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Des habitants de Lesbos s’en sont pris à des migrants et ont aussi passé à tabac un journaliste suite à une augmentation des traversées illégales

Il semble qu’un groupe coordonné d’habitants de l’île ait cherché à empêcher un bateau de migrants de débarquer. En effet depuis quelques temps le nombre de personnes risquant la traversée a largement augmenté. Un journaliste présent au moment des faits a également été passé à tabac par les militants d’extrême droite. Son matériel photographique a aussi été jeté à la mer. Les tensions sur l’île seraient renforcés par la présence de militants d’extrême droite venus du monde entier.

Racismes et résistances

Il semble que ce groupe d’habitants ait pris la décision de s’organiser pour intimider et attaquer les médias en plus des migrants. Deux autres journalistes ont en effet été victimes de ces attaques. Les gardes-côtes ne sont pas en reste ; une vidéo est apparu montrant un navire de l’agence tentant de couler un canot de migrants. On ignore si l’enfant qui s’est noyé récemment était présent sur ce bateau. Plus récemment les gardes côtes grecs ont aussi ouvert le feu pour repousser un autre groupe tentant la traversée.

On estime qu’actuellement Lesbos accueille 20 000 demandeurs d’asile dans un camp en surpopulation ; Moria. Ce dernier n’est théoriquement capable d’accueillir que 3000 personnes. Fort heureusement tous les habitants de l’île ne se trompent pas de colère. Récemment deux militants d’extrême droite allemands de Génération Identitaire ainsi qu’un fasciste irlandais l’ont appris à leurs dépends. Les trois militants ont été reconnus pas des antifascistes et passés à tabac ; ces fascistes ont jugés plus sage de quitter le pays.

Coup de gueuleInternational

Malgré les bombardements, les recrutement forcés et les assassinats 953 personnes migrantes ont été renvoyée en Libye par les gardes-côtes

L’ONU a pourtant caractérisé le pays comme « non-sûr », ce qui est un drôle d’euphémisme. Pourtant 953 personnes ont été renvoyées dans ce pays en guerre dans les deux premières semaines de 2020. Rappelons que les combat en Libye ont récemment fait 284 morts et 363 blessés parmi les civils. Ceci a provoqué la fuite de 1000 personnes depuis les côtes du pays entre le 1er et le 14 janvier 2020. Ces 953 personnes ont été interceptés et renvoyés vers Tripoli par les gardes côtes.

Une situation insolvable

Selon un communiqué du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) du 10 janvier ; « aucun lieu sûr n’existait actuellement à Tripoli pour les réfugiés et demandeurs d’asile ». Plusieurs bombardement ont par exemple eu lieu à proximité du Centre de rassemblent et de départ dans la capitale. Ce centre a ironiquement vocation à loger les réfugiés et les personnes destinées à être évacuées du pays. Le HCR a annoncé qu’il ne pouvait continuer à opérer dans le pays et a encouragé les gens à partir.

Cependant partir du centre n’est pas non plus une solution. Plusieurs migrants ont été tués après leur départ. Aussi certains, majoritairement des soudanais, se voient offrir deux options ; Rester dans le camp pour une période inconnue ou être envoyées sur le front pour se battre ». Ces annonces ont été faites par Vincent Cochetel, envoyé spécial du HCR pour la méditerranée centrale. Le HCR encourage la relocalisation des migrants dans les centre du Rwanda, Niger et en Europe. On sait cependant fort bien que c’est l’Europe qui finance les gardes-côtes libyens pour les ramener dans leur pays en guerre.

Coup de gueule

Deux détenus jugés pour une tentative d’évasion du Centre de Rétention Administrative pointent les conditions inhumaines du centre

Les deux hommes de nationalité tunisienne ont été présentés au tribunal correctionnel de Rennes. On les accuse d’avoir tenté de s’évader du CRA de Sain-Jacques-de-la-Lande. Le problème c’est qu’avec la grève des avocats ils ne peuvent être défendus, il est donc impossible de les juger. L’un d’entre eux a pourtant insisté pour être entendu ; « je veux être jugé aujourd’hui, j’ai des choses à raconter ».

le CRA : une prison pour étrangers

Les deux hommes veulent dénoncer les conditions inhumaines de détention au CRA. Le président a fini par statuer que le jugement ne pouvait se tenir mais a accepté d’entendre les deux hommes. Ces derniers affirment que ; « certains policiers nous traitent comme des animaux ». Ils décrivent également des scènes de violences régulières. Les deux hommes expliquent qu’ils ont tenté de se suicider à plusieurs reprises. Ils justifient leur tentative d’évasion par leur crainte de devenir fou. Même le président semble prêter un certain crédit à leur histoire ; les hommes ont effet escaladé les les barbelés à main nu pour essayer de fuir.

Le président a décidé de les mettre en détention ailleurs qu’au CRA. A la fin de l’audience un des hommes a demandé à être envoyé aux urgences. Il avait avalé un certain nombre de boulons trouvés dans le tribunal. Cette affaire n’est qu’une parmi d’autres relatant les conditions de vie des détenus des CRA.

