livret A
Politique

Mercredi 15 janvier, le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé la baisse de la rémunération du livret A, qu’il a lui-même qualifié d’ « épargne préférée des Français ».

Inciter à investir

Le taux de rémunération du livret A passera de 0,75 % à 0,5 % à partir du 1er février, soit son plus bas niveau depuis sa création en 1818. Une réforme qui devrait concerner 55 millions de personnes, et les quelque 300 milliards d’euros qu’elles représentent. Le ministre a fait savoir que les Livrets de développement durable (LDD) sont également visés.

Maintenir ce taux aurait été « incohérent par rapport à notre politique de diversification des placements », s’est justifié Bruno Le Maire, jeudi 16 janvier. « Je veux dire aux ménages : diversifiez votre épargne ! ». Car c’est bien de cela qu’il s’agit, de baisser le rendement des comptes réglementés par l’État et gérés par les banques, pour pousser les Français vers des placements plus risqués sur les marchés financiers, comme les actions.

« Quand on met en perspective la baisse du taux du Livret A avec la réforme de la fiscalité du capital (mise en place du prélèvement forfaitaire unique et transformation de l’ISF en impôt sur les placements immobiliers), on voit bien la volonté du gouvernement de réorienter l’épargne vers des actifs financiers », explique Pierre Madec, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques.

Favoriser le logement social

Le ministre l’a dit, la baisse du Livret A devrait profiter aux « milliers de Français qui attendent un logement social ». En effet, 60 % de l’argent placé dans le Livret A étant géré par la Caisse des dépôts, qui supervise la construction des HLM, la baisse de son taux devrait faire économiser quelque 300 millions d’euros aux bailleurs sociaux.

Monsieur Le Maire simplifie cependant grandement les choses. « Pour les HLM, c’est une bonne nouvelle à court terme, rappelle Pierre Madec. Mais à long terme, si les Français arrêtent de placer dans le Livret A pour réinvestir ailleurs, cela va entraîner un manque à gagner pour le logement social. Il y a une incohérence dans le discours du ministre. »

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Bercy songe sérieusement à diminuer le taux du Livret A et récupérerait ainsi quelques 650 millions d’euros.

François Hollande avait annoncé qu’il ferait la guerre à la finance, il est en train de faire la guerre aux finances de bon nombre de petits épargnants. Car le ministère de l’économie estime que le taux d’intérêts de 0,75% du Livret A est bien trop élevé. Et oui car selon Bercy, la rémunération du Livet A doit être indexée sur le niveau de l’inflation, qui serait de l’ordre de 0,4%. Bercy se base ainsi sur un savant calcul de l’INSEE qui a tout de même oublié de prendre en compte la place du logement dans l’évolution des prix, qui prend pourtant à la gorge de plus en plus de Français.

Bercy estime que les 0,35% de différence entre le niveau de l’inflation et l’actuel niveau du taux d’intérêts du Livret A est beaucoup trop élevé, et qu’il est donc grand temps de s’attaquer aux petits épargnants. On appréciera en parallèle le cadeau fiscal de 20 milliards d’euros accordé aux patronat au titre du CICE.

Bien entendu, tout cela n’en est encore qu’aux stades des rumeurs, car aucune déclaration officielle n’a encore été faite sur le sujet. Le gouvernement travaille ainsi en douceur, préférant que les Français se fassent doucement à l’idée que le faible niveau de rémunération de l’épargne populaire sera encore plus faible d’ici quelques mois. Les petits épargnants, les jeunes couples, les retraités sont ainsi directement visés par un rognage de leurs revenus déjà maigres.