Coup de gueulePolitique

Des milliers de personnes ont défilé ce dimanche 21 septembre 2014 un peu partout dans le monde à l’appel de plusieurs ONG afin de peser sur le sommet de l’ONU dédié au changement climatique et qui débutera le mardi 23 septembre à New-York. Une « marche du peuple pour le climat » qui aura regroupé plus de 5.000 manifestant à Paris (25.000 selon les organisateurs).

L’événement se tenait dans le cadre d’une marche mondiale pour le climat, autoproclamée « plus grande mobilisation citoyenne jamais organisée sur l’enjeu climatique« . Plus de 2 500 défilés étaient prévus dans 158 pays, de Melbourne à New York, en passant par New Delhi, Berlin, Londres et Vancouver.

A Paris, 4.800 personnes selon la police, parmi lesquelles la navigatrice engagée Catherine Chabaud, la patronne des Verts Emmanuelle Cosse, l’ancienne ministre écologiste Cécile Duflot ou le chanteur Patrice étaient venus manifester. Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète, a pris la parole sur une scène installée devant l’Hôtel de ville, sur laquelle figurait la banderole « Paris marche pour le climat« . « Hier on pouvait dire qu’on ne savait pas. Aujourd’hui on sait. Le changement (climatique) est déjà en marche« , a notamment déclaré Nicolas Hulot, qui la veille avait sonné « la mobilisation générale » dans les colonnes du Parisien. Ce mouvement a également été suivi dans plusieurs villes de provinces dont Bordeaux, Lyon et Marseille.

Lors d’un entretien avec de plusieurs ONG écologistes, le président français avait réaffirmé l’engagement de la France « pour obtenir l’accord universel sur le climat dont la communauté internationale a besoin de façon urgente« . François Hollande qui sera présent au côté de 120 chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier pour reprendre des négociations internationales sur le réchauffement climatique, cinq ans après l’échec de la conférence de Copenhague.

Crédits photo : Christian Aubry

Politique

Hassan_Rouhani__7th_President_of_Iran__August_2013.jpg L’Iran est depuis des années un pays sous haute surveillance. Les actualités reviennent régulièrement sur la situation de ce pays pivot du Moyen-Orient et les dernières semaines ont fait couler beaucoup d’encre. Le passage du président iranien Hassan Rohani à New York fin septembre a en effet fait bouger les lignes et le dialogue historique entamé avec le président Obama laisse entrevoir le meilleur sans pour autant occulter le pire.

La dernière apparition d’un président iranien au siège des Nations Unies à New York avait laissé des traces. Il faut dire que la personnalité et les propos de Mahmoud Ahmadinejad pouvaient difficilement laisser indifférent. La venue de son successeur Hassan Rohani dans la même enceinte a soulevé des réactions diamétralement opposées. La raison ? Un discours engagé en faveur de la paix et du dialogue. Il n’en fallait pas moins pour reconquérir les cœurs et les esprits, à commencer par le président Hollande et surtout le président américain qui ne sait trop sur quel pied danser.

L’Occident a enfin reçu un signe encourageant venu du régime iranien. Peu enclins à s’engager sur un nouveau théâtre d’opérations militaires, les Occidentaux attendaient avec une réelle impatience des signes d’ouverture de la part de Téhéran. Que faire si malgré les lourdes sanctions imposées aux mollahs, le régime tient bon et poursuit son programme nucléaire ? La réponse faisait peur dans les chancelleries et les signes encourageants portés par Rohani sont arrivés à point nommé. Là où le bât blesse, c’est que l’Iran a justement répondu aux attentes des Occidentaux en paroles, pas en acte…

Par ses propos rassurants, le président iranien s’est ménagé une belle marge de manœuvre dans ses relations difficiles avec l’Europe et les Etats-Unis. Si le régime s’assouplit réellement sur la question du nucléaire alors la partie engagée sera constructive. Si tel n’est pas le cas, le régime aura simplement gagné du temps. Une spécialité iranienne depuis plusieurs années…

L’Iran est habitué à souffler le chaud et le froid. Cette stratégie s’est encore vérifiée quelques jours après le coup de téléphone historique entre Rohani et Obama. Le froid est venu d’Ali Khamenei le Guide suprême iranien, seul décisionnaire en matière de diplomatie et de protection des intérêts du régime. En déclarant « Une partie de ce qui s’est passé lors du voyage à New-York était déplacée… bien que nous fassions confiance à nos responsables », le guide suprême a jeté un froid. Afin d’être bien compris, ce dernier a ajouté : « Nous sommes pessimistes envers les Américains, et nous ne leur faisons pas confiance. Le gouvernement américain n’est pas fiable, il est dédaigneux, irraisonnable, et ne tient pas ses promesses ».

Difficile dans ce contexte de croire que les futures discussions se feront dans de bonnes conditions et avec une volonté mutuelle d’arriver à un compromis. Cette crainte est renforcée par la sanglante attaque d’un camp de réfugiés politiques iraniens en Irak – à Achraf – qui a fait plusieurs dizaines de morts trois semaines avant l’Assemblé générale de l’ONU. Sept personnes sont toujours retenues en otage et malgré les protestations de Catherine Ashton, haut responsable de l’Union européenne pour la politique étrangère, le sort de ces otages (actuellement entre les mains de forces de sécurité irakiennes, alliées de Téhéran) est encore en suspens.

Si une partie du discours se veut résolument plus positive et rassurante, la preuve par les actes n’a pas encore été donnée, bien au contraire. L’Iran souhaite donner l’impression qu’il change de cap, mais il faudra bientôt plus que des mots pour prouver au monde sa bonne foi.