseil d’État en novembre dernier pour obtenir l’abrogation de cet article. 

Une requête contraire au principe de laïcité, qui a pourtant reçu le soutien de la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes. « La loi dit que ces jeunes filles peuvent porter le voile et jouer au foot. Sur les terrains de foot aujourd’hui, il n’est pas interdit de porter le voile. Je veux qu’on respecte la loi, a déclaré Elisabeth Moreno. Si elles veulent jouer au foot en étant voilées, en quoi c’est impossible ? Très souvent, les filles ont l’impossibilité de sortir de chez elles pour faire des choses, la fameuse assignation à résidence ».

Désaccord chez LREM

Contrairement à la ministre, qui parle au nom du gouvernement Castex, la présidente déléguée du groupe LREM à l’Assemblée nationale, Aurore Bergé, ne soutient pas les « Hijabeuses ». Selon elle, il ne faut « aucun prosélytisme, ni politique ni religieux, dans le sport ». Certaines « fédérations sportives courageuses ont pris une décision dans leur règlement intérieur en disant qu’elles ne voulaient aucun prosélytisme religieux », estime-t-elle. 

« Pour moi la question n’est pas juste la question du hijab : c’est que sur un terrain de sport, la religion n’a rien à y faire, n’a pas sa place, insiste la députée. En aucune manière le hijab est un facteur d’émancipation des femmes. Ceux qui veulent le faire croire sont des tartuffes  ».