Coup de gueule

La militante antiraciste et contre les violences policières porte plainte pour des propos racistes tenus à son encontre à Ivry

La militante est connue pour la lutte qu’elle mène depuis la mort de son frère Adama aux mains de la police en 2016. Depuis elle est devenue une figure de la lutte antiraciste et contre les violences policières. Assa Traoré faisait ses courses au G20 d’Ivry-sur-Seine avenue Maurice Thorez. Lorsqu’elle a signalé que des produits en rayon étaient périmés elle s’est vue répondre ; « Bah quoi, ça se passe pas comme ça en Afrique ? ». Manque de chance pour cette raciste ordinaire, Assa Traoré a décidé de ne plus se laisser faire.

« Il fallait marquer le coup »

La militante a décidé de déposer plainte immédiatement au commissariat local pour ; « injure publique envers un particulier en raison de sa race, sa religion ou de son origine ». De son côté le gérant de l’enseigne, Sylvain Circosta affirme qu’il n’y a eu aucun propos raciste. Les faits se sont déroulés à 9h mardi matin. Assa Traoré explique qu’en tant que parent FCPE elle faisait des courses pour aider une maman en difficulté. Elle ne fréquente pas habituellement ce magasin. Voyant des produits périmés en rayon elle a alerté un membre du personnel.

Au cours de l’échange qui a suivi une employée lui a adressé la phrase en question. Assa Traoré s’est alors indigné de cette remarque et affirmé qu’il s’agissait de propos racistes. Sans se laisser abattre l’employée a nié que c’était le cas en précisant que plusieurs de ses collaborateurs étaient noirs ; ligne de défense très originale pour un raciste. Le premier employé a lors surenchéri sur le racisme en affirmant ; «Et alors, nous, on se fait bien frapper par des noirs toute la journée ». Il s’agit de la première fois que Assa Traoré décide de porter plainte pour ce genre de faits ; « Il fallait marquer le coup. Et j’ai décidé de ne plus rien laisser passer de cette ordre. »

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Des dizaines d’étudiants de l’Université d’Auckland ont organisé un sit-in et des actions de protestation contre le racisme sur le campus

Les étudiants tenaient ainsi à affirmer que le racisme et les discriminations n’avaient pas leur place à l’université. Ces actions ont eu lieu à la suite du refus du responsable de l’université de retirer des stickers et des posters liés à des groupes de suprémacistes blancs. Selon lui il s’agit d’une question de liberté d’expression. En réponse une soixantaine d’étudiants ont occupé le bâtiment où se trouve le bureau du responsable.

Le groupe d’extrême droite en question se nomme Action Zelandia. Ces nouveaux venus dans le mouvement raciste de Nouvelle-Zélande ont récemment procédé à de nombreux collages à travers le pays. L’université affirme qu’elle trouve leur idéologie détestable mais a choisi de protéger leur liberté d’expression. Le responsable Stuart McCutcheon a cyniquement affirmé qu’il trouvait cela « malheureux ».

La liberté d’exprimer son racisme

Selon les étudiants il existe actuellement un contexte général de retour du suprémacisme blanc. De nombreux groupes et militants s’étaient mis en sommeil afin d’éviter la répression suite à l’attentat dans les mosquées de Christchurch. Cependant cette mise en sommeil n’a pas duré ; il semble que cette réapparition de stickers et d’affiches soient une opération coordonnée.

Rhys Jones, un professeur sur le campus s’est avoué déçu de la réponse de l’université. Il aimerait voir l’université tracer une démarcation forte avec ces individus ; « Ceci montrerait que nous avons plus à cœur de protéger les étudiants les plus vulnérables et le personnel que de protéger le droit de suprémacistes blancs à diffuser leur rhétorique mortifère ». Jones ajoute que cela pourrait dissuader des étudiants d’intégrer l’université. Une fois encore, une conception biaisée de la liberté d’expression permet à des groupes fascistes de répandre leur idéologie. Peut-être comprendra-t-on un jour que la liberté d’expression n’est pas censée être «cinq minutes pour les juifs et cinq minutes pour les nazis ».

