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Des serpents ont été lancés en pleine nuit dans un dortoir d’étudiants papous par des motards casqués à Surabaya

Le dortoir avait déjà été la cible d’attaques anti-papous le mois dernier. Ces étudiants ont été la cible de manifestations et de provocations racistes. Ceci avait été l’étincelle d’un mouvement d’ampleur à travers l’Indonésie et notamment dans la province de Papouasie. Cette fois les attaquants ont cherché à aller plus loin.

Un python de 15-20kg et trois serpents plus petits mais agressifs ont été lancé par des hommes arrivant sur deux motos à 4h du matin. Les trois petits serpents n’ont pas pu être retrouvés et sont probablement encore dans le bâtiment.

Selon Giyai, un organisateur du Comité Central de l’Alliance des Étudiants Papous, les attaquants ont fui les lieux quand les étudiants sont sortis de leurs chambres. Il affirme aussi que les autorités indonésiennes surveillaient le bâtiment à la jumelle et « traînaient » sur les lieux au moment des faits.

L’utilisation de serpents contre les papous n’est pas un cas isolé. Les faits rappellent cette vidéo montrant un policier utilisant un serpent pour terroriser un adolescent papou arrêté. Les Nations Unies ont appelé à une enquête pour violence, mauvais traitement et arrestation illégale suite à cette vidéo.

La violence de l’État indonésien

Les militants papous affirment que les forces de sécurité indonésiennes ont par ailleurs mené des raids nocturnes contre des dortoirs papous à Jayapura. Ceci afin d’effrayer et traumatiser les étudiants. Par ailleurs il semble que la police face usage de groupes de miliciens nationalistes pour réprimer le mouvement. Des vidéos montrent ces miliciens se déplaçant en armes, de concert avec les militaires.

De nombreuses informations ont filtré hors du pays grâce à la défenseur des droits de l’homme Veronica Koman. L’Indonésie l’accuse aujourd’hui de répandre de fausses informations. L’avocate est désormais sous le coup d’un mandat d’arrêt. Il semble que la vidéo de Koman montrant les miliciens et les militaires traitant les papous de « singes » et de « chiens » ait été le déclencheur. Il semble que la répression de l’État indonésien contre les militants papous ne soit qu’un début.