Politique

Election presidentielle 2012 : Olivier Besancenot ne sera pas candidat du NPA

Ci-dessous la lettre d’Olivier Besancenot :

Camarades,

Je ne serai pas le candidat du Nouveau parti anticapitaliste à l’élection présidentielle de 2012. Il s’agit d’une décision politique que j’assume. Et si je souhaite aujourd’hui passer le relais à un(e) de nos camarades, je ne renonce pas à m’impliquer, bien au contraire, dans tous nos combats. Je revendique plutôt la possibilité, pour le NPA, de se lancer sur de nouvelles bases, conformes au projet d’émancipation qui, plus que jamais, m’anime.

Tout d’abord, je voudrais profiter de cette lettre pour remercier toutes celles et tous ceux qui, au NPA – à la LCR auparavant –, ont participé activement au travail collectif qu’a nécessité le porte-parolat que j’ai assuré ces dix dernières années. À tous les camarades des sections locales qui ont collé des affiches, distribué des tracts, organisé les meetings (et qui, toujours, nous ont accueillis chez eux à bras ouverts), aux chasseurs de signatures en 2002, puis en 2007, ainsi qu’aux camarades de la direction qui ont planché sur les argumentaires, l’orientation, la communication, la protection, à tous j’aimerais vous dire merci. Ce travail d’équipe m’a appris et apporté énormément tout au long de cette drôle d’expérience militante qu’est le porte-parolat.

J’ai essayé, pour ma part, de mouiller la chemise sans compter pour faire connaître à un public large nos idées et nos convictions. Et cette chemise, je compte bien la mouiller encore demain pour porter notre programme, notre action et notre voix. Les militants du NPA et, plus généralement, toutes celles et tous ceux qui se battent pour changer le monde pourront compter sur mon engagement.

Il s’agit d’une décision politique assumée, donc, et sans grande surprise. Il y a quelques années déjà, j’avais clairement prévenu que je ne comptais pas prendre un abonnement à l’élection présidentielle, parce que je n’aspirais pas à en être l’éternel candidat d’extrême gauche. Depuis de nombreux mois, je fais aussi partie de ceux qui mettent en garde notre parti contre les risques politiques de la personnalisation à outrance. Que les idées s’incarnent ponctuellement dans un contexte social et politique déterminé, ou qu’il faille déléguer la tâche militante de la représentation publique, par un mandat précis et limité dans le temps, est une chose. Jouer des ambiguïtés du système politique et médiatique pour se substituer à l’action militante réelle au sein de la lutte de classe, en est une autre.

Nous militons quotidiennement, dans nos entreprises, dans les luttes, au moment des élections, pour défendre la perspective d’une société enfin débarrassée de l’aliénation, de l’exploitation et de l’oppression. L’affranchissement vis-à-vis des servitudes contemporaines implique obligatoirement une rupture avec le système actuel. Cette rupture présuppose une implication populaire croissante dans la vie politique. Autant que faire se peut, cette rupture doit intervenir ici et maintenant, sans la remettre à demain et à ses bouillonnements révolutionnaires prometteurs.

Cela signifie qu’ici et maintenant, nous appelons, sans relâche et en conscience, tous les anonymes à s’approprier leur destinée. Voilà pourquoi nous exaltons systématiquement les classes populaires à faire irruption sur la scène politique en brisant les enceintes dressées par les politiciens dans le but de nous tenir à distance de l’arène, là où se jouent nos vies. Partout où nous intervenons, nous portons ce message original et subversif : dans les quartiers populaires, les entreprises, les lycées, les facs, sur les marchés, dans les manifs, pendant les élections. Ce message tout terrain qui est la marque de fabrique de notre parti, nous ne devons pas le ternir au nom d’un quelconque « réflexe » électoral.

Nous avons su créer la surprise lorsque la LCR a eu l’audace de présenter un jeune travailleur, un postier, à l’élection présidentielle de 2002. Continuons de surprendre en présentant aujourd’hui d’autres anonymes lors de ces échéances ; cela soulignera d’autant ce que nous sommes réellement : un outil collectif et hétéroclite. S’efforcer de perpétuer la démonstration selon laquelle nous n’avons pas besoin des politiciens pour nous exprimer, comprendre et proposer, est un acte progressiste. Se rassurer en pensant « jouer la sécurité » serait céder, au contraire, à des instincts « conservateurs » pernicieux qu’il faut laisser aux autres. Or, nous n’envisageons pas l’activité politique comme les autres partis.

