antivax
Société

Des centaines de milliers de personnes (240 000 selon le ministère de l’Intérieur) ont manifesté samedi pour protester contre le système du pass sanitaire, qu’ils assimilent à une vaccination forcée.

«  Rapport dominants-dominés  »

Parmi ces manifestants, Nina et Samuel, deux jeunes gilets jaunes souhaitant éclairer les masses. « Nous mettons un gilet pour pouvoir inscrire nos slogans, car nous voulons que le peuple ouvre les yeux », explique Samuel. « Je travaille dans la vente et s’ils décident de m’imposer le passeport sanitaire, je ne l’accepterai pas », ajoute Nina, qui n’hésitera pas à changer de travail si elle y est contrainte. 

Pour Maryse, agent de l’État, « il y a, dans le fait d’imposer à la population le vaccin et le passe sanitaire, un rapport dominants-dominés. Pour l’heure, mon employeur ne me le demande pas, mais je crains d’être obligée, au final, de m’y plier  ». «  Je pense qu’ils sont en train d’écouler coûte que coûte un stock de vaccins achetés en masse », accuse-t-elle.

Personnel de santé très présent

Les blouses blanches étaient également très bien représentées. Parmi elles, Nathalie, une infirmière ulcérée par les méthodes du gouvernement.  « On nous a demandé des sacrifices de dingues durant le premier confinement, on nous applaudissait à 20 heures, nous devions faire avec les moyens du bord et, aujourd’hui, pour nous remercier, on nous fait du chantage à la vaccination ? C’est indécent, pour ne pas dire dégueulasse. »

« Certains agents hospitaliers ont déjà démissionné dans notre département. Cette histoire de vaccination obligatoire, ça a été la goutte d’eau, abonde non loin de là Sylvie Berthuit, secrétaire départementale Santé et action sociale de la CGT. Heures supplémentaires non payées, efforts continus, manque de personnel, manque de matériel… Depuis une dizaine d’années, nous tirons la sonnette d’alarme, et là, le gouvernement laisse planer l’idée que les soignants seraient plus contaminants que les autres, alors même que nous avons quasiment tous été déjà malades du Covid. »  

Palestiniens, manifestations, Paris
International

Samedi 15 mai, de grandes manifestations ont été organisées en France et partout dans le monde en soutien aux Palestiniens. Des gens se sont également réunis à Nice et Paris, où les rassemblements avaient pourtant été interdits. 

«  On ne veut pas d’importation d’un conflit sur le sol français  »

Jeudi 13 mai, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a interdit la manifestation parisienne en soutien au peuple palestinien, en raison de son caractère soi-disant « antisémite » . «  J’ai demandé au Préfet de police d’interdire les manifestations de samedi en lien avec les récentes tensions au Proche-Orient  », a twitté le ministre. 

Même son de cloche à Nice, où des échauffourées étaient à redouter. « On ne veut pas qu’il y ait des scènes de violences, on ne veut pas d’importation d’un conflit sur le sol français, on ne veut pas de crise de haine dans les rues de la République française », s’était expliqué le porte-parole du gouvernement, le secrétaire d’Etat Gabriel Attal. 

Responsabilité de l’Etat

Partout à travers le monde, en France comme à l’étranger, les manifestations propalestiniennes se sont déroulées dans le calme. Mais hélas, parmi les quelques exceptions au calme figure Paris, où 4 200 policiers et gendarmes, ainsi que de nombreux engins de répression, avaient été mobilisés pour contenir la foule. Rien de mieux pour mettre le feu aux poudres … et cela n’a pas manqué. La tension entre manifestants et CRS est montée, et la foule a été violemment dispersée par les canons à eau.

C’est donc le gouvernement, par sa décision d’interdire le rassemblement, qui est à l’origine de ces violences. Une décision qui, d’ailleurs, « bafoue un droit constitutionnel », rappelle la députée communiste Elsa Faucillon.

manifestations, violences policières
Société

Le décompte des blessés du mouvement du 5 décembre est une fois encore si lourd, qu’il soulève à nouveau des questions quant aux méthodes employées par les forces de l’ordre pour gérer les incidents et affrontements avec les casseurs.

Journalistes touchés

Dès jeudi, une vidéo du reporter indépendant NnoMan, montrant deux policiers matraquant et frappant à coups de pied une personne à terre, a fait le buzz, et a entraîné depuis l’ouverture d’une enquête par le parquet de Paris.

Reporters en colère, un collectif de journalistes salariés et indépendants, a, pour sa part, fait état de 24 blessés dans ses rangs, à Paris mais aussi à Nantes, Lorient, et Bordeaux. « La plupart ont été touchés par des tirs de grenades ou de désencerclement », explique le collectif, qui condamne « fermement ces violences qui constituent des atteintes à la liberté d’informer, un droit fondamental dans toute démocratie ».

