Coup de gueule

Une factrice a écopé d’une mise à pied d’un mois sans salaire pour avoir signé un colis en lieu et place d’une usagère à sa demande

Cette factrice de 59 ans travaille à Tulle en Corrèze. L’annonce de cette punition lui a été signifié par un conseil de discipline ce mardi 12 novembre. L’annonce a choqué de nombreux habitants et provoque la colère des syndicats. On l’accuse d’avoir signé un colis à la place d’une usagère qu’elle connais bien pour lui rendre service en son absence.

Cette factrice travaille à La Poste depuis 27 ans. Elle s’est avouée soulagée quand on lui a annoncé qu’elle risquait trois mois de mise à pied ; elle avait peur d’être licenciée. On comprends mal la décision du conseil de discipline. En effet, signer les colis à la place des usagers qu’on connaît est une pratique très répandue dans les campagnes. Karine Lavaud, secrétaire de la CGT FAPT, ajoute que cela permet d’éviter au personnes de se déplacer jusqu’au bureau de poste.

Tous perdants

Il semblerait que ce soit la fille de l’usagère qui se soit plante en voyant la factrice signer à la place de sa mère. Depuis une pétition à été lancée et a réuni 7500 signatures. De plus le hashtag #TousAvecSylvie est apparu sur les réseaux sociaux. Face à cette levée de bouclier la poste a assurée comprendre la réaction des usagers. Ils affirment qu’ils se devaient de réagir car la faute est réelle.

Pour la secrétaire de la CGT FAPT la punition est bien trop lourde. Selon Karine Lavaud ; « Elle a simplement voulu rendre service, a reconnu son erreur, s’est excusée plusieurs fois auprès de la direction ». La factrice affirme qu’elle continuera à faire son travail au mieux de ses capacités. Cependant elle respectera désormais les ordres à la lettre, elle ne pourra plus rendre service à ses usagers comme le faisait auparavant.

Politique

Le groupe La Poste cherche à diversifier ses activités pour contrebalancer une année 2018 difficile. Près d’une quinzaines de bâtiments lui appartenant pourrait ainsi être transformée en résidences séniors.

Tandis que pour le grand patron Philippe Wahl, l’année 2018 “a été difficile pour les différents marchés du groupe La Poste”, l’opérateur historique français de la distribution du courrier cherche à se réinventer. Et pour cela, l’enjeu serait de devenir un acteur national des résidences de services à destination des séniors. Pour y parvenir, La Poste compte capitaliser sur son foncier en transformant dans un premier temps non moins de quatorze hôtels des postes implantés dans des villes de taille moyenne en maisons de retraite. Un porte-parole du groupe déclarait à ce sujet que “ces résidences, non médicalisées, pourraient s’adresser aux séniors ‘actifs’ qui recherchent des services leur facilitant la vie et leur permettant de conserver leur autonomie”.

Les villes de Roubaix, Brest, Le Mans, Annecy ou encore Perpignan seraient ainsi dans le viseur du groupe. Les hôtels de poste dans de telles villes présentent comme intérêt d’offrir de larges espaces intérieurs qui seraient convertis en appartements adaptés aux séniors, le tout situé à proximité des commerces et services dont ils ont besoin.

Le groupe a en réalité déjà entamé le processus puisque une consultation a été initiée en fin d’année 2018 et doit se clore en juillet 2019. Il y a ainsi fort à parier que la Poste commande le lancement des opérations en fin d’année 2019 voire en début d’année 2020.

Si la Poste cherche à diversifier ses activités, c’est par nécessité car le groupe a enregistré une baisse de plus de 6% de son bénéfice net sur l’année 2018, et doit faire face à une dégringolade de son cœur de métier : la distribution de courrier. Car tandis qu’il représentait plus de 70% de son chiffre d’affaires en 1991, il ne pesait plus que pour 28% de ses résultats en 2018. Et les prévisions ne sont guère plus encourageantes puisque le patron du groupe estime que l’activité ne représentera plus que 20% du chiffre d’affaires total du groupe d’ici 2020.

Politique

Selon le dernier rapport de la Cour des Comptes, La Poste a engagé 415,5 millions d’euros dans les activités et aides à vocations sociales au bénéfice des agents principalement.

Une dépense moyenne équivalent à approximativement 1 500€ par agent, voilà comment se traduit les 415,5 millions d’euros que La Poste a dépensé en 2013 au titre des actions et activités sociales. Des dépenses qui sont destinées à ses agents, représentant 80% de l’effectif global. Participations aux frais d’inscription à des activités sportives, colonies de vacances, villages vacances…La Poste a su démontrer son intérêt à l’égard des travailleurs.

Des dépenses variées

L’enveloppe de 415,5 millions d’euros se décompose de la manière suivante : 212,5 millions d’euros ont été investis au titre de l’action sociale dans le cadre du conseil d’orientation et de gestions des activités sociales (Cogas), 27,5 millions d’euros pour la prime pour la restauration, 45,5 millions d’euros pour l’aide au logement et 130 millions au titre de la part patronale pour la complémentaire santé obligatoire.

Pour autant la Cour des Comptes pointe du doigt des améliorations à apporter dans la gestion de ce budget avec notamment le fait que les subventions aux associations prennent une part trop importante au détriment de prestations individuelles.