Ce serait aussi, à mes yeux, une contradiction intenable : nous dénonçons un système où la politique est devenue une valeur marchande d’un côté, et de l’autre, nous commencerions involontairement à nous intégrer dans le décor politique traditionnel en incrustant notre mouvement et nos idées dans la case « candidat rituel à l’élection présidentielle » de notre téléviseur. C’est risquer, à terme, de nous transformer en caricature de nous-mêmes, voire en alibi du système.

Comme à chacun d’entre vous, cette vision m’est personnellement insupportable. Je ne veux pas avoir le sentiment de faire partie du personnel politique traditionnel aux yeux du large public, qu’à notre mesure nous influençons depuis quelques années. Le fait de mener une activité professionnelle à la Poste – activité que je n’ai jamais lâchée – n’est pas, sur le long terme, un sérum assez puissant pour contrecarrer la dynamique consensuelle qu’impose la joute électorale et médiatique à répétition. Le jeune travailleur parti à l’assaut de la politique en 2002 est inéluctablement devenu, en 2007, celui qui « fait de la politique tout en continuant à travailler » et probablement quelqu’un qui « fait de la politique tout court » en 2012. Militant je suis, militant je veux rester. Me libérer de cette contradiction est la meilleure garantie, pour moi, de continuer à porter le combat du NPA sur la scène publique, mais différemment.

Aussi je vous demande d’être solidaires de ce choix, en le comprenant comme la volonté que le NPA puisse enfin se retrouver. Se retrouver non pas sur un nom familier mais sur une identité collectivement réappropriée. Qu’il puisse se déployer sur des bases plus conscientes et plus constantes. Plus conscientes de la nécessité de porter un projet révolutionnaire, internationaliste, vivant et ouvert, qui le maintienne à distance du système actuel. Plus constantes dans son action globale au quotidien, en intervenant sans relâche dans les entreprises, les quartiers, la jeunesse et en animant activement les réseaux de résistance du mouvement social – syndical, antiraciste, écologiste, féministe…

L’élection présidentielle aura lieu dans un an. Cela nous laisse le temps de la préparer et faire de 2012 une étape majeure dans cette refondation.

Je suis prêt, dès à présent, à m’investir à 100 % pour que notre parti, le NPA, puisse effectivement se présenter à la prochaine présidentielle et à épauler de mon mieux notre candidat(e) durant la campagne. Car il faut continuer à nous adresser à des millions de personnes et ne pas se refermer en vase clos. Les moments de reflux que le mouvement ouvrier traverse en France ne doivent pas masquer le caractère instable de la situation politique liée à la crise globale que traverse le capitalisme depuis trois années.

Les révolutions arabes le prouvent : les vents de l’histoire sont changeants et peuvent tourner rapidement.

Salutations révolutionnaires,

Olivier

Politique

Les grandes tendances qui s’étaient dégagées le 20 mars tour se retrouvent à l’issue du second tour. Sur la base d’une abstention qui reste à un haut niveau, comparable à celui du 1er tour, le Front national gagne 300 000 voix dans les 400 cantons où il restait en lice.

Dans une élection à portée locale, le score du Front national traduit l’approfondissement de la crise, confirme que le débat sur l’identité nationale et celui à venir sur la laïcité et l’islam a ouvert les vannes de la xénophobie et du racisme entrainant une porosité d’un électorat de droite par rapport au Front national.

L’UMP qui s’était glorifié d’avoir siphonné l’électorat d’extrême-doite en 2007, doit enregistrer une second revers politique électoral après celui des régionales. Il paye le discrédit justifié d’une politique qui, à coup de réformes libérales, consiste à faire payer la crise aux salariés et aux couches populaires.

Le Parti socialiste sort gagnant dans la mesure où il est en mesure de diriger une soixantaine de départements. Par contre, la gestion de ses départements n’en fait pas une base de résistance contre la politique d’austérité du gouvernement.

Prise en tenaille entre les compétences qui lui sont dévolues et les financements qui ne suivent pas, la gauche sabre dans les budgets sociaux. Il faudrait au contraire, mener une campagne de mobilisation populaire contre la dette à base d’emprunts toxiques de ces départements, pour le remboursement de la dette de l’Etat à l’égard des collectivités locales, entre autres. Là où des candidat-e-s d’organisations à la gauche du PS étaient confronté-e-s à un candidat du PS, ils/elles obtiennent de bons résultats.

