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Société

Sous couvert de conférer une plus grande autonomie à ses salariés, en leur octroyant le statut de cogérant, Noz s’en prend en fait à leurs droits, en réduisant au maximum les procédures de licenciement, les indemnités, et l’assurance-chômage. 

« En vous apportant autonomie, initiatives, responsabilités, prises de décision, vous devenez le véritable architecte de votre évolution professionnelle et de vos perspectives. Vous contribuez, au quotidien, à votre ambition, à notre ambition et à celle de vos futurs collaborateurs : devenir le leader mondial du déstockage », s’est justifiée l’enseigne.

« Arnaque » de la cogérance

« Quand on accepte un contrat de cogérance, il n’y a aucune négociation de salaire ou quoi que ce soit. On incite aux ouvertures les dimanches sur la base du volontariat, mais, dans les faits, la hiérarchie met la pression en expliquant aux travailleurs que, si ceux-ci n’ouvrent pas le dimanche, les résultats ne suivront pas. Or, si les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes, on est révoqué sans vraie raison », raconte un employé tombé dans le piège.

« Les gens ne savent pas ce qu’ils signent », abonde la CFDT de la Sarthe. Noz profite « de la vulnérabilité de personnes qui ne connaissent pas leurs droits ». « Je souhaitais obtenir une augmentation, je pensais que je la méritais. On m’a dit qu’il fallait que j’accepte de devenir cogérante, que je ne serais pas promue autrement », témoigne Hélène, employée de Noz en Mayenne.

Diviser pour moins représenter

L’enseigne de déstockage a réussi à se structurer de manière à rendre impossible toute représentation syndicale, tout en restant à la limite de la légalité. « Pour éviter l’application du droit du travail, Noz a créé une multitude de petites sociétés, qui sont scindées à chaque fois que celles-ci dépassent les 11 salariés. C’est une logique poussée à l’extrême, qui a pour but d’éviter la tenue d’élections professionnelles », illustre un bon connaisseur du dossier.

Sa structure est d’ailleurs la meilleure ligne de défense de l’enseigne. « L’Univers Noz est composé de sociétés juridiquement indépendantes, et à ce titre personne ne serait en mesure d’apporter des réponses à vos questions », rétorque-t-elle à ceux qui posent trop de questions.