Coup de gueule

Le livreur de sushis à fait tomber deux policiers toulousains pour lui avoir soutiré de l’argent après un excès de vitesse

Les deux policiers de Colomiers, près de Toulouse, sont aujourd’hui en prison et poursuivis pour corruption. On ignore actuellement si les deux agents étaient coutumier de cette pratique où si ils ont simplement profité de cette opportunité. Selon le procureur Dominique Alzaeri il s’agit de « faits d’une particulière gravité ». Le livreur de sushis s’est rendu avec son patron au commissariat dans la soirée du vendredi 14 février pour porter plainte. Les agents lui auraient proposé de leur donner plusieurs centaines d’euros en échange de l’absence de verbalisation.

L’enregistrement au cœur de l’enquête

Malheureusement pour les policiers l’homme avait de quoi étayer ses accusations. En effet il possède un enregistrement audio de la conversation. Les policiers ont avoué les faits lors de leur garde à vue et on reconnu s’être partagé l’argent. Un juge d’instruction s’occupe actuellement de l’enquête. Il s’agit maintenant de « déterminer l’ampleur exacte de ces errements qui pourraient s’avérer réitérés », selon le procureur de la République.

On peut raisonnablement se demander si la plainte du livreur de sushis auraient seulement été acceptée au commissariat sans cet enregistrement. De plus l’homme a eu la chance d’être soutenu par son patron, ce qui est loin d’être une règle générale. A un moment où le gouvernement essaye de nous empêcher de filmer les interactions et violences policières cette affaire vient au contraire en souligner la nécessité. L’institution et l’IGPN ont prouvé depuis longtemps qu’ils couvrent leurs collègues. Il ne nous reste pour nous défendre que ces méthodes de débrouille face à l’arbitraire.

Coup de gueule

Une enquête du Canard enchaîné révèle que les 10400 caméras piétons coûteuses destinés à la police fonctionnent rarement et mal

Ces caméras destinés à filmer les interactions de la police avec les citoyens ont coûtés 2,3 millions d’euros. Rappelons que l’annonce avait été faite par Christophe Castaner, au plus fort du mouvement des gilets jaunes ; en janvier 2019. Le ministre avait alors souhaité voir les policiers équipés de LBD munis de cette caméra. Selon les termes du ministre ; « dans la mesure du possible, équipés de caméras piétons ». Outre que la formule soit intelligemment tournée pour n’engager à rien, ces caméras sont un échec pour d’autres raisons.

De l’argent public jeté par les fenêtres

Le ministre avait ajouté que l’enjeu était de répondre à l’exigence de transparence et d’exemplarité des français. On a bien vu depuis janvier 2019 ce que signifiaient ces paroles vides de sens. Le but était donc de limiter bavures et violences policières. Il eut été naïf de s’attendre à des mesures efficaces alors que l’exécutif se refuse à utiliser le terme même de « violence policière ». Au moment où la France est pointée du doigt par divers organismes internationaux pour ses méthodes de maintien de l’ordre, ces caméras ne pouvaient être qu’un miroir aux alouettes.

Le Canard enchaîné pointe dans son enquête que les caméras sont tout simplement inutilisables. On peut d’ailleurs lister les problèmes rencontrés ; Fixations qui ne tiennent pas, autonomie trop faible et angle de vue limité. Selon la source du Canard ; « les caméras piétons dorment au fond des tiroirs ». Ajoutons aussi que ce n’est pas une caméra qui risque de changer la donne des violences policières. Les policiers sont régulièrement filmés commettant des violences caractérisés sans être d’avantage inquiétés par l’IGPN. Ce qu’on a ici c’est une opération de communication gouvernementale à 2,3 millions d’euros.

Politique

Cette mesure d’augmentation du salaire des policiers et le paiement de leurs heures supplémentaires vise à clairement à s’assurer de leur fidélité

Le gouvernement ne cesse de choyer les agents depuis le début de ce mouvement social. Macron avait récemment annoncé qu’il n’y aurait pas de changement dans le régime spécial des policiers. Aujourd’hui une étape supplémentaire est franchie dans l’espoir de désamorcer tout mouvement social de la part des agents. A n’en pas douter ceux-ci se rendent aussi bien compte qu’en période de mouvement social leur position de négociation s’est renforcée.

Le gouvernement cède à toutes les demandes policières

La décision de revaloriser les salaires est venu le 19 décembre dernier. Le ministère de l’intérieur a fait cette annonce après une seule journée de protestation des policiers. Ces derniers réclamant toujours plus de moyens, avec cette fois pour excuse la crise des Gilets Jaunes. Pour s’assurer de leur fidélité le gouvernement a donc décidé de s’atteler au règlement des millions d’heures supplémentaires non-payées. Une prime exceptionnelle de 300 euros a aussi été accordée. De leurs cotés les policiers avaient opéré des fermetures symboliques de commissariats dans plusieurs villes pour faire pression sur l’État.

L’augmentation du salaire des policiers commencera par 40 euros par mois dès le 1er janvier. Le syndicat policier SGP s’est félicité de ces nouvelles ; « c’est ce qu’on voulait ». L’augmentation ne s’arrêtera pas là ; elle montera jusqu’à 120 euros pour les gardiens de la paix et jusqu’à 150 pour les gradés d’ici la fin de l’année prochaine. Il est toujours intéressant d’observer les attitudes de l’État quand celui-ci se sent menacé ; la précaution d’usage est de s’assurer du soutien des forces de répression. Rappelons-nous que les militaires sont aussi exemptés de cette réforme des retraites que le gouvernement cherche à nous vendre comme un progrès social.