Amazon, prud'hommes
Politique

Amazon vient d’être condamné par le conseil des prud’hommes. Le géant du web doit reconnaître un statut professionnel plus élevé à certains de ses employés.

Le géant de la vente en ligne s’accommode de bien des règles et il vient de se faire attraper par les prud’hommes. La juridiction vient en effet de condamner le mastodonte de l’e-commerce à reconnaître à sept de ses employés un statut supérieur à celui qu’il était jusqu’à présent.

La raison? La direction d’Amazon les maintenait à un statut de base tandis que ces employés occupent des fonctions de caristes qualifiés tout en étant titulaires du Caces (Certificat d’aptitude à la conduire en sécurité). Et ce pour éviter bien entendu d’avoir à leur verser une rémunération en conséquence.

Cela faisait plus d’un an à présent que la situation avait été dénoncée : Amazon ne respectait pas la convention collective. La justice a tranché en faveur de ces employés et oblige Amazon à classer les salariés en question non pas en T1 mais en T3. Un changement qui entraîne un rappel de salaire, de congés payés et de treizième mois. Au total, Amazon devra verser près de 155 000 euros aux sept employés.

Politique

La Cour d’appel d’Amiens a confirmé ce mardi 30 septembre l’annulation du licenciement de 683 salariés de l’usine de fabrication de pneus Continental de Clairoix, dans l’Oise, prononcée en première instance par le tribunal des prud’hommes en 2013. Les justifications économiques à l’origine de ce plan de licenciement ont une fois de plus étaient rejetées par la justice.

Le groupe Continental a fermé son usine de Clairoix en 2010 après plusieurs mois de protestation et de conflit social. Le fabricant avait alors justifié cette suppression d’emplois par la période crise qui traversait le secteur de l’automobile et la surproduction de pneus qui en a résulté. Assigné en justice par des salariés lassés de n’être qu’une simple variable d’ajustement dans le processus de production, l’industriel allemand avait finalement fait appel de la décision

« A la suite du conseil des prud’hommes, la cour d’appel a retenu l’absence de justification économique des licenciements au regard de la situation et des résultats d’ensemble du groupe de dimension mondiale Continental », expliquent les juges dans un communiqué.

La Cour a considéré d’autre part que « l’obligation de reclassement qui doit être mise en œuvre avant tout licenciement n’a pas été satisfaite à l’égard des salariés concernés ». Par conséquent, la cour confirme la sentence prononcée par le tribunal des prud’hommes et condamne le groupe allemand Continental « à payer à chacun des salariés les dommages et intérêts qui leur ont été alloués par les jugements confirmés ».

Le groupe Continental peut en dernier recours se pourvoir en cassation.

Crédits photo : Hugo Cardoso