Macron Trump
International

Alors qu’Emmanuel Macron promettait en 2017 de s’émanciper de toute ingérence extérieure, il semblerait que le président français ait finalement décidé, comme nombre de ses prédécesseurs, d’emboîter le pas des Etats-Unis, au détriment de la crédibilité de la diplomatie française.

« Avec moi, ce sera la fin d’une forme de néoconservatisme importée en France depuis dix ans, assurait-il à son arrivée à l’Elysée en 2017. La démocratie ne se fait pas depuis l’extérieur à l’insu des peuples. La France n’a pas participé à la guerre en Irak et elle a eu raison. Et elle a eu tort de faire la guerre de cette manière en Libye ».

« Entière solidarité »

Depuis 2017 et le regain des tensions entre les Etat-Unis et l’Iran, Emmanuel Macron, qui se pose pourtant en négociateur impartial, a toujours décidé de prendre le parti de Washington.

En 2018 déjà, quand les États-Unis annonçaient vouloir « déchirer » l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA), le président français prétendait pouvoir sauver le texte en faisant revenir monsieur Trump à la table des négociations. Au lieu de cela, il a aidé à enterrer l’accord, en proposant que soit rédigé un nouveau texte « plus large ». Drôle de manière donc de « ne pas sortir de l’accord ».

Plus récemment, alors que les États-Unis prenaient le risque, sans consulter leurs alliés, de déclencher un conflit ouvert en assassinant le général iranien Ghassem Soleimani, Emmanuel Macron a assuré Donald Trump de son « entière solidarité ». Dans le même temps, le président français appelait Téhéran à « la retenue ».

Isoler l’Iran

Emmanuel Macron n’a donc pas hésité à sacrifier l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, au motif qu’il n’incluait ni la question de la limitation de l’influence régionale de l’Iran, ni celle de son programme balistique, « le plus diversifié et le plus avancé du Moyen-Orient », selon le quai d’Orsay.

Le président français reconnaît également partager le diagnostique de Donald Trump, selon qui les forces iraniennes en Syrie ont « de moins en moins à voir avec les rebelles syriens et de plus en plus à voir avec Israël ».

Europacity
EconomiePolitique

Qui se souvient que l’annonce de la candidature d’Emmanuel Macron en 2016 avait eu lieu à Bobigny, en Seine Saint-Denis ? Un symbole qui paraît aujourd’hui bien loin, alors que le candidat, devenu depuis Président de la République, ne cesse de droitiser son discours. Une surenchère dans les mots couplée à un véritable abandon des quartiers populaires sous son quinquennat.

Le gouvernement essaie-t-il d’acheter la paix sociale dans les banlieues alors qu’il continue à leur tourner le dos ? Afin de combattre « les difficultés hors norme » de la Seine–Saint-Denis, le Premier ministre Édouard Philippe a présenté, jeudi 31 octobre, une batterie de 23 mesures. Élément phare, le gouvernement veut notamment s’attaquer à l’important turn-over des agents de la fonction publique d’État en octroyant une prime « de fidélisation » de 10 000 euros aux fonctionnaires demeurant au moins cinq ans en poste dans le département.

Une mesure symbolique, qui masque mal une réalité simple : le 93, c’est 30 % de taux de chômage, un habitant sur trois qui vit sous le seuil de pauvreté. Et parallèlement, le même département accueille les sièges sociaux de nombreux géants du CAC 40 comme Veolia, Vinci, BNP Paribas, SFR… Sans compter l’aéroport de Roissy-CDG. C’est ce décalage qui rend la situation sociale explosive dans le département et qui rappelle crûment à quel point la question de la redistribution des richesses est essentielle.

À ce titre, le département de la Seine Saint-Denis est révélateur de l’impuissance du politique : cette dernière décennie, pas moins de 2 700 politiciens, législateurs, hauts fonctionnaires ou ministres s’y sont rendus défendre telle ou telle mesure. Pour quel résultat ?

La banlieue, c’est quoi ?

