masques, gratuits
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Passés d’«  inutiles  » à «  indispensables et obligatoires » en quelques mois, les masques risquent de peser très lourd sur le budget des familles à la rentrée, pourtant l’Etat refuse toujours de les rendre gratuits.

Principe fondamental

D’après le chapitre 3 du code de la santé, la protection de la santé est un principe fondamental de la république. Or, selon le président communiste du département du Val-de-Marne, Christian Favier, « le port du masque est une mesure de santé publique. À partir de ce moment-là, il doit être pris en charge. Peut-être par la sécu. En tout cas par les pouvoirs publics, sans que cela soit soumis à la bonne volonté d’une collectivité. Je rappelle qu’elles n’ont pas toutes les mêmes moyens financiers ».

Et le président socialiste de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, reprend lui aussi cette idée d’une prise en charge par la sécurité sociale. « L’école est laïque, publique, gratuite et obligatoire, rappelle-t-il. La Sécurité sociale rembourse à 100  % les médicaments irremplaçables. Or face au Covid, le masque est irremplaçable. Dans la philosophie qui fonde la sécu, on cotise selon ses moyens et on reçoit selon ses besoins. Les élèves ont besoin de masques ».

« Une fourniture scolaire comme une autre »

Plutôt que d’accepter une gratuité des masques, le gouvernement, par l’intermédiaire du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a proposé d’augmenter de 100  euros l’allocation de rentrée scolaire, afin que celle-ci couvre également l’achat des protections pour les élèves. 

« Je suis en profond désaccord avec la déclaration du ministre de l’Éducation affirmant que le masque sera une fourniture scolaire comme une autre, et qu’il devrait être supporté par les familles au même titre que l’achat d’une trousse ou de cahiers. La situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui réclame des mesures exceptionnelles, sanitaire mais aussi sociale. Le port du masque en milieu scolaire en est une », a aussitôt critiqué la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga.

« À considérer que le masque serait une fourniture scolaire comme une autre, écrivent les élus communistes, le risque est grand de banaliser cet objet de protection et au bout du compte de renforcer les inégalités sociales de prévention et de santé. Ce n’est pas la conception que nous nous faisons de la République pour tous et partout », ont ajouté plusieurs maires et députés de gauche dans une lettre ouverte adressée au gouvernement.