Politique

Le mercredi 25 mars, le président de la commission des lois Jean-Jacques Urvoas s’est déclaré défavorable au rétablissement de « l’indignité nationale ».

Cette éventualité a été évoquée pour enrichir l’arsenal de mesures antiterroristes. L’UMP a proposé de rétablir une sanction qui permet d’exclure symboliquement de la communauté les Français convaincus de terrorisme. Manuel Valls a demandé aux présidents des lois de l’assemblé nationale et du sénat de plancher sur cette éventualité. Les conclusions de  Jean-Jacques Urvoas sont sans appel, les effets peuvent aller à rebours du but recherché.  Par exemple, une confirmation glorieuse de la non-appartenance à la communauté nationale, ou alimenter aussi la martyrologie djihadiste. Le rapport préfère vanter un projet de loi sur le renseignement, qui sera examiné le 13 avril prochain à l’Assemblée.

Également mandaté pour plancher sur le sujet, le sénateur UMP Philippe Bas a estimé que l’indignité n’était pas au cœur de la prévention et de la répression du terrorisme. Il confirme la division de l’UMP à propos de ce sujet.

Le crime d’indignité nationale a été introduit dans le code pénal en 1944, il s’agissait alors de punir les Français ayant collaboré avec le régime nazi. Cela entraîne une privation des droits civiques, notamment le droit de voter, d’exercer toute une série de profession, etc… Elle a été abrogée en 1951.

Crédit photo : Philippe Grangeaud Solfé Communications

Politique

La députée socialiste Barbara Romagnan vient de remettre un rapport sur la politique des 35 heures. Elle estime que ce dispositif a été efficace dans la lutte contre le chômage tout en étant un des moyens les « moins coûteux ».

Instauré en 2000, sous le gouvernement Jospin, les 35 heures ont essuyé beaucoup de critiques. Pourtant, pour Barbara Romagnan, les résultats sont positifs comme elle l’explique dans son rapport « l’impact de la réduction progressive du temps de travail ». Ce rapport, approuvé par la commission d’enquête chargé de ce sujet sera accessible au public la semaine prochaine.

Interrogée par l’AFP, la députée explique : « Entre 1997 et 2002, on a connu la période pendant laquelle le chômage a le plus baissé, de 10,8% à 7,8%. Pendant ces cinq années, insiste-t-elle, il y a eu 2 millions de créations d’emploi. C’est la période où le nombre d’emplois par point de croissance est la plus forte de toute l’histoire. On ne peut pas attribuer ces bons chiffres à la seule croissance ». A cette époque, il y a en effet eu près de 350.000 création d’emplois.

Par ailleurs, elle estime aussi que cette politique de réduction du temps de travail est bien mois coûteuse que les exonérations de cotisations sociales. Elle a évalué le coût de ce dispositif à 12.800 euros par emploi. Elle estime aussi qu’il a permis de réduire les inégalités hommes-femmes « en permettant aux pères de jeunes enfants de leur consacrer plus de temps » et « en freinant la progression du temps partiel, qui touche surtout les femmes ».

Cependant, Mme Romagnan nuance son rapport en soulignant que certains salariés ont été « oubliés » des 35 heures, les « salariés des entreprises de moins de 20 salariés », les « cadres au forfait-jours », et les « employés des hôpitaux ». Elle écrit aussi que cette mise en place a « accentué des travers qui existaient préalablement dans des secteurs où le temps de travail était déjà très partiel et flexible », notamment pour les femmes peu qualifiées sans enfant.

Crédits photo : Richard Ying et Tangui Morlier

Coup de gueule

C’est un constat des plus alarmants que nous livre l’association WWF dans la dixième édition de son rapport annuel intitulé « Planète vivante » et qui mesure l’évolution de la biodiversité et des espèces vivantes sur notre planète. Un population de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons, qui aurait régressé de 52% en à peine 40 ans. Un seul responsable : l’Homme est ses activités.

Selon cette étude basée sur plusieurs indicateurs comme l’indice Planète vivante (IPV) qui mesure l‘évolution de la biodiversité à partir du suivi de 10 380 populations (groupes d’animaux sur un territoire) appartenant à 3 038 espèces vertébrées de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons. Des espèces qui ont perdu près de la moitié des leurs congénères depuis les années 1970.

Certaines espèces tropicales en Amérique centrale et en Amérique du Sud auraient même enregistré un recul de leur IPV de plus de 80 %. Pour WWF, pas de doute, le responsable est bien l’Homme est sa frénésie du développement. L’Homme agit comme s’il disposait de ressources infinies, sans prendre en compte la nécessaire régénération des écosystèmes, explique les auteurs du rapport. En substance, l’espèce humaine « consomme » plus d’une Terre. Une réalité qui, du fait d’une pression démographique toujours plus importante, sera de plus en plus patente.

« Nous nous désintéressons de leur sort pour notre propre perte« , souligne le Fonds mondial pour la nature.

Crédits photo : Benh LIEU SONG