Ce que les médias et les responsables politiques nomment « la banlieue », c’est 1500 quartiers prioritaires en France, où vivent 4,8 millions de Français, soit 7 % de la population. De plus, 76 % des habitants de ces quartiers vivent dans un logement social et 40 % vivent dans la pauvreté contre 16 % de l’ensemble de la population. La banlieue, c’est donc un territoire géographique, mais aussi un territoire social : c’est l’accumulation de difficultés économiques en périphérie des grandes métropoles qui fait d’un quartier « une banlieue ». Enfin, c’est aussi un territoire mental, solidement ancré dans les représentations collectives : selon un sondage Odoxa, deux Français sur trois pensent que la plupart des jeunes de banlieue « se comportent mal ». Un avis partagé par la moitié des habitants des mêmes quartiers !

Cependant, les mesures promises il y a quelques semaines par le gouvernement pour venir en aide à ces territoires s’apparentent à une forme de « cache-sexe » : dans les discours et les actes, c’est plutôt une politique d’abandon, voire un véritable rapport de force, qui semble avoir la préférence des autorités. La récente polémique sur le voile et les propos du ministre Jean-Michel Blanquer ont creusé le divorce entre le gouvernement et les quartiers populaires.

En 2017, ces derniers représentaient un vivier de voix pour un candidat « social-démocrate » qui reprenait en partie les mots de la gauche. Aujourd’hui, avec 2022 à l’horizon, les banlieues représentent surtout un sujet de débats et de polémiques utiles pour resserrer l’électorat bourgeois urbain autour de son Président, tout en siphonnant quelques voix aux Rassemblement National, l’adversaire annoncé au second tour.

Un abandon symbolisé par la cascade de départs au Conseil présidentiel des villes. Conçu à l’origine comme une « courroie de transmission » entre l’Élysée et la société civile des quartiers, l’organisme a vu ces dernières semaines plusieurs de ses membres emblématiques claquer la porte. La polémique autour du voile dans les sorties scolaires et la position du ministre de l’Éducation Nationale ont été à ce titre un véritable point de rupture : « je démissionne, car je ne puis siéger dans une institution qui voit les humiliations que subissent les habitants des quartiers non pas pour l’endroit d’où ils viennent, mais bien pour ce qu’ils sont tout simplement » a déclaré l’humoriste Yassine Belattar dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron. « Que ce gouvernement laisse s’installer des débats qui n’ont pas lieu d’être m’a profondément choqué » a déclaré pour sa part Mohammed Mechmache, figure associative des quartiers populaires depuis les révoltes urbaines de 2005.

« La promesse initiale était que nous aurions la possibilité de rencontrer le président en séance plénière trois ou quatre fois dans l’année », explique un autre membre du CPV, Majid El Jarroudi à la tête de l’ADIVE, l’Association pour la diversité entrepreneuriale. « Or nous ne l’avons plus vu depuis le lancement du CPV. Nous n’avons donc pas pu jouer le rôle d’alerte que nous aurions dû jouer. Les premiers touchés par tous ces débats inutiles sont les habitants des quartiers prioritaires ».

EuropaCity : se faire « une virginité écolo sur le dos de la banlieue » ?

L’entretien accordé à Valeurs Actuelles au mois d’octobre ne laisse d’ailleurs aucun doute : pour 2022, le gouvernement a mis le cap à droite toute. Un revirement pour lequel les banlieues ont été jetées par-dessus bord.

Sur la question du voile, la banlieue sert d’épouvantail électoral. En économie, elle alimente le discours néolibéral sur « l’assistanat » qui « coûte un pognon de dingue ». Et sur l’écologie elle permet, à moindres frais, de verdir un mandat pour l’instant guère encourageant pour la protection de l’environnement.

Évidemment, EuropaCity c’était à l’origine l’expression d’un capitalisme marchand débridé complètement dépassé. Mais, sous la pression de l’État et surtout des différents collectifs mobilisés, le groupe Ceetrus (filiale d’Auchan) avait été contraint de revoir à plusieurs reprises sa copie : abandon de la piste de ski d’intérieur, division par trois de la surface commerciale, compensation de l’artificialisation des 80 hectares en création de parcs en Île-de-France, plantation de 4 000 arbres sur le site, objectif zéro carbone… Le rapport de force, en faveur des écologistes, avait forcé le groupe Auchan et Europacity à transformer positivement le projet.

Mais au lieu de continuer à accroître la pression pour forcer les acteurs économiques à rehausser leurs objectifs environnementaux, le gouvernement a préféré totalement abandonner EuropaCity. Et du même coup, abandonner les 10 000 emplois attendus dans tout le Val-d’Oise et la Seine–Saint-Denis. Une bonne nouvelle ?

