Politique

Une grande campagne nationale est lancée par la fondation Abbé Pierre pour lutter contre le mal logement en France.

Baptisée #onattendquoi, la campagne de la fondation Abbé Pierre a été lancée mi septembre avec le soutien d’artistes et de personnalités publiques telles que Jammel Debbouze ou encore l’intellectuel Marek Halter. Le but ? sensibiliser les Français sur les 3,8 millions de leurs concitoyens mal-logés ou sans domicile ainsi que sur les 12 millions de personnes concernées à différents niveaux par la crise du logement : loyers trop élevés, offre de logements trop réduite, conditions de financement trop sévères, grande difficulté à l’accès au logement (caution solidaire, revenus demandés trop important pour obtenir le logement…) .

2017 en ligne de mire

Désirant inscrire le sujet dans le débat public et faire émerger des idées et des initiatives, la fondation planche également sur le fait que la campagne des présidentielles 2017 reprendra cette thématique quelque soient les candidats. C’est en tout ce qu’espère Christophe Robert, le président de la fondation, qui organisera en janvier 2017 un débat sur la question en présence des principaux candidats à l’élection de mai prochain.

En attendant, un site web “plateforme” www.onattendquoi.fr permettra au plus grand nombre de prendre connaissance des bonnes initiatives menées à l’étranger pour lutter contre le mal-logement tout en permettant aux internautes de proposer leurs  idées pour sortir de cette crise. Parallèlement, la fondation expose jusqu’au 2 octobre sur les murs extérieurs de l’Hôtel de ville de Paris les portraits photos en grand format des “mal-logés” dans leur squat, dans leur voiture faisant office de logement ou dans leur taudis loués à des prix exorbitants.

Coup de gueuleEconomiePolitique

Un campement de tentes pour les sans-abri a fait son apparition sur les berges du Canal Sant-Martin à Paris ce lundi 9 juin. Par cette action,  le Collectif des associations unies pour une nouvelle politique de logement entend ici dénoncer la situation inacceptable des plus précaires en France et alerter le gouvernement sur les problèmes de mal-logement à l’heure ou la priorité est aux économies.

En effet, alors que la Loi de finances rectificative qui prévoit 50 milliards d’économies devrait être présentée cette semaine en conseil des ministres, les 34 associations du collectif s’opposent fermement à ce que ces mesures frappent les plus pauvres, les mal-logés et les sans domicile fixe. Ils dénoncent notamment le gel annoncé des allocations logement tandis que près de 4 millions de personnes en France souffrent encore du mal-logement.

Comme le rappelle Christophe Robert de la Fondation Abbé Pierre, “ces aides au logement qui touchent plus de six millions de ménage concernent les ménages les plus pauvres dans notre pays” et “même dans le contexte actuel de fragilité financière, les plus fragiles ne peuvent pas être la variable d’ajustement du gouvernement ».

De son côté, Louis Gallois, grand dirigeant d’entreprise et actuel président de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS) soutient ce mouvement . Il précise en effet que “les économies doivent se faire, mais pas sur le dos de ceux qui sont le plus en difficulté. Ceux-là, au contraire, devraient être protégés et ne pas subir une crise qu’ils subissent déjà avec des problèmes terribles de logement, d’emploi, etc”.

Dans le cadre de cette mobilisation, le président de la FNARS lance donc « un appel aux pouvoirs publics, aux parlementaires pour qu’ils tiennent compte de cette situation et que dans la politique gouvernementale, une priorité soit donnée à ceux qui sont les plus démunis, que l’on renforce le filet de sécurité qui doit leur permettre ensuite de rebondir”. Le mouvement demande également une loi programmation sur le logement social et sur le logement très social et devrait se poursuivre dans les semaines à venir dans différentes villes de France.

Crédits photo: Aleske

Coup de gueule

tente_pour_sdf_a_Paris_photo_aleske.jpg Le 18 juin 2012, Cécile Duflot commençait son mandat en tant que ministre de l’Egalité des territoires et du Logement. En décembre 2012, elle promettait monts et merveilles, notamment la réquisition de logements vacants pour les plus démunis en période hivernale. En ce décembre 2013, rien n’a changé. Et la loi Alur, autre grand chantier de la ministre, chapeaute l’échec global avec une certaine majesté : les locataires finissent perdants et les syndics, plus ou moins contraints à plus de transparence, ne vont pas tous se plier aux nouvelles règles.

Le cabinet Immo G consulting a publié une étude en novembre dont les conclusions font frémir les plus démunis en Ile-de-France. 300 000 logements manquent pour équilibrer le marché, mais la région compte 7 millions de mètres carrés de bureaux vides, mobilisables immédiatement. Un paradoxe rageant quand on s’intéresse aux chiffres du mal-logement en France.

