Julian Assange, extradition
IdéesInternational

La cour londonienne de l’Old Bailey a rejeté, lundi 4 janvier, la demande d’extradition vers les Etats-Unis du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. Washington, qui accuse le ressortissant australien d’espionnage, compte bien faire appel de cette décision. 

Risque de suicide

Arrêté en avril 2019, après avoir passé sept ans retranché à l’ambassade d’Equateur à Londres, Julian Assange est, depuis, incarcéré dans la prison londonienne de haute sécurité de Belmarsh. Poursuivit par Washington pour avoir diffusé plus de 700 000 documents classifiés, le fondateur de Wikileaks risque une peine de 175 ans de prison s’il était extradé, dans des conditions bien plus difficiles que celles qu’il connait aujourd’hui. 

Sa situation actuelle «  n’est rien comparé aux conditions de détention auxquelles il serait soumis aux Etats-Unis s’il était extradé  », affirme l’avocate Stella Moris, avec qui Julian Assange a eu deux enfants durant son séjour forcé à l’ambassade d’Equateur.

Il y serait «  enterré vivant  », poursuit l’avocate. Un avis partagé par la juge Vanessa Baraitser, qui a bloqué la demande d’extradition lundi, au motif qu’il y aurait un vrai risque que le lanceur d’alerte se suicide. « Dans des conditions d’isolement quasi-total, les procédures présentées (par les autorités américaines) n’empêcheront pas monsieur Assange de trouver un moyen de se suicider  », a déclaré la juge. 

Soulagement des soutiens

Barry Pollack, l’un des avocats de Julian Assange, a déclaré que son équipe était «  extrêmement satisfaite  » de la décision de la justice britannique. «  Nous espérons que, prenant en compte la décision de la cour, les Etats-Unis vont décider de ne pas poursuivre plus avant ce dossier  », a-t-il fait savoir. 

Et plusieurs associations de défense des droits de l’homme ont fait part de leur soulagement. Car avec l’affaire Assange, « c’est l’avenir même du journalisme qui est en jeu », affirme Rebecca Vincent, l’une des dirigeantes de Reporters sans frontières.