Un journaliste turc a également perdu près de 50 % de la vision après avoir été touché par une grenade lacrymogène, et le reporter indépendant Gaspard Glanz a été blessé aux jambes suite à l’explosion d’une grenade de désencerclement.

Jeunes pas épargnés

Outre les journalistes, des lycéens ont également été touchés. C’est le cas, par exemple, de Willem, qui défilait jeudi au côté de son frère « parce que la question des retraites, ça me concerne aussi  », et qui s’est retrouvé piégé entre des black blocks et les forces de l’ordre : « Les CRS ont essayé de les nasser. Les autres leur ont lancé des projectiles. Le temps que j’essaye de me mettre à l’abri, des grenades ont été lancées. L’une a explosé à trois mètres de moi. J’ai ressenti un choc à l’œil. Heureusement que j’avais la paupière fermée, sinon ça aurait été pire. »

Dimanche, Willem voyait toujours flou et était encore en proie à de fortes migraines. « Alors qu’un pompier me dégageait, j’ai entendu un policier dire à un collègue “il a pris cher le petit” et l’autre rigoler », a-t-il raconté ensuite.

InternationalPolitique

Le gouvernement Hong-kongais a annoncé le retrait de la loi prévoyant la possibilité d’extradition de ses citoyens vers la Chine

La chef de l’exécutif, Carrie Lam, a annoncée la nouvelle hier lors d’une adresse télévisée. Ce projet de loi avait provoqué l’indignation d’une grande partie des habitants de la ville. Depuis 14 semaines des manifestations quasi-quotidiennes avaient lieu dans le centre-ville. La détermination du gouvernement à ne pas céder et la violence de la police a par ailleurs radicalisé une partie des manifestants.

En effet les manifestants ne semblent désormais plus seulement manifester contre ce projet de loi. Pour bon nombre de personne il s’agit d’un mouvement pro-démocratie plus large qu’à l’origine. Il se pourrait que cette annonce arrive trop tard pour stopper le mouvement. Les manifestants ont en effet depuis élargi leurs demandes à cinq revendications. On trouve notamment la demande d’amnistie pour les militants poursuivis et l’élection du dirigeant de Hong-Kong au suffrage universel.

Les cinq revendications

Pour la militante Joshua Wong il est trop tard pour ignorer les autres revendications des manifestants. De nombreuses personnes ont très mal vécu la violence policière qui s’est déchaînée lors de ce mouvement. On trouve ainsi parmi les cinq revendicatons la formation d’un comité d’enquête indépendant sur les exactions commises par les agents.

Carrie Lam a bien précisé que les cinq demandes ne seraient pas acceptées par le gouvernement. Il est assez clair que cette décision de retirer la loi a eu l’aval du gouvernement chinois ; les autres demandes sont bien trop radicales pour eux.

Il faut dont s’attendre à ce que le mouvement continue. Mardi dernier des affrontements ont encore eu lieu entre policiers et manifestants à une station de métro et en face du commissariat de Mong Kok. Une manifestation a également eu lieu le jour même de l’annonce. La violence policière est désormais une des raisons majeurs de continuer le mouvement. Personne ne semble vouloir renoncer aux cinq revendications

EconomiePolitique

Après de longues journées et de longues nuits de manifestations et de sitting, les intermittents ont réussi à conclure un accord sur leur statut avec les organisations patronales. Mais reste encore à la signer.

De plus en plus précaire, le statut des intermittents du spectacle a maintes fois été réformé au cours des dernières années. Là où certains voient une « exception culturelle » ou encore une « culture subventionnée », d’autres y voient plutôt un régime précaire. Mais apparemment pas assez précaire car depuis quelques temps, il ne faisait pas bon vouloir se lancer dans une carrière artistique tant les conditions pour décrocher le statut d’intermittent et surtout le conserver étaient des plus ardues. Mais à force de faire entendre leur mécontentement et de faire comprendre l’idée que sans retour en arrière sur les réformes, la culture et les artistes de France étaient sur le déclin. C’est chose faite avec l’accord trouvé en une nuit récemment.

Les grandes lignes de l’accord

Ce que réclamaient les intermittents ? Principalement de revenir sur ce qu’était leur statut avant qu’il soit raboté de toutes parts. Et ils ont eu gain de cause. Le texte revient quasiment dans la totalité de ce qu’était le statut avant 2003.

