Coup de coeur

jean-yves-ollivier_nelson-mandela.jpg Interrogé lors d’une interview pour Paris Match, Jean Yves Ollivier, commerçant en matières premières, délivre un témoignage critique de la coopération internationale en Afrique. Alors qu’il compare entre les lignes les sanctions internationales et l’aide au développement, à une nouvelle forme de colonialisme ; sa critique réaliste des mécanismes existants se transforme en véritable apologie d’un pragmatisme au service du développement.

Pour une rupture de la politique africaine de la France

Les critiques à l’encontre des pratiques des Etats occidentaux en Afrique ne sont pas récentes mais pourtant toujours bien d’actualité. Ainsi l’aide publique au développement de la France représenterait plus un outil d’accompagnement pour les exportations françaises qu’une véritable « prime à la démocratie ». L’énigmatique Monsieur Jacques, émissaire lors des tractations des accords de Brazzaville nous livre son point de vue à ce sujet : « De la corruption généralisée sur laquelle repose l’essentiel de l’édifice de l’aide au développement aux effets désastreux en matière de fiscalité (pourtant l’un des piliers de la constitution d’un état de droit), en passant par la classe de rentiers de l’humanitaire qui se forme notamment dans les pays africains, l’aide au développement génère une dépendance malsaine vis à vis de l’Occident ».

Pour autant, il souligne dans une interview accordée à Paris Match qu’il ne faut pas être naïf quand aux réalités plurielles de la coopération franco africaine : « C’est un leurre de penser que les Africains se retrouvent systématiquement dans la position du cheval et les Français dans celle du cavalier qui le chevauche selon son bon vouloir ». Avec le même souci de vérité, il critique ouvertement l’application des sanctions internationales :

Afrique, le continent des convoitises

Le nouveau panorama des relations internationales accorde une place particulière à l’hyper puissance asiatique. Alors que l’expression Chinafrique fait déjà flores, les acteurs économiques impliqués localement récusent l’idée d’un plan organisé à la Cite Interdite sous la forme d’un Politburo.

Qui plus est, malgré la multiplication du commerce bilatéral par 10 en seulement 10 ans, l’Afrique reste un partenaire commercial marginal de l’Empire du Milieu ; pour les analystes l’intensification des relations s’explique avant tout par « le résultat de multiples actions non coordonnées ». Pour autant, s’il faut s’empêcher de faire naitre des fantasmes sur la présence chinoise sur le continent et sur leur stratégie économique d’appropriation des ressources; l’homme d’affaires souligne au détour des questions l’absence de résultats des approches françaises dans ces pays : « La France a parlé pendant vingt ans de construire une route entre Pointe-Noire et Brazzaville, axe essentiel pour le Congo, sans jamais être capable de la financer. Les Chinois sont arrivés et en deux ans, c’était fait ».

Pour répondre à cette défaillance, le gouvernement socialiste a d’ailleurs modifié la mission de Mme Revel, en renforçant le caractère interministériel de l’intelligence économique au conseil des ministres du 21 août. On ne peut qu’espérer qu’il s’agisse du début de la prise de conscience des difficultés que rencontre notre diplomatie économique.