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La Fondation Abbé Pierre s’insurge contre la progression des procédures d’expulsions locatives en pleine crise économique.

Alors que la trêve hivernale des expulsions locatives survient, le contexte de fragilisation économique des ménages amène à nouveau la Fondation Abbé Pierre à se mobiliser contre l’application d’une mesure qui jette à la rue des familles sans discernement, au mépris du Droit au logement opposable (censé les rendre prioritaires… au relogement !) et sans l’indispensable prévention qu’il convient de restaurer d’urgence.

Cette situation alarmante s’inscrit dans le cadre d’une saturation du secteur de l’hébergement d’urgence, laissant sans solution les ménages expulsés sinon le recours à l’hôtel, l’hébergement chez des amis, la rue…

Il faut garder à l’esprit que le nombre d’impayés ne cesse de croître : 500 000 ménages seraient en impayés de loyers dont une partie dans le parc social (évolution de 5,4 % à 6,7 % de 2008 à 2010) et davantage encore dans le privé. Une triste réalité qu’il convient d’observer au regard de la hausse des loyers (près de 50 % en 10 ans) qui n’a pas été suivie par celle des revenus, entraînant de fait des arbitrages douloureux pour les familles — et bien souvent au détriment du loyer ou des charges, le poste le plus lourd du budget des particuliers (plus du quart des dépenses)…

Préserver un toit pour tous est un impératif pour notre pays et l’ampleur de la crise doit imposer une attitude publique plus protectrice vis-à-vis des locataires — sans pour autant la faire reposer sur les seuls propriétaires, mais en étant toujours attentif à privilégier la prévention. C’est le travail que conduit la Fondation Abbé Pierre : la permanence téléphonique «Allô Prévention Expulsion» (0810 001 505) a d’ailleurs recueilli plus de 4 600 appels en 2 ans.

Les situations rencontrées sont préoccupantes (perte de ressources, impayés de loyers, assignation du Tribunal…) quand elles ne sont pas dramatiques (expulsions imminentes sans solution palliative, mise à la rue d’une famille y compris avec enfants…). Si 40 % restent cependant menacées par la procédure judiciaire, pour 30 % des ménages conseillés, la situation a pu être rétablie…

Plateforme téléphonique “Allô Prévention Expulsions” : 0810 001 505

source article : http://www.fondation-abbe-pierre.fr

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Présenté le 5 avril 2011 à 14 heures à L’Abbaye des Prémontrés, ce rapport constituera un véritable livre noir du logement en France et décryptera une situation réellement dramatique pour certains, l’héritage d’une inertie politique de plusieurs décennies…

La Fondation Abbé Pierre rappellera que la crise économique a incontestablement renforcé la crise du logement. Elle a amplifié la sensibilité des ménages pauvres et précaires face aux charges de logement ou aux obstacles leur permettant de se procurer un toit. Bien plus, elle a créé de nouvelles fragilités et élargi le champ de ceux qui se retrouvaient en butte à ces problèmes de logement, en touchant également les classes moyennes.

Ainsi, l’état des lieux que dressera la Fondation Abbé Pierre doit conduire les pouvoirs publics à s’interroger sur les limites d’une politique du logement menée sans la nécessaire remise en cause de ses objectifs et ses modalités d’intervention.

Le rapport 2011 abordera justement la question de la propriété immobilière, dimension prioritaire et centrale de la politique du logement conduite depuis 2007, marquée par la volonté du Président de la République de voir « une France de propriétaires » s’installer. Il démontrera que, si l’ambition de favoriser le développement de la propriété est louable tant elle fait écho aux aspirations des Français, c’est aussi aujourd’hui un processus profondément inégalitaire et loin de constituer une protection pour chacun.

L’Agence régionale de la Fondation Abbé Pierre proposera également un éclairage sur la situation locale. La Lorraine a subi chaque crise économique d’autant plus fortement que son tissu industriel a été peu à peu laminé, sans perspectives d’emplois nouveaux. Ce déclin industriel a accéléré de fait l’appauvrissement de la population et les phénomènes de mal-logement, tant dans les villes que dans les zones plus rurales. Une table ronde réunissant différents acteurs locaux permettra de pointer les difficultés croissantes des familles modestes et d’évoquer les pistes d’amélioration possibles.

source article : http://www.fondation-abbe-pierre.fr