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Le Rassemblement National est poursuivit en justice en Russie pour n’avoir pas remboursé un prêt de 9,14 millions d’euros

Le prêt aurait été contracté en Russie en 2014. L’audience est fixée au 2 juin et le parti devra s’expliquer en Russie sur les raisons de ce non-remboursement. Le plaignant est une entreprise russe. Ce prêt avait à l’époque fait couler beaucoup d’encre. Certains soupçonnaient que Poutine tentait de s’immiscer dans la politique française à travers ce parti. Le RN avait en effet critiqué les politiques de sanctions vis à vis de la Russie au sujet de la guerre en Ukraine.

Des russes compréhensifs ?

Les prêteurs sont l’entreprise Aviazapchast, dirigée par d’anