Glyphosate, Commission européenne, RoundUp, herbicide cancérigène, Monsanto
Politique

Vivement critiqué tant par l’OMS que par de nombreuses ONG, le glyphosate voit sa licence d’exploitation expirer le 15 décembre. Les députés européens doivent décider de prolonger ou non son autorisation pour une période de 10 années. 

Sur le glyphosate, l’OMS est assez claire quoique prudente est le qualifie de produit potentiellement cancérigène pour l’homme. Une prudence relative qui n’est pas sans faire penser que les lobbys ont bien fait leur travail dans l’ombre. Car pour beaucoup d’agriculteurs et de viticulteurs – la France est championne d’Europe de l’utilisation de cet herbicide dans ses vignes – la donne est toute autre. Le glyphosate est un puissant perturbateur endocrinien responsable de troubles graves sur la santé et engendrant des cancers pour les personnes ayant été directement à son contact.

Publiquement connu sous le nom de marque de RoundUp, le glyphosate est commercialisé exclusivement par Monsanto durant 25 ans. Le brevet étant tombé depuis dans le domaine public, on retrouve son principe actif dans près de 750 produits, mis sur le marché par près de 100 marques à travers 130 pays.  A tel point qu’il est l’herbicide le plus vendus et le plus utilisés à travers le monde.

Ce qui est inquiétant est le fait que l’on retrouve des quantités non négligeables de glyphosate dans tous les produits agricoles ou issus de l’agriculture. En clair, tout ce qui a été traité par des techniques d’agriculture “conventionnelle” et donc non bio contient du glyphosate. Céréales, thé, café, légumineuses, pâtes alimentaires, pommes de terre, maïs, tournesol, betterave, colza…et même dans 60% des cours d’eau de France.

L’Europe va-t-elle interdire le glyphosate ? 

L’Europe doit se prononcer le 25 octobre sur le cas du glyphosate. La licence d’exploitation de l’herbicide expire le 15 décembre. Mais la Commission européenne a déjà proposé de la prolonger pour 10 ans. Les études de l’OMS de même que celles des ONG n’ont pas suffit à faire plier la force de frappe de Bayer, Monsanto et compagnie. La Commission ne semble pas penser que le glyphosate est bel et bien responsable de nombreux décès. Dont acte.

Dans les faits, la Commission a besoin d’une majorité qualifiée soit 55% des 28 Etats, représentant 65% de la population totale européenne. Si les lobbys continuent de bien faire leur travail, nous reprendrons donc 10 ans de glyphosate dans les dents. Pour y échapper, une seule solution : manger bio.

Politique

Pour la quatrième année, des défilés citoyens ont eu lieu dans les grandes villes de France pour protester contre Monsanto et ses produits.

Très peu reprise dans les grands médias nationaux, la manifestation de plusieurs milliers de personnes à travers tout le pays contre Monsanto aurait mérité une plus grande couverture. Et pour cause car le combat est des plus nobles : refuser l’intrusion des produits de Monsanto dans nos vies quotidiennes. Refuser les OGM dont personne ne connaît ou ne veut avouer les répercussions néfastes sur la santé à long terme, refuser d’ingérer l’un des innombrables pesticides développés par la firme et qui viennent badigeonner fruits et légumes, refuser l’uniformisation des semences et des graines, lutter pour la préservation des abeilles dont l’avenir plus qu’incertain et la conséquence des pesticides Monsanto.

Les grandes villes mobilisées

Ce refus de la vie “made in Monsanto” a été relayé à Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux…plusieurs milliers de personnes sont venus manifester dans le calme brandissant des pancartes telles que “Consommateurs pas cobayes”, “Monsanto, mauvaise graine” et autre “Sauvons nos abeilles, boycottons Monsanto”. Des manifestants qui réclament plus largement l’interdiction des pesticides et celle des OGM. Yves Contassot, le conseiller de Paris et militant écologiste a affirmé au cours de la marche à Paris que “la politique de Monsanto est dramatique pour la biodiversité”, rajoutant “on ne peut pas se permettre d’être les victimes de ces multinationales dont le seul objectif est le profit”.

Politique

EELV : L’irresponsabilité de Monsanto enfin sanctionnée

Ce lundi 13 février, le tribunal de grande instance de Lyon a reconnu la responsabilité de la société Monsanto dans l’intoxication d’un agriculteur charentais en 2004 par un puissant herbicide. Il s’agit d’une première en France.

Le TGI de Lyon a reconnu aujourd’hui que la multinationale était bien responsable de l’intoxication de l’agriculteur. Monsanto devra donc indemniser l’agriculteur de la totalité de son préjudice.

C’est la première fois que la société Monsanto aura à payer des dommages et intérêts à une victime de ses produits. Monsanto avait pourtant tout tenté auprès des autorités françaises pour que l’herbicide Lasso ne soit pas retiré du marché français, alors qu’il avait été reconnu comme dangereux et interdit par plusieurs pays comme la Belgique ou le Royaume-Uni dès les années 90. Il aura fallu attendre 2007 pour qu’il le soit enfin en France.

Plus que jamais, face aux pressions des multinationales qui font prévaloir leurs profits au détriment de l’intérêt général et des objectifs de santé publique, EELV en appelle au législateur pour enfin introduire dans le droit français la possibilité des « class actions », ou actions de groupe.

Celles-ci permettraient à minima aux citoyens de pouvoir essayer de se battre à armes égales avec de grandes firmes telles que Monsanto.

EELV demande également que le règlement REACH, censé garantir un niveau de protection élevé des consommateurs et de l’environnement sur l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne, s’impose de façon ambitieuse et efficace pour interdire de manière préventive des produits tels que le Lasso de Monsanto, quelles que soient par ailleurs les actions de lobbying opérées par les grands groupes pour pouvoir continuer à vendre en toute liberté de véritables « poisons » .

Par ailleurs, il serait temps que la charge de la preuve en matière de risque sanitaire soit inversée et qu’il appartienne aux grandes sociétés industrielles de démontrer de manière effective l’innocuité de leurs produits en cas d’accident.

source article : http://eelv.fr – article original sur http://eelv.fr