Coup de gueule

Une affaire de violences et insultes racistes ne sera pas retenue par le tribunal suite à une erreur dans la procédure

Une femme comparaissait devant le tribunal correctionnel de Saint-Étienne pour une affaire de violences racistes. Cette dernière avait agressée une autre femme dans un parc à l’Étrat. L’agresseuse s’était vu demander d’attacher son chien qui courrait après les enfants. Pour toute réponse elle a frappé l’autre femme en la couvrant d’injures racistes.

La mère de famille agressée avait été blessée au visage et reçu 5 jours d’ITT. Le choc psychologique pour ses enfants de 3 et 8 ans a cependant été plus dur. SOS Racisme s’était porté partie civile et c’est l’avocate de l’association qui représentait la victime.

Une faute grave

Le procès s’était pourtant déroulé normalement. L’accusée avait reconnu les faits et le procureur avait requis quatre mois de prison avec sursis et 800 euros d’amende. Cependant au moment de faire part de leur décision les juges se sont rendus compte qu’il manquait une signature sur un document ; l’ordonnance de renvoi. Ceci est apparemment suffisant pour que les infractions constatées ne puissent plus être retenues et soient donc prescrites.

Il semble que les responsables soient la juridiction. La femme agressée et SOS Racisme ont fait part de leur déception. L’avocate de la prévenu tente de se rassurer péniblement en se disant qu’au moins cette affaire de racisme ordinaire a pu passer devant les tribunaux.

Ce n’est cependant pas la déception qui devrait être le sentiment principal dans cette affaire. Le nombre d’affaires de ce genre qui se retrouvent devant les tribunaux est déjà infime par rapport aux nombres d’agressions de ce type. Or quand une personne trouve le courage de protester une faute administrative suffit à débouter sa plainte. Ce genre de décision à des effets plus larges en termes de messages envoyés au reste de la population.

InternationalPolitique

La page Facebook du premier ministre israélien Nétanyahou a été suspendue pour incitation à la haine raciale

Facebook a effet pris la décision de sanctionner la page officielle de Benjamin Nétanyahou après un message particulièrement offensant. Ce dernier en appelait aux électeurs pour s’opposer à un gouvernement composé ; « d’arabes qui veulent tous nous détruire – homme, femmes et enfants ».

Le réseaux social a précisé que ce type de discours violait sa politique de lutte contre l’incitation à la haine raciale. De ce fait Facebook a bloqué la fonction de messagerie automatique pour 24h.

Le premier ministre a nié être l’auteur de ce message. Lors d’une interview sur la radio Kan Beshet Bet il a suggéré qu’un membre de son équipe de campagne serait responsable de cette erreur. Le premier ministre de droite est en effet en train de mener une campagne électorale dans le but de conserver son mandat. L’élection est prévue pour la semaine prochaine.

Un message peu surprenant

Ce message n’est pas si surprenant, même si il ne vient pas directement de Nétanyahou. Le premier ministre de 69 ans tente en effet de se faire réélire en tenant une ligne ultra-nationaliste. Mardi dernier il a ainsi affirmé qu’il annexerait la vallée du Jourdain. Cette zone faisant partie des territoire occupées de Cisjordanie.

Cette annexion serait illégal du point de vue du droit international. C’est pour cela qu’il en appelle aux électeurs pour lui donner un « mandat » lui permettant de réaliser cette annexion. Actuellement le Likud n’est pas certain de gagner. Ils sont menacés par la compétition du Parti Bleu et Blanc, de centre-droit.

Le 9 avril dernier le premier ministre avait remporté les élections mais n’avait pu obtenir suffisamment de sièges à la Knesset pour former un gouvernement. Il a donc dissous l’assemblée une seconde fois en six mois pour en appeler à une autre élection ce 17 septembre.