Cela dépend pour qui. Pour les habitants de Gonesse et de Roissy, certainement pas. Pour les candidats LREM aux municipales qui devront aller chercher les voix des électeurs d’Europe Écologie les Verts, probablement. « La déception est immense, on sent un mépris du gouvernement par rapport à la banlieue, on a l’impression que le président nous marche dessus juste pour dire qu’il fait de l’écologie. L’est du Val-d’Oise, c’est le parent pauvre de l’Île-de-France. On n’a rien, pas de transports, pas de métro, on est abandonnés », a réagi Kamel Slimani, membre du Collectif des vrais gens, créé par les habitants du département qui avaient placé leurs espoirs dans EuropaCity. Même son de cloche du côté d’Ali Soumaré, conseiller socialiste de Villiers-le-Bel, pour qui « on se fait une virginité écolo sur le dos de la banlieue. Tout le monde sait que ce n’est pas EuropaCity qui va siphonner la planète, on parle de terres archi-polluées, entre des autoroutes et des aéroports. Cette décision, c’est une belle hypocrisie », peste-t-il.

Un élément supplémentaire dans le divorce entre le pouvoir et les banlieues.

Macron, Réunion
Politique

Le chef de l’État, en visite à la réunion de mercredi à vendredi, a reçu un accueil bien moins chaleureux que lors de sa dernière visite, en 2017, alors qu’il était candidat à la présidentielle. 

« Le quartier de la préfecture ( Saint-Denis de la Réunion ) sera bouclé durant tout le séjour, et chaque apparition publique du chef de l’État se fera sous haute surveillance, au cœur d’un périmètre où seules les personnes accréditées seront autorisées à pénétrer », peut-on lire dans Témoignages, le journal en ligne du Parti communiste réunionnais (PCR).

« Ce gouvernement n’aime pas La Réunion  » 

« Ce gouvernement n’aime pas La Réunion et tire notre région vers le bas, assure la députée GDR Huguette Bello.  Ce jeudi, je manifesterai dans la rue avec les miens. Des coups répétés sont portés à l’emploi, aux services publics, à l’agriculture, au logement ; le BTP est en panne. Ce gouvernement dépouille La Réunion du peu qu’elle a, les avancées que les Réunionnais ont obtenues par la lutte sont réduites à néant. » 

Il est vrai qu’en dépit des promesses gouvernementales, la vie reste bien plus chère à la Réunion qu’en métropole. Les prix y sont 7  % plus élevés alors que les revenus sont inférieurs de 30  %, et le chômage y atteint des taux astronomiques  : 42  % de jeunes et 24  % pour de la population globale.

Selon l’eurodéputé FI Younous Omarjee, « les gens n’y croient plus car ils se rendent compte que, après chaque visite ministérielle, la situation ne change pas ou se détériore. Cela créé une rupture de confiance et le pacte républicain s’en trouve fragilisé ».

« Accueillir “dignement” Macron » 

« Comme l’a rappelé dimanche le PCR, ce séjour (du président) a lieu dans un pays où la situation sociale est qualifiée de “hors normes” », rappelle Témoignages.

Les syndicats se préparent donc à « accueillir “dignement” Macron » pour qu’il réalise qu’« il est impossible de continuer à vivre dans un tel contexte de pauvreté et d’inégalités croissantes », ajoute Ivan Hoarau, de la CGTR. 

Macron, Mayotte, immigration
Politique

Mardi 22 octobre, Emmanuel Macron s’est rendu à Mayotte pour soutenir son plan de développement à trois branches : la santé, la sécurité et l’immigration. Toutefois, contexte actuel oblige, le président a surtout parlé de la dernière.

«  Plan Shikhandra  »

A Mayotte, le droit du sol a récemment été «  aménagé  » pour lutter contre l’immigration clandestine venue principalement des Comores (dont Mayotte fait géographiquement partie). En effet, il faut désormais justifier de trois mois de résidence à Mayotte pour pouvoir se prévaloir de ce droit, une condition qui constitue une flagrante entorse au droit constitutionnel.