Macron, Mayotte, immigration
Politique

Mardi 22 octobre, Emmanuel Macron s’est rendu à Mayotte pour soutenir son plan de développement à trois branches : la santé, la sécurité et l’immigration. Toutefois, contexte actuel oblige, le président a surtout parlé de la dernière.

«  Plan Shikhandra  »

A Mayotte, le droit du sol a récemment été «  aménagé  » pour lutter contre l’immigration clandestine venue principalement des Comores (dont Mayotte fait géographiquement partie). En effet, il faut désormais justifier de trois mois de résidence à Mayotte pour pouvoir se prévaloir de ce droit, une condition qui constitue une flagrante entorse au droit constitutionnel.

Pour accompagner cet aménagement, la ministre des Outremers, Annick Girardin, a présenté, en août dernier, un nouveau plan«  civilo-militaire  » baptisé «  Shikandra  », «  dont l’objectif est de porter le nombre d’expulsions jusqu’à 25 000 pour 2019  ». Un nom maladroitement choisi, en référence à un gros poisson local, le Shikandra, qui ne devient agressif qu’en cas d’attaque. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’exécutif opte pour un humour douteux à Mayotte. Le 3 juin 2017, Emmanuel Macron avait en effet déclaré que les kwassa-kwassa, les bateaux de pêche mahorais, servaient surtout à «  ramener du Comorien  ». 

Et le 7 octobre dernier, la députée LREM de Mayotte, Ramlati Ali, a même osé adapter un slogan bien connu et fortement connoté  : «  Rendre Mayotte aux Mahorais  ».

Enveloppe de 1,6 milliard d’euros

Outre l’immigration, le président va également aborder des questions de développement et de services publics, en mettant bien sûr l’accent sur le sécuritaire. Pour soutenir ce plan, une enveloppe de 1,6 milliard d’euros a été débloquée, qui seront notamment utilisés pour réduire le taux de chômage qui culmine à 35%, ainsi que celui d’illettrés qui dépasse 40% pour les 16-64 ans. Ces fonds iront également aux infrastructures scolaires, aux routes, aux transports, au logement, ou encore à la santé.

Politique

Les problèmes d’immigration en Europe touchent certaines parties du continent plus que d’autres. L’Allemagne étant une des destinations les plus choisies par les migrants clandestins, la situation se dégrade de jour en jour dans le pays. Non seulement le gouvernement se retrouve dans une situation critique, mais la population locale commence à riposter également face aux mesures prises afin de venir en aide aux immigrés.

Suite à la décision des autorités municipales de Dresde qui était de loger les migrants dans un bâtiment abandonné de la ville, la population a commencé à organiser des manifestations anti-migration. Dans la soirée de vendredi, des milliers de personnes se sont ainsi réunis pour manifester dans la ville de Heidenau. Des femmes avec des poussettes ainsi que des membres du Parti populaire démocratique ont ainsi pris part au rassemblement organisé.

Plus de 130 policiers ont été mobilisés pour quadriller le mouvement et assurer la sécurité des manifestants, mais ces derniers ont commencé à devenir violents. Ils ont ainsi entrepris de lancer des pierres aux policiers, des bouteilles ou encore de pétards, des actions auxquelles les policiers ont dû répliquer avec des bombes lacrymogènes. 30 policiers ont été blessés. A savoir que l’Allemagne est sensée accueillir 800 000 migrants cette année, un chiffre énorme vu le manque de moyens des localités choisies pour les prendre en main.

 

Crédit photo: Tomh903

Politique

Le projet de loi sur l’immigration, après un an de gestation, va être étudié par les députés à partir du 20 juillet. Ce texte vise à renforcer normalement les droits des étrangers et pourtant l’article appelé sobrement “droit de communication” porte atteinte à leurs libertés et leur vie privée.

Grâce à cet amendement, les préfets  pourront demander des informations à des institutions très variées comme les établissements scolaires, les établissements de santé, les banques, Pôle emploi, l’état-civil ou autres sécu, des renseignements qu’elles possèdent sans qu’elles puissent contester. Cette mesure doit permettre de s’assurer que l’étranger “réponde bien aux critères de son titre de séjour, ou s’ils donnent les mêmes informations à tout le monde”.

On voit tout de suite les conséquences que ce genre de procédure peut amener. D’une part, cela va encourager les préfets à faire plus de contrôles (au risque d’une course au résultat et des excès de zèle) et plus grave encore, le préfet pourra faire une enquête auprès de diverses institutions et retirer immédiatement, et en dehors du cadre du renouvellement, un titre de séjour sans aucune forme de procès et donc de contrôle. La Cimade (Association d’aide aux migrants en France) fait aussi remarquer que cela peut mettre des personnes dans des situations déontologiques compliquées et aller à l’encontre de leur mission.

Pour la petite histoire, un même type de mesures avaient été proposés pour le contrôle des chômeurs. Cet amendement avait finalement été retiré. Ce qui n’est pas acceptable pour les uns, l’est-il pour les autres…

Crédit photo : PhilCaz