Omar Radi, Maroc, ONG
IdéesInternational

Les syndicats de journalistes et les ONG de défense des droits de l’homme dénoncent une véritable instrumentalisation de l’affaire Omar Radi, ce journaliste très critique à l’égard du  régime marocain. 

4 mois de prison

Arrêté le 29  juillet pour s’être intéressé d’un peu trop près à la corruption dans le milieu politique marocain, et pour avoir soutenu ouvertement le mouvement populaire du Rif, Omar Radi a été condamné à quatre mois de prison. Il devrait purger sa peine au pénitencier d’Oukacha, à Casablanca. 

Procès qui n’a pas lieu d’être 

Mais les ONG, qui ne l’entendent pas de cette oreille, comptent bien obtenir la libération de monsieur Radi. Amnesty International, par exemple, a demandé que se tienne « un procès équitable pour Omar »  et  « que sa détention provisoire n’est pas nécessaire au titre du droit à la présomption d’innocence, et que le harcèlement judiciaire et médiatique contre lui doit cesser ».

La Fondation Clooney a, elle, publié un rapport affirmant que ce procès « n’aurait jamais dû se tenir. Le Maroc devrait arrêter de poursuivre les journalistes et respecter leurs droits à la liberté d’expression et à la liberté de la presse en vertu de ses obligations internationales en matière de droits de l’homme ». Les droits d’Omar Radi  « ont été violés par la Cour qui n’a pas respecté la présomption d’innocence », nous appelons donc la justice « à annuler la condamnation de Radi en appel et à faire en sorte que toute autre procédure soit correctement fondée », précise le rapport. 

Banalisation de la méthode

« Désormais, les poursuites apparemment truquées contre des journalistes critiques figurent en bonne place dans le manuel des autorités marocaines pour étouffer toute contestation. Les accusations d’espionnage, ainsi qu’une cascade d’autres charges, semblent concoctées pour faire tomber Omar Radi », s’inquiète Eric Goldstein, directeur par intérim de la division du Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch (HRW).

France, réchauffement climatique, ONG, Green Peace, Oxfam
Politique

Plusieurs ONG vont engager une procédure à l’encontre de l’Etat français pour son action insuffisante contre le réchauffement climatique. Un phénomène déjà lancé ailleurs dans le monde.

Portée par des ONG telles que Green Peace, Oxfam, la Fondation pour la nature et l’Homme (FNH) et l’association Notre Affaire à tous, la démarche en justice contre la France est nouvelle dans le pays. Dans un communiqué commun, les ONG estiment que “L’action défaillante de l’État en matière de lutte contre le changement climatique traduit une carence fautive de l’État à respecter son obligation de protection de l’environnement, de la santé et de la sécurité humaine”. Il faut dire que depuis 2015, les émissions de GES sont reparties à la hausse en France. Pour rappel, 2015 est l’année de la Cop21, les accords climatiques négociés à … Paris.

La chargée de campagne de Green Peace, Laura Monnier explique “On demande réparation de nos préjudices et que l’État agisse tout de suite, à tous niveaux”. De son côté Cécile Duflot, présidente de Oxfam déclarait que “l’urgence et l’inaction l’exigent. Ce n’est pas anecdotique que des ONG, qui ont toujours participé aux négociations, au Grenelle… disent: maintenant ça suffit!”.

Des actions similaires ailleurs dans le monde

Les ONG françaises ouvrent une voie en France, en s’inspirant de ce qui s’est déjà fait ailleurs. Aux Pays-Bas en 2015, un tribunal saisi par l’ONG Urgenda au nom de 900 citoyens à ordonner l’Etat de réduire les émissions de GES de l’ordre de 25% d’ici 2020.

Aux Etats-Unis également,  une action similaire a été menée en 2015, de façon plus symbolique car portée par un groupe d’enfants dans l’Oregon. Mais la démarche avait fait grand bruit à l’époque.

L’action en justice engagée en France se base sur  la Constitution et la Convention européenne des droits de l’homme, qui garantissent la protection des citoyens.

Coup de gueule

Le président François Hollande a annoncé ce vendredi 25 juillet, le déblocage par la France de 11 millions d’euros d’aide humanitaire à destination de Gaza. Cette aide devrait être répartie entre l’Autorité palestinienne, les Nations Unis et plusieurs organisations non gouvernementales.

Ainsi, après s’être entretenu avec plusieurs ONG à l’Élysée, le président français a annoncé une aide de 11 millions d’euros pour l’aide humanitaire à Gaza. D’après le communiqué du gouvernement, les représentants des ONG auraient fait part au chef de l’Etat de «la gravité de la situation, de l’ampleur des besoins humanitaires de la population civile palestinienne et de la difficulté pour les humanitaires d’accéder aux victimes» sur le territoire de Gaza.

François Hollande a ajouté quant à lui que cette aide financière s’inscrivait  “dans le cadre d’un engagement constant de la France aux côtés de l’Autorité palestinienne”.

Depuis le 8 juillet dernier, le conflit israélo-palestinien sur Gaza a déjà fait plus de 700 morts palestiniens et de nombreux blessés, en majorité dans la population civile. Les israéliens comptent quant à eux plus de 43 morts, pour la plupart des militaires. Les pertes les plus lourdes enregistrées par l’armée israélienne depuis sa guerre contre le Hezbollah libanais en 2006.

Crédits photo : ISM Palestine

Coup de gueulePolitique

L’ONG allemande Food Watch qui s’est spécialisée dans la lutte contre les fraudes alimentaires, a récemment mis en cause cinq produits de marques françaises. Si les industriels concernés ne changeront pas pour autant leurs recettes, cette ONG se bat avant tout pour plus de transparence.

C’est à la suite d’une campagne inédite en France que l’organisation Food Watch a dénoncé des irrégularités sur cinq produits de consommation courante et lancé du même coup une pétition conte le distributeur E. Leclerc.

Ces produits présentaient selon l’ONG des affirmations et des étiquettes mensongères destinées à induire les consommateurs en erreur. Parmi les produits cités, on retrouve des filets de dinde «à l’étouffée» E. Leclerc, une vinaigrette «aux tomates séchées» Puget, des yaourts bio «aux fruits» de la marque Vrai, des raviolis «au jambon cru et parmesan» Lustucru et une soupe en sachet «au boeuf et aux carottes» de Maggi.

Si Food Watch a bien tenté de contacter les groupes industriels à l’origine de ces produits pour obtenir de plus amples informations, la réponse est généralement la même, à savoir, comme le précise Ingrid Kragl, directrice de l’information de Food Watch France, qu’«aucune loi ne contraint les fabricants à la transparence».

Contesté pour des tranches de filet de dinde 100% qui  ne contiennent en réalité que 84% de viande, le reste étant composé d’eau, d’additifs et de sels, le fabriquant Leclerc a affirmé que son produit correspondait tout à fait au code de bonnes pratiques mis en œuvre par l’industrie et validé par la DGCCRF, le service de répression des fraudes. Pour cela, Food Watch a lancé sa première pétition sur le territoire français à l’encontre du président du groupe, Michel-Edouard Leclerc.

Crédits photo : Magnus Manske

Thomas Livingston