Pour accompagner cet aménagement, la ministre des Outremers, Annick Girardin, a présenté, en août dernier, un nouveau plan«  civilo-militaire  » baptisé «  Shikandra  », «  dont l’objectif est de porter le nombre d’expulsions jusqu’à 25 000 pour 2019  ». Un nom maladroitement choisi, en référence à un gros poisson local, le Shikandra, qui ne devient agressif qu’en cas d’attaque. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’exécutif opte pour un humour douteux à Mayotte. Le 3 juin 2017, Emmanuel Macron avait en effet déclaré que les kwassa-kwassa, les bateaux de pêche mahorais, servaient surtout à «  ramener du Comorien  ». 

Et le 7 octobre dernier, la députée LREM de Mayotte, Ramlati Ali, a même osé adapter un slogan bien connu et fortement connoté  : «  Rendre Mayotte aux Mahorais  ».

Enveloppe de 1,6 milliard d’euros

Outre l’immigration, le président va également aborder des questions de développement et de services publics, en mettant bien sûr l’accent sur le sécuritaire. Pour soutenir ce plan, une enveloppe de 1,6 milliard d’euros a été débloquée, qui seront notamment utilisés pour réduire le taux de chômage qui culmine à 35%, ainsi que celui d’illettrés qui dépasse 40% pour les 16-64 ans. Ces fonds iront également aux infrastructures scolaires, aux routes, aux transports, au logement, ou encore à la santé.

Macron, AME, migrants
IdéesPolitique

N’y aurait-il pas « un peu d’excès ? », s’interrogeait le chef de l’Etat, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, au sujet de l’aide médicale d’Etat versée aux sans-papiers.

Huit fois moins que l’Allemagne

« La France ne peut pas accueillir tout le monde si elle veut accueillir bien », prétendait Emmanuel Macron dans un entretien accordé à Europe 1. Il « ne faut pas faire croire aux gens qu’on serait aujourd’hui débordés par ce phénomène-là », admet le président, rappelant toutefois que l’on assiste aujourd’hui à « un accroissement des migrations : on a eu les grandes migrations liées à la crise syrienne en 2015, on a aujourd’hui de plus en plus de migrations qui viennent d’Afrique, et nous allons de plus en plus vivre avec les migrations ».

Or, personne ne demande à la France d’ « accueillir tout le monde », rétorque Ian Brossat, porte-parole du PCF, qui rappelle que « la France a accueilli huit fois moins de demandeurs d’asile que l’Allemagne au cours des cinq dernières années. Huit fois moins  ! ».

Jeu de l’extrême droite

En effet, c’est à croire que le chef de l’Etat, sur ce dossier du moins, s’est concerté avec l’extrême droite. Le gouvernement a d’ailleurs programmé le débat sur l’immigration le 30 septembre, pour détourner l’attention de l’autre grand sujet sensible, les retraites, deux questions particulièrement chères à l’électorat de Marine Le Pen.

« Pour continuer à accueillir tout le monde dignement on ne doit pas être un pays trop attractif », affirme monsieur Macron. Et quoi de mieux pour ne pas être attractif que de ne plus soigner les demandeurs d’asile ? Eh bien rien, il n’y a rien de mieux. Voilà pourquoi le président français s’en prend désormais à l’aide médicale d’État, à l’instar de ce que font le Rassemblement national et les Républicains depuis des années.

Le chef de l’Etat ne va pas jusqu’à demander la suppression de l’AME, idée qu’il trouve « ridicule », mais il se demande tout de même si le « panier de soins correspond à tout ce qui est nécessaire », et « s’il n’y a pas parfois, un peu, des excès ».

Macron, environnement
Coup de coeurIdéesPolitique

Lundi 16 septembre, le juge unique de la 7ème chambre correctionnelle du tribunal de Lyon, Marc-Emmanuel Gounot, a relaxé deux personnes ayant décroché la photo officielle du président de la République. Le juge a motivé sa décision par le principe de «  l’état de nécessité  », une notion juridique rarissime et trop souvent oubliée.

Nécessité … de protéger l’environnement 

Le vol a été commis le 21  février, dans la mairie du 2e  arrondissement de Lyon, par Fanny Delahalle, 35  ans, et Pierre Goinvic, 33  ans, tous deux membres du collectif Action non violente COP 21. Les deux militants, accompagnés d’une dizaine de leurs amis, s’étaient introduits dans la salle des mariages pour en décrocher le tableau. La jeune femme avait ensuite posé sur les marches de la mairie avec son butin, une mise en scène qui démontre bien le caractère purement contestataire et médiatique de son action.