Politique

En Israël, circule une vidéo montrant deux policiers frappant un soldat israélien. Cet incident a provoqué une manifestation contre le racisme de la police. Elle a finalement dégénéré en affrontements. Pourquoi ?

Le soldat de la vidéo est un “Falashas”, c’est-à-dire, un des 135 000 israéliens d’origine éthiopienne. Ils descendent de communautés coupées des autres juifs pendant des siècles. Une fois reconnus par les autorités religieuses d’Israël, ils ont émigré pour fuir la guerre civile en Éthiopie. Leur arrivée en Israël n’a pas été facile, et leur intégration pose toujours un problème. Ils sont victimes de racisme et leur méconnaissance de l’Hébreu les empêche de trouver du travail. En 2011, 45 % étaient sans emploi (le taux de chômage en Israël était alors de 5,6 %).

Leurs difficultés se retrouvent dans l’éducation ou dans le logement, les gens ne veulent pas louer parce qu’ils sont Éthiopiens et noirs. Une députée d’origine éthiopienne n’a pas pu faire un don de sang au motif que son sang “était particulier”. Certaines écoles refusent les enfants de cette communauté et 20 % des enfants Falashas ne sont pas scolarisés. N’ayant pas de poids économiques, les autorités ne se soucient guère de leur sort. Pire, ce racisme semble “s’institutionnaliser” et les Falashas sont devenus des boucs émissaires.

Les dernières manifestations de Jérusalem et de Tel Aviv ont révélé une plaie ouverte et une situation inadmissible au cœur de la société israélienne.

Crédit photo : Linda De Volder

Politique

La LDH appelle au rassemblement antiraciste d’Aigues-Mortes

Unis contre le racisme. Dans la nuit du 4 au 5 août, un groupe de jeunes d’origine maghrébine a été pris pour cible par un couple muni d’une carabine de chasse. Leur seul tort a été de vouloir renseigner ces personnes qui semblaient perdues. Pour seule réponse un « c’est pas les Arabes qui vont nous renseigner chez nous ». S’ensuivent des coups de feu et une chasse à l’homme qui auraient pu aboutir à une véritable tuerie raciste.

Notre République, ainsi menacée dans ses valeurs les plus fondamentales, ne peut rester silencieuse face à un tel passage à l’acte raciste.

Car il s’agit bien là d’une tentative insupportable de crime basée sur la haine de l’autre. Ces faits, bien trop graves, relèvent de l’inacceptable pour notre pays.

Lorsqu’ un acte raciste est perpétré, c’est la République toute entière qui est attaquée.

Nous, citoyens, devons être aux côtés des victimes de cette nuit terrifiante qui aura vu, durant plus de 45 minutes, ces jeunes et ces enfants tenter d’échapper comme ils le pouvaient au sort funeste qu’un couple, animé par une intolérance criminelle, avait décidé de leur infliger.

Nous, citoyens, ne pouvons nous taire lorsque qu’un tel déferlement de violences racistes vient mettre à mal le pacte républicain.

Nous, citoyens, voulons démontrer notre attachement sans faille à cette promesse d’égalité et au vivre ensemble.

Nous, citoyens, ne laisserons pas se banaliser le racisme et nous nous élèverons de toutes nos forces, c’est là notre devoir, contre la haine et le rejet de l’autre. Partout où de tels actes ne seront pas dénoncés fermement, ils risqueront de se répéter, gangrénant toujours plus insidieusement toutes les strates de notre société. Il est donc de notre responsabilité et du devoir de tous de s’affirmer comme antiraciste.

Unis et fraternels, nous, citoyens, associatifs, syndicalistes, élus, artistes, ferons en sorte que la dignité et l’intégrité les plus élémentaires de ces enfants de la République ne puissent plus être ainsi bafouées.

Nous appelons à une mobilisation républicaine le samedi 1er septembre à Aigues-Mortes à 15 h, place des Armes, au pied de la tour Constance.

La LDH sera représentée par la fédération du Gard et la région du Languedoc-Roussillon.

source article : http://www.ldh-france.org