Pour le NPA, la facture de la crise du système capitaliste continue de dégrader les conditions de vie et de travail des salariés. L’urgence de mobilisations pour stopper les réformes libérales est plus que jamais d’actualité. A commencer par la journée natiionale d’action samedi 2 avril pour la défense de l’hôpital public et du droit à la santé pour tous.

source article : http://www.npa2009.org

Politique

Dans la foulée de la contre-réforme des retraites, le Medef vient de renégocier avec les syndicats le régime des retraites complémentaires dont bénéficient tous les salariés du privé. L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de 35 à 40 % de la pension des non-cadres et de 60 à 80 % de celle des cadres.

Commencée il y a plus de trois mois dans la foulée du vote de la contre-­réforme du régime général, la négociation Medef/syndicats de salariés concernant les retraites complémentaires gérées par l’Agirc* et l’Arrco* semble s’être terminée vendredi dernier. Pourtant l’accord précédent courrait jusqu’en juin 2011 et, pour l’essentiel, il s’agit d’un nouveau report des décisions essentielles.

Par des négociations de couloir, le Medef a tenté de décrocher la signature d’au moins deux syndicats. Si la direction confédérale CFDT a l’air de vouloir accepter ce compromis, celles de FO et de la CFTC semblent faire de la résistance. Seules la CGT et la CFE-CGC ont clairement affirmé leur rejet du texte.

Déconnecté, en grande partie par méconnaissance de ses mécanismes complexes, du dossier du régime général des retraites, l’enjeu des complémentaires n’en est pas moins important.

En effet, la retraite des salariés du privé est constituée d’une partie versée par la Sécurité sociale et d’une autre versée par les régimes complémentaires Agirc pour les cadres et Arrco pour tous les salariés. Cette part complémentaire n’est pas négligeable puisqu’elle représente 35 à 40 % de la pension pour les non-cadres, et 60 à 80 % pour les cadres. De plus les inégalités de pension entre les femmes et les hommes, déjà fortes dans le régime de base, sont encore aggravées dans les régimes complémentaires. La pension Agirc moyenne des femmes représente seulement 40 % de celle des hommes et 57 % pour la pension Arrco.

Ces caisses complémentaires, de droit privé, sont financées depuis 1983 et l’instauration de la retraite à 60 ans par l’AGFF*, alimentée par une cotisation sociale. L’accord maintient le principe de l’AGFF et de son financement jusqu’en 2018 alors que jusqu’ici il était prolongé pour de très courtes périodes à l’occasion de chaque négociation paritaire.

Il s’agit d’un régime « par points » dont le prix d’acquisition a, depuis plusieurs années, augmenté plus vite que celui de la réversion. En vingt ans, le taux de remplacement a baissé de plus de 30 % dans chacun des régimes, ce qui est encore plus sévère que dans le régime de base.

D’après l’accord, le taux de rendement des points serait stabilisé jusqu’en 2015, les bonifications familiales à 10 % à partir de trois enfants avec un plafond de 1 000 euros et le taux de réversion maintenu à 60 %. Mais rien sur le financement, le patronat étant arc-bouté sur son refus de cotisations supplémentaires et la volonté de fusionner, avec alignement par le bas, les deux systèmes, reste affirmée.

Si le financement est conforté jusqu’en 2030 par le report de l’âge de la retraite à 62 ans et 67 ans, il ne saurait suffire pour inverser la baisse des pensions et garantir la pérennité du système. Au-delà de la part importante qu’elles représentent dans les pensions des salariés, leur système par points est une illustration des dangers que fait courir à l’ensemble des régimes de retraite leur transformation en régimes par points ou par comptes notionnels telle que la loi de novembre 2010 le laisse entrevoir à partir de 2013.

La relance des mobilisations sur la question des retraites devra prendre en compte aussi ces dispositifs avec l’objectif de garantir un taux de remplacement de 75 % (Sécurité sociale et complémentaire), de revenir à une indexation sur l’évolution des salaires, d’améliorer les dispositifs de solidarité pour obtenir un système plus redistributif et de réduire les inégalités entre hommes et femmes.

source article : http://www.npa2009.org

Politique

Le peuple égyptien, les jeunes, les travailleurs mobilisés quotidiennement depuis plusieurs semaines ont eu raison du dictateur Moubarak en place depuis 30 ans.

La répression sanglante, l’épreuve de force, les manoeuvres démagogiques ne sont pas venus à bout des millions de manifestants qui, dans la foulée de la révolution en Tunisie, se sont mis en marche pour ne pas s’arrêter.

Le vent de l’histoire souffle en faveur des révolutions sociales et démocratiques en réponse à la crise économique, sociale et écologique qui lamine les conditions de travail et de vie des couches populaires.

Le NPA sera aux côtés du peuple égyptien en lutte pour sa libération.

source article : http://www.npa2009.org