Le juge Gounot a interprété ce geste comme une tentative désespérée d’avoir l’oreille du président de la République pour le sensibiliser à la question de l’environnement, un parallèle qui lui a permis de se prévaloir de «  l’état de nécessité  ». Car ce principe n’avait jusqu’à maintenant été utilisé qu’une seule fois, au  XIXe  siècle, pour innocenter une mère ayant volé du pain pour son enfant affamé. Monsieur Gounot a donc décidé de transposer la notion de «  motif légitime  », de l’enfant mourant de faim à la planète asphyxiée, des cas très différents, mais dont le principal point commun reste l’urgence. 

«  Cette décision reconnaît des années de militantisme  », et de protestation contre «  le vide de la politique gouvernementale  », a déclaré Fanny Delahalle en sortant de la salle d’audience. 

«  Trouble à l’ordre public très modéré  »

«  Face au défaut de respect par l’Etat d’objectifs pouvant être perçus comme minimaux dans un domaine vital, le mode d’expression des citoyens en pays démocratiques ne peut se  réduire aux suffrages exprimés lors des échéances électorales mais doit inventer d’autres formes de participation dans le cadre d’un devoir de vigilance critique  », a écrit le juge Gounot dans son jugement, assurant que le décrochage de la photo n’avait généré qu’«  un trouble à l’ordre public très modéré  ».

Le magistrat s’est même autorisé à clore son jugement sur le ton de l’humour :  «  L’absence de constitution de partie civile de la commune de Lyon jetant par ailleurs un doute sur sa volonté de récupérer son bien, aucune sanction ne doit être prononcée du fait d’une privation de jouissance d’un objet par ailleurs de valeur de remplacement négligeable.  »

Macron, Gilets jaunes,
Politique

Il devait en faire l’annonce avant d’être freiné dans son élan par l’incendie de Notre-Dame. Voici les mesures qu’Emmanuel Macron va apporter aux revendications des Gilets jaunes.

Demande phare des Gilets jaunes, le RIC faisait a priori partie des annonces. Avec un grand bémol toutefois puisque ces scrutins seraient uniquement organisés à l’échelon local, pour des sujets d’intérêts locaux. Pas de quoi satisfaire les Gilets jaunes qui réclament ce mécanisme depuis quasiment le début du mouvement.

Aussi,  la diminution du nombre de parlementaires et l’introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives faisaient partie des annonces.

Pour ce qui est du pouvoir d’achat, la baisse de l’impôt sur le revenu de même que la mise en place d’un moratoire sur la hausse des impôts étaient également à l’ordre du jour. Le financement de la baisse de l’IR serait financé par la suppression de certaines niches fiscales de même que par la réduction de la dépense publique. Mais qui dit réduction de la dépense publique dit diminution des services publics et augmentation des dépenses des citoyens.

La demande de justice fiscale n’a semble-t-il pas du tout été entendue puisque le président ne compte pas du tout remettre en cause l’IFI et réintroduire l’ISF, cela risquerait de froisser bien de ses amis.

Autre point : la prime exceptionnelle versée en fin d’année dernière aux employés des entreprises pourrait être gravée dans le marbre et être reconduite chaque année.

Enfin, l’épineuse question du niveau des pensions de retraite est toujours très attendue. Il serait question d’indexer celles de moins de 2 000 euros sur le niveau de l’inflation.

Macron, permis de conduire, jeunes , LOM
Politique

Emmanuel Macron a annoncé vouloir faire baisser drastiquement le coût du permis de conduire. Une proposition qui s’inscrit dans le projet de Loi d’orientation et des mobilités.

Emmanuel Macron a profité de son itinérance mémorielle à la veille du centenaire du 11 novembre pour tenter d’arrondir les angles de sa politique, tandis que la grogne populaire sourd aux quatre coins de la France.

Le président a annoncé vouloir faire baisser de manière « drastique » le coût du permis de conduire, représentant un frein à l’insertion dans la vie professionnelle pour la plupart des jeunes. Emmanuel Macron expliquait ainsi à la presse : «Dans les territoires qui sont le plus en difficulté, où il y a moins de transports en commun, où souvent il faut sa propre voiture pour se déplacer, surtout quand on a obtenu un travail, on ne peut pas avoir l’obtention du permis qui dure des mois et des mois, qui coûte 1500 ou 1800 euros».