Les intermittents doivent ainsi avoir travaillés 507 heures sur douze mois contre dix. La « date anniversaire » qui déclenche le versement des droits est réintroduite, effaçant la « date glissante » qui excluait nombre de bénéficiaires potentiels. Plus encore, les cachets compteront désormais pour douze heure, contre huit jusqu’à présent et la baisse des indemnisations en cas de congés maternité est également en voie d’être effacée.

Parallèlement, le patronat mettra un peu plus la main à la poche car les cotisations vont augmenter d’un point. Une opération qui permettra de réaliser quelques 50 millions d’euros d’économie sur le coût de fonctionnement global du statut. Toutefois, le texte d’accord devra passer entre les mains du Medef qui devra le parapher pour le rendre officiel. La partie n’est pas encore gagnée.

Politique

Le roi mondial de la malbouffe est également passé expert en précarité du travail tout en étant un vrai pro de l’évasion fiscale. Certains employés ne l’entendent pas de la même oreille et ont fait savoir leur mécontentement lors d’une manifestation.

« McDo escroc, il faut partager le magot ! ». Le message passé par les manifestants/employés de la chaîne à l’arche d’or est des plus clairs. Et pour cause car, réunis à l’appel de la CGT devant le « restaurant » de la Gare du Nord à Paris, les fameux « équipiers » sont payés au lance-pierre. Le SMIC rétorqueront les responsables de McDo (9,67€/h), sauf que l’écrasante majorité des salariés de la firme sont employés à temps partiel. Un contrat de 10h, 15h voire 20h dans le meilleur des cas, payé au SMIC, ça ne va pas chercher bien loin… Les réclamations des manifestants sont ainsi légitimes : 13 euros de l’heure. Voilà qui permettrait de joindre quelque peu les deux bouts. Pas de quoi sauter au plafond mais suffisant tout de même pour percevoir un revenu décent.

Le champion de l’évasion fiscale et consorts

Parallèlement, les manifestants ont souligné que leurs revendications pouvaient plus que largement être acceptées car McDo organise « le déficit systématique de ses restaurants » dans le but de ne pas faire de bénéfices en France afin de faire transiter par le Luxembourg jusqu’à 20% de son CA. En décembre 2015, le CE de McDo Ouest avait même déposé une plainte pour « blanchiment de fraude fiscale et abus de biens sociaux ». Car déjà reprochait-on à McDo d’organiser son déficit pour ne pas réaliser de bénéfices et donc ne pas verser de primes ou augmenter les salaires de ses équipiers.

Coup de gueulePolitique

C’est un vrai mouvement social qui s’est tenu à Châteaubriant ce vendredi pour donner suite à la manifestation qui s’est déjà tenue la veille. Les salariés de la société Kuhn-Huard dans le domaine des matériels agricoles manifestent devant les bureaux pour demander une prime d’équipe.

Les conditions de travail dans les nombreuses sociétés sur le territoire français se sont beaucoup dégradées ces derniers temps. C’est également devenu le cas de la société Kuhn-Huard. En effet, la décision de la société de faire passer les équipes du matin et de l’après-midi en équipes tournantes a été le commencement des tracas.

Aujourd’hui, plus d’une centaine de salariés se mobilise ainsi pour demander qu’une prime d’équipe soit versée en compensation de tous les changements. Mais c’est également un sentiment de ras-le-bol qui les a poussé à se manifester pour faire entendre leur voix. En effet, en plus des changements, il y a également la pression des responsables qui s’accentue de jour en jour pour obliger les salariés à être plus productifs.

La direction a fait une première proposition aux syndicats en ce qui concerne la prime, mais elle a été rejetée puisque jugée encore trop insatisfaisante pour répondre aux revendications des employés.

 

Crédit photo: Kuhn Huar Facebook page

Politique

En Israël, circule une vidéo montrant deux policiers frappant un soldat israélien. Cet incident a provoqué une manifestation contre le racisme de la police. Elle a finalement dégénéré en affrontements. Pourquoi ?

Le soldat de la vidéo est un « Falashas », c’est-à-dire, un des 135 000 israéliens d’origine éthiopienne. Ils descendent de communautés coupées des autres juifs pendant des siècles. Une fois reconnus par les autorités religieuses d’Israël, ils ont émigré pour fuir la guerre civile en Éthiopie. Leur arrivée en Israël n’a pas été facile, et leur intégration pose toujours un problème. Ils sont victimes de racisme et leur méconnaissance de l’Hébreu les empêche de trouver du travail. En 2011, 45 % étaient sans emploi (le taux de chômage en Israël était alors de 5,6 %).

