indemnités logement, assemblée nationale
Coup de gueulePolitique

Les députés, ceux-là mêmes qui avaient ordonné la baisse des APL de 5 euros le 1er octobre 2017, viennent de faire passer leur dotation d’hébergement de 900 à 1 200 euros. Cette mesure sera effective dès le 1er novembre. 

Pallier l’augmentation des loyers 

Selon le rapport des questeurs, les députés chargés de l’administration intérieure de l’assemblée, l’augmentation a été décidée «  pour tenir compte du niveau élevé des loyers parisiens ». 

Le député LaReM d’Ille-et-Vilaine et premier questeur de l’Assemblée nationale, Florian Bachelier, va même plus loin, en parlant lui de mesure d’économie :  « Cette dotation a été réévaluée pour tenir compte du niveau élevé des loyers parisiens. Sur une base de quatre nuits par semaine, le coût mensuel de l’hôtellerie par député est aujourd’hui de 3 200 €. La dotation d’hébergement permet donc une économie mensuelle de 2 000 € par député. L’objectif du bureau de l’Assemblée est d’intensifier les économies sur ce poste et, à terme, de supprimer le budget hôtellerie ». 

Mais l’économie est loin d’être certaine, car l’augmentation de la dotation coûtera au moins 304 000 € par an, et peut-être plus encore, puisque «  de meilleures conditions de remboursement  » pourraient inciter «  davantage de députés à opter pour ce type d’hébergement  »

Les syndicats rient jaune

«  Sur les 2 000 collaborateurs parlementaires employés par les députés, certains touchent à peine 1 400 € par mois. Je rappelle qu’un député est rémunéré 7 200 € par mois, plus 5 000 € en frais de mandat et 1 200 € aujourd’hui de dotation pour se loger. Même si l’augmentation peut se comprendre à cause des loyers parisiens, il serait grand temps de s’intéresser à la précarisation des collaborateurs parlementaires », rappelle Astrid Morne, secrétaire générale adjointe du syndicat Unsa. Et la CFTC, quant à elle, a préféré ironiser  : « Tiens, pourtant ‘y a pas d’argent’ pour les collabs paraît-il… ».