Trump, CPI, liste noire
International

Mercredi 2  septembre, Donald Trump a décidé d’inscrire la procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, et son directeur de la division de la complémentarité et de la coopération de la juridiction, Phasiko Mochochoko, sur la liste noire des États-Unis.

«  Tentatives illégitimes de la CPI de soumettre les Américains à sa juridiction  »

« Aujourd’hui nous passons de la parole aux actes, car la CPI continue malheureusement de viser des Américains », a déclaré mercredi le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo. « Tout individu ou entité qui continuera à assister matériellement ces individus s’expose également à des sanctions », a-t-il ajouté, plaçant de fait la cour parmi les ennemis jurés des USA, comme Cuba et l’Iran. « Nous ne tolérerons pas les tentatives illégitimes de la CPI de soumettre les Américains à sa juridiction », a conclu Mike Pompeo.

« Ces actes coercitifs, dirigés contre une institution judiciaire internationale et ses fonctionnaires, sont sans précédent et constituent de graves attaques contre la Cour, le système de justice pénale internationale et l’État de droit en général », a aussitôt répondu la CPI. 

Soutien international à la CPI

Des Etats aux ONG, plusieurs acteurs internationaux ont manifesté leur soutien à la CPI. « Les mesures annoncées le 2  septembre représentent une attaque grave contre la Cour et les État parties au Statut de Rome et, au-delà, une remise en cause du multilatéralisme et de l’indépendance de la justice », a déclaré jeudi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. L’Union européenne « se tient aux côtés de la CPI », a ajouté un porte-parole de l’UE.

Ces mesures « constituent une perversion ahurissante des sanctions américaines, censées pénaliser ceux qui violent les droits humains et les kleptocrates, utilisées ici pour persécuter ceux qui sont chargés de juger les crimes internationaux », a fustigé l’ONG Human Rights Watch. « Les actes de la Maison Blanche risquent de dissuader les rescapés de violations des droits humains de réclamer justice », a également regretté Amnesty International.