Plus de 3 Français sur 4 estiment qu’il est désormais difficile de se loger ; en Ile-de-France ce sont plus de 9 Franciliens sur 10 qui partagent cette opinion. Une estimation étayée par des chiffres alarmants : dans 37 % des cas les demandes d’hébergement des sans-abri ne sont pas satisfaites à Paris dévoile le dernier baromètre du 115, le numéro d’urgence du SAMU social de Paris. Et le nombre de demandes ne cesse d’augmenter en particulier de la part de personnes seules.

Dossier du mal-logement : toujours sous la pile

Le Gouvernement s’est engagé à prendre des mesures pour remédier à une situation que l’on peut bien qualifier d’intolérable. L’année dernière, le 8 décembre 2012, Cécile Duflot promettait qu’elle allait procéder à la réquisition de logements vacants pour loger les plus démunis en période de grand froid. La ministre avait même promis des réquisitions « dans les jours qui viennent. »

Un an plus tard, aucun bâtiment réquisitionné. Des procédures sont en cours en Ile-de-France dixit le ministère. Les 390 personnes « sans chez soi » dénombrées par le collectif « Les morts dans la rue » en 2012, sûrement plus nombreux en 2013, apprécieront. Pour justifier cet échec patent, le cabinet de Cécile Duflot n’a pas peur d’utiliser des arguments de poids : « L’objectif n’a jamais été la réquisition pour la réquisition. Le but, c’est que les propriétaires remettent sur le marché, le plus rapidement possible, un maximum de logements. » Plutôt léger comme explication.

Les locataires : les grands perdants des remaniements de la loi

La ministre aurait pu se rattraper avec la loi Alur qui prévoyait quelques garanties pour les locataires. Mais là encore, le texte initial a subi quelques accrocs. Lutte Ouvrière ne cache pas sa déception devant la dernière mouture du projet qui « va surtout permettre aux propriétaires de continuer à percevoir les loyers, en laissant à l’État le soin de faire payer les locataires défaillants ».

La nouvelle version du texte donne notamment la possibilité pour les propriétaires de choisir entre la GUL, induisant la prise en charge sociale du locataire en cas d’impayé, et un dispositif de caution. Pour le CNL, il est clair que les propriétaires « continueront d’utiliser le mécanisme de la caution et la GUL ne répondra pas à son objectif initial, favoriser l’accès au logement pour tous ».

Des syndics plus réglementés ?

Si l’on devait résumer, ce texte avantage finalement tout le monde sauf les locataires. Certains syndics eux aussi, a qui l’UFC-Que Choisir a reproché des pratiques de tarification abusives sur le dos des copropriétaires, se voient épargnés dans une certaine mesure. Le compte séparé sera la règle, excepté pour les copropriétés de moins de 15 lots principaux (hors caves et parkings). Or, c’est à la seule condition d’un compte séparé que les copropriétaires peuvent avoir une véritable visibilité sur leur trésorerie. Les plus éthiques ont décidé d’inclure l’ouverture d’un compte séparé dans leurs offres d’options à la carte.

Bravo madame Duflot, jamais ministre n’aura aussi mal porté son titre. Vous avez réussi à prouver en un an seulement que vous étiez bel et bien la ministre de l’Inégalité des territoires et du Logement.

Politique

À partir du vendredi 11 mars, la Fondation vous propose de découvrir un web documentaire unique sur le mal-logement, réalisé par Samuel Bollendorff et Mehdi Ahoudig.

15 portraits exclusifs, 12 situations qui reprennent les grandes thématiques du mal-logement, des chiffres officiels…

Au total, les réalisateurs Samuel Bollendorff et Mehdi Ahoudig ont travaillé pendant plus de 9 mois à la réalisation de ce premier web documentaire sur le mal-logement, financé par la Fondation et réalisé avec l’agence Textuel La Mine.

“Ce qu’il y a de fort, ce sont les témoignages. Ce qui m’anime toujours dans mon travail, c’est d’incarner les problématiques sociales qui existent. Aujourd’hui, j’ai la nette impression que les gens sont pris au piège. Ils n’ont aucune perspective. Trouver un logement digne pour les personnes que nous avons rencontrées est devenu si difficile … on fabrique de la désillusion, c’est très dangereux pour l’avenir de notre société”. Samuel Bollendorff.

Directement accessible à tous, “À l’abri de rien” dénonce les conditions de vie indignes dont près de 4 millions de personnes sont victimes.

source article : http://fondation-abbe-pierre.fr

Pour le consulter c’est ici : http://www.a-l-abri-de-rien.com/#/intro