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IdéesSociété

Lundi 25 janvier, l’ONG Oxfam a publié son rapport annuel sur les inégalités, selon lequel les grandes fortunes seraient sorties indemnes, voire renforcées, de la crise sanitaire et économique.

Soutien des banques centrales 

« Les dix hommes les plus riches du monde, dont fait partie le Français Bernard Arnault, ont vu leur fortune totale augmenter de 540  milliards de dollars (479  milliards d’euros) depuis le début de la pandémie, stipule le rapport. Sur l’ensemble de l’année 2020, malgré la crise, la fortune de Bernard Arnault a augmenté de 44  milliards d’euros, soit un bond de 41  %. Après le pic de la crise, sa fortune a doublé entre mars et décembre ».

Parmi les grands gagnants de la crise figurent également l’homme le plus riche du monde, le PDG d’Amazon Jeff Bezos, avec un gain de 69,3  milliards d’euros en 2020. Celui-ci reste devant le patron de Tesla, Elon Musk, qui a tout de même vu sa fortune croître de 114,3 milliards d’euros en un an. 

Le « soutien sans précédent des gouvernements pour leur économie » a grandement profité aux patrons, « mais c’est principalement le soutien des banques centrales, avec leur politique de rachats d’actions massifs pour éviter que les cours ne dévissent, qui ont eu un effet de levier », assure Quentin Parrinello, porte-parole d’Oxfam France.

L’écart continue de se creuser

Alors que les riches s’enrichissent, « entre 200 millions et 500 millions de personnes supplémentaires pourraient avoir basculé dans la pauvreté en 2020 », poursuit Oxfam, rappelant que les inégalités se creusent dans les pays pauvres comme dans les pays riches. Dans les PED, des centaines de millions de personnes ont basculé sous le seuil de pauvreté (moins de 4,90  euros par jour). « La majorité travaillent dans les secteurs informels (activités hors de la législation). Elles sont exclues du régime de protection sociale, des programmes d’aide sociale et de l’accès au crédit », précise l’ONG.

Mais en France, la situation n’est guère plus reluisante. « Alors que les milliardaires français ont connu la troisième progression la plus forte, 175  milliards d’euros, soit deux fois le budget de l’hôpital public, on est passé de 5,5  millions de bénéficiaires de l’aide alimentaire à plus de 8  millions en septembre en France », détaille Quentin  Parrinello. 

inégalités
Politique

Mardi 19  novembre, le «  Portrait social de la France  », publié par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), a révélé que les réformes socio-fiscales adoptées en  2018 par LaReM avaient surtout – ce n’est pas une surprise – profité aux plus aisés. 

3,44 milliards d’euros pour les riches

Bien que la France soit un des pays les plus égalitaires au monde, les écarts entre les plus riches et les plus pauvres ne cessent de se creuser, notamment à cause des mesures les plus contestées du début du mandat de monsieur Macron. 

Par exemple, la transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune en impôt sur la fortune immobilière a augmenté le revenu disponible des ménages de 3,44  milliards d’euros, soit «  une hausse de près de 10  000  euros sur l’année en moyenne pour les 350  000 ménages concernés  »,  selon l’Insee. De même, le plafonnement à 30  % des revenus du capital a augmenté le revenu de 1,39  milliard d’euros, une somme «  très concentrée parmi les 5  % de personnes les plus aisées  ».

Et en ce qui concerne les chiffres de ces dernières années, les 10  % des ménages les plus riches ont enregistré un gain annuel moyen de 790  euros, contre 130  euros pour les 10  % des ménages les plus pauvres. L’Insee affirme d’ailleurs que les inégalités constatées en 2016 étaient du même niveau ( record) que celles de 1990, et qu’elles se sont encore aggravées depuis.  

Impact des gilets jaunes

Sur le long terme, les 10  % des plus pauvres ont vu leurs revenus croître, à l’année, de 4  060 en 1975, à 6  660  euros en  2016, tandis que, dans le même temps, les revenus des 10  % les plus riches augmentaient, à l’année, de 27  540 à 40  530  euros.

Des résultats qui démontrent que les inégalités se sont creusées surtout ces dernières années, l’Insee rappelant d’ailleurs que «  tous les indicateurs enregistrent, entre 2002 et 2008, leur plus faible niveau d’inégalités  ». 

Toutefois rien n’est figé, et les inégalités pourraient à nouveau se réduire, grâce, notamment, au mouvemente des «  gilets jaunes  ». En effet, selon les estimations, le pouvoir d’achat devrait progresser de 2,3  % en 2019. 

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EconomiePolitique

Le Forum économique mondial (WEF) fait état d’une dégradation dans les inégalités entre hommes et femmes. Après 10 ans de progrès, elles se sont encore creusées partout dans le monde en 2017. 

144 pays ont été passés au crible pour mener à bien cette étude sur l’état des lieux des inégalités entre hommes et femmes. Et selon le WEF, après dix années de progrès, les inégalités se creusent à nouveau. L’étude estime même que si rien n’est fait rapidement, les inégalités ne disparaîtront pas avant 2235.

Dans son rapport, le WEF souligne que cette année 2017 « marque un coup d’arrêt après une décennie de progrès lents mais constants en termes d’amélioration de l’égalité des sexes, puisque l’écart entre les genres à l’échelle du monde s’est creusé pour la première fois depuis la publication du premier rapport en 2006 ».

Sans réelle surprise, les deux secteurs les plus en recul sont l’économie et la santé. Arrivent ensuite la politique et l’éducation.

Des inégalités disparates selon les régions

Le rapport du WEF met par ailleurs en lumière le fait que la région qui s’en sort le mieux pour 2017 est l’Europe de l’ouest, devant les Etats-Unis. Tout en bas du classement, on retrouve les régions du Moyen-Orient ainsi que de l’Afrique du nord.

Quelques bons élèves sortent du lot. En analysant uniquement les pays membres du G20, c’est la France qui arrive en tête pour la parité hommes-femmes suivie de l’Allemagne, du Royaume-Uni, du Canada, de l’Afrique du sud et de l’Argentine. La France enregistre même une nette progression dans le classement général, gagnant 6 place pour s’afficher au 11ième rang alors qu’elle n’était qu’à la 70ième place en 2006, année du premier rapport. Une progression à mettre au profit principalement de la parité prônée dans la sphère politique. A l’inverse, les USA ont perdu 4 places et se retrouvent à présent sur la 49ième marche en raison d’une diminution marquée de la représentation féminine dans la classe politique.

Reste qu’une fois n’est pas coutume, ce sont les pays du nord qui continuent de garder le leadership sur la question : Islande, Norvège, Finlande.