L’objectif annoncé est d’accompagner les jeunes, et « en particulier les jeunes qui entrent dans l’emploi ». Comment compte-t-il s’y prendre ? « En le finançant », sans pour autant avancer quelque chiffre.

Dans la même veine, le président a fait savoir qu’une aide à l’achat du premier véhicule serait mise en place, sans qu’aucun mécanisme de financement ne soit détaillé.

Cette double annonce s’inscrit dans la LOM : Loi d’orientation des mobilités, dont la présentation est attendue pour la fin de l’année 2018. Les professionnels du secteur se sont montrés pour le moins méfiants, qualifiant la proposition de « mauvaise idée » voire de « déclaration de guerre ».

Plan Pauvreté, Macron, France
Politique

Emmanuel Macron a officialisé la mise en place du Plan Pauvreté lors d’une présentation en grandes pompes au Musée de l’Homme. Cinq grandes mesures y figurent.

Se défendant d’être pour les « premiers de cordées », le président a dévoilé les grandes lignes du Plan Pauvreté soutenu par un budget total de 8 milliards d’euros.

Le revenu universel d’activité sera créé par une loi en 2020, réformant ainsi grandement les minima sociaux en fusionnant « le plus grand nombre possible de prestations sociales » telles que le RSA et les APL . Des « droits et des devoirs » y seront associés, de même qu’un « contrat d’engagement » sera conclu avec chaque bénéficiaire. Une recherche active d’emploi conditionnerait alors le revenu universel d’activité.

Afin de lutter contre la pauvreté le plus tôt possible, l’obligation de formation sera étendue jusqu’à l’âge de 18 ans, pour que le plus grand nombre puisse avoir accès au marché du travail. Le gouvernement considérant que “le retour au travail est le meilleur outil de lutte contre la pauvreté”. En parallèle, des moyens supplémentaires seront octroyés aux missions locales afin qu’elles identifient les personnes en voie de décrocher pour leur proposer des formations professionnelles.

En ce qui concerne la petite enfance, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place de repas à 1 euros dans les cantines scolaires au sein d’écoles qualifiées de prioritaires. Aussi, des places en crèches seront subventionnées dans les communes les plus pauvres.

Suite à ces annonces, les réactions dans la classe politique vont bon train, certains élus estimant que ce plan n’aura qu’un impact des plus limités tandis que d’autres redoutent un renforcement de la charge fiscale sur les ménages comme sur les entreprises.

Plan Pauvreté, Macron, France
Politique

Annoncé pour juillet dernier puis repoussé à cette rentrée, le Plan Pauvreté va être dévoilé par l’exécutif.

Ce sera Emmanuel Macron en personne qui dévoilera les grandes lignes du Plan Pauvreté. Histoire de marquer le coup, la “stratégie” de lutte contre la pauvreté en France sera présentée au Musée de l’Homme à Paris. Et en préambule, le président a passé plusieurs heures au sein d’un centre d’ATD Quart Monde, afin de démontrer son attachement aux personnes les plus touchées par la pauvreté. Une introduction censée prouver que le “président des riches” est aussi celui des pauvres. S’en suivra dans la foulée la présentation de la réforme du système de santé, comportant un important volet destiné aux personnes les plus vulnérables.

Avec ces deux moments forts, Macron tentera de reprendre la main sur une rentrée bien agitée et d’apaiser comme il le peut les tensions sociales. Les acteurs du secteur dénoncent depuis plusieurs mois une situation alarmante alors que 14% des Français vivent en-dessous du seuil de pauvreté, défini à 1 026 euros par mois. Parmi ces 9 millions de personnes, 5 millions ne disposent que de 855 euros par mois en moyenne pour vivre.

Pour le président “Le cœur même d’une politique sociale n’est pas d’aider les gens à vivre mieux la condition dans laquelle ils sont nés et destinés à rester mais d’en sortir”.

La stratégie du Plan Pauvreté sera ainsi de nature à prévenir la pauvreté dès les plus jeune âge et l’accompagnement vers l’emploi selon l’exécutif.