Politique

Après ma guerre qui fait rage depuis des années au Yémen, des milliers de vies fauchées par des balles ou des explosions, un autre fléau menace le pays, et ce sont les enfants qui vont être le plus touchés. En effet, selon l’ONU et le PAM qui dépend de cette dernière, la famine menace maintenant une grande majorité de ceux qui survivent aux attaques.

Plus de 500 000 enfants souffriraient de malnutrition aiguë au Yémen qui est encore aujourd’hui ravagé par la guerre. C’est un chiffre alarmant qui  a été sorti par le PAM ce mercredi, l’organisation a appelé les belligérants du pays à laisser les humanitaires accomplir leurs missions pour aider ces nécessiteux et ainsi qu’aux donateurs pour qu’ils soient plus généreux. Avec ce chiffre, l’Unicef ajoute également que huit enfants trouvent la mort ou sont grièvement blessés dans le pays quotidiennement.

La PAM ou Programme Alimentaire Mondial estime ainsi que sur les 25 millions de Yémenites, les 13 millions sont sous la menace de la famine, dont les 500 000 enfants qui souffrent déjà de malnutrition. La PAM lance ainsi un appel au don urgent pour leur venir en aide. Cela servira au programme de livraison de nourriture qui a été prévue pour le mois prochain. 320 millions de dollars seront nécessaires pour mener le projet au mieux.

Crédit photo: Flickr

Coup de gueule

À l’origine du projet, Assa Kayentoo formatrice en nutrition de 46 ans faisant partie de l’Institut de Koulikoro au Mali. Cette femme dynamique de 46 ans travaille pour l’ONG Malienne Amassa à Koutiala dans le Sud du pays. Son objectif est d’expliquer les concepts de base de la nutrition et des impacts qu’ils ont sur la santé des femmes et celle de leurs enfants. Ce projet résulte d’un problème de santé public puisque dans le pays plus de 28% des moins de cinq ans ont un retard de croissance lié à la malnutrition.

Assa Kayentoo apporte avant tout une aide pédagogique et éducative à ces mères de famille. Cette aide passe par une explication visuelle des concepts abordés puisqu’au Mali une femme sur quatre seulement sait lire.

Pour mettre en œuvre les concepts étudiés pendant la session de formation nutritionnelle orale et visuelle, celle-ci est suivie par un cours de cuisine collectif.

 

Les menus préparés sont pensés pour faire face au problème d’anémie qui est particulièrement sévère dans cette région du Sahel. De plus, la déficience en fer est une cause majeure affectant la santé de l’enfant et retard de croissance.

Assa souhaite également améliorer les conditions de vie de ce public féminin attentif. Ces conseils portent aussi sur le domaine de la santé. Les femmes participantes ont plus de chances de pratiquer l’allaitement exclusif qui passe de 20 à 89% et l’augmentation des consultations prénatales est un autre impact positif de ce programme de prévention de la malnutrition.

Les résultats de ce programme sont satisfaisants selon le Dr Kolechaka, médecin chef du centre communautaire de santé où Aminata exerce ses cours.

En effet, il n’a recensé que 67 cas de malnutrition sévère ou modérée, soit un pour cent des 6.145 enfants âgés de 0 à 5 ans de  N’golobougou et des hameaux voisins.

D’ici peu, Assa Kayentoo donnera des cours culinaires dans les villages voisins sur la demande des habitantes de ces petits hameaux reculés.

Coup de gueulePolitique

Selon un rapport publié ce mardi 16 septembre 2014 par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM), plus d’une personne sur 9 souffriraient encore de la faim actuellement dans le monde, soit plus de 805 millions de personnes.

Ce chiffre a diminué de plus de 100 millions au cours des dix dernières années et de plus de 200 millions depuis 1990, et l’insécurité alimentaire dans le monde devrait continuer à diminuer selon ce rapport à condition que les efforts appropriés soient intensifiés dans l’immédiat. A ce jour, 63 pays en développement ont atteint l’Objectif du millénaire pour le développement (OMD) à savoir, réduire de moitié la proportion de personnes sous-alimentées d’ici 2015.

« C’est la preuve que nous pouvons remporter la guerre contre la faim et cela devrait inciter les pays à aller de l’avant avec l’aide de la communauté internationale, selon les besoins« , ont indiqué dans le rapport les chefs des trois agences, José Graziano da Silva, Kanayo Nwanze et Ertharin Cousin, soulignant qu’une réduction accélérée, substantielle et durable de la faim est possible à condition que les dirigeants du monde fassent preuve de l’engagement politique nécessaire.

Plusieurs régions et sous-régions restent toutefois encore largement sujettes à des problème de sous-aliementation. En Afrique subsaharienne par exemple, plus d’une personne sur quatre reste chroniquement sous-alimentée, alors que 526 millions de personnes souffrent de malnutrition en Asie, la région la plus peuplée du monde.

Crédits photo : UN