Leurs difficultés se retrouvent dans l’éducation ou dans le logement, les gens ne veulent pas louer parce qu’ils sont Éthiopiens et noirs. Une députée d’origine éthiopienne n’a pas pu faire un don de sang au motif que son sang « était particulier ». Certaines écoles refusent les enfants de cette communauté et 20 % des enfants Falashas ne sont pas scolarisés. N’ayant pas de poids économiques, les autorités ne se soucient guère de leur sort. Pire, ce racisme semble « s’institutionnaliser » et les Falashas sont devenus des boucs émissaires.

Les dernières manifestations de Jérusalem et de Tel Aviv ont révélé une plaie ouverte et une situation inadmissible au cœur de la société israélienne.

Crédit photo : Linda De Volder

Coup de gueule

Les salariés des grands magasins parisiens étaient dans la rue vendredi dernier, suite à l’appel de l’intersyndicale Clic-P, pour manifester contre la loi Macron portant sur le travail dominical.

Entre 1000 et 2000 manifestants ont défilé du boulevard Haussmann à l’Hôtel de Ville de Paris pour dénoncer les conditions de mise en oeuvre du travail le dimanche. Les salariés des Galeries Lafayette, du Printemps, du BHV, du Bon Marché et de chez Gibert craignent que le volontariat et la majoration du salaire ne soient pas respectés. L’Expansion a recueilli les propos de Viviane, employée aux Galeries Lafayette qui indique que « la direction a laissé entendre qu’elle voulait ouvrir jusqu’à 52 dimanches par an, et que dans ce cas la majoration de salaire ne serait plus aussi importante ».

Bien qu’Emmanuel Macron assure que le travail dominical doit être payé double et compensé par un repos, le patronat ne semble pas vouloir respecter cet engagement. Les salariés redoutent qu’en ouvrant tous les dimanches, le chiffre d’affaires n’augmentent pas mais soit simplement réparti sur la semaine. En effet, les charges d’ouverture le dimanche sont plus importantes qu’un jour ordinaire et les magasins risquent de ne pas s’y retrouver. Olivier, un collègue de Viviane déclare à L’Expansion que les touristes, public cible de l’ouverture du dimanche, « achètent surtout les marques de luxe sur lesquelles le magasin lui-même fait peu de marge. C’est un service qu’on veut leur offrir, mais le chiffre d’affaires n’augmentera pas, il ne fera que se déplacer. Il n’y aura pas d’embauche. »

Concernant le volontariat, les manifestants dénoncent le projet de la direction des Galeries qui est de faire signer « des contrats d’engagements tous les six mois ». S’il semble difficile aux salariés d’éviter le travail dominical, cela sera encore plus compromis pour les démonstrateurs, plus nombreux que les employés, qui dépendent d’accords extérieurs aux grands magasins.

Le représentant de la CGT, Karl Ghazi appuie tous ces propos en démontrant que « le patronat, à long terme, ne peut pas y gagner s’il donne des contreparties importantes. Le Medef, qui se plaint toute l’année du coût du travail, prépare d’ailleurs le terrain en renvoyant les contreparties à des accords d’entreprise plutôt qu’à la loi ».

La loi Macron sera votée au Parlement début 2015.

Coup de gueulePolitique

Suite à la plus grave crise politique et sociale qu’a connu Hong-Kong depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, un début de dialogue pourrait avoir lieu ce mardi 21 octobre entre les étudiants et le pouvoir local. Des négociations qui s’annoncent des plus tendues au regard des dernières déclarations du Chef de l’exécutif Hong-Kongais, Leung Chun-ying.

En effet, le chef de l’exécutif a estimé que des élections libres permettraient aux nombreux pauvres de Hong Kong d’avoir la haute main sur le processus politique et a pour l’instant exclu les réformes réclamées par les étudiants. Ces derniers réclament entre autres la démission de Leung Chun-ying ainsi que la mise en place d’un véritable suffrage universel dans le territoire autonome.

Si la Chine a accepté le principe d’un tel suffrage pour l’élection du prochain chef de l’exécutif en 2017, elle entend conserver le contrôle des candidatures et Leung Chun-ying a lui même réaffirmé que la liberté des candidatures n’était pas envisageable à Hong Kong. On voit mal dans ce cas comment ces premiers pourparlers pourraient aboutir à une résolution du conflit.

Selon le journal La Croix, Les étudiants sont inquiets pour leur avenir politique mais aussi économique alors que les inégalités sociales vont croissantes à Hong Kong. « L’afflux de Chinois de Chine auxquels est en partie imputée la hausse du coût de la vie explique ce sentiment, de même que la perception qu’a la jeune génération d’une espèce de collusion entre le gouvernement et l’élite financière« .

Près de 20% des sept millions d’habitants de Hong Kong, soit 1,31 million de personnes, vivent en dessous du seuil de pauvreté, selon des chiffres officiels.

Crédits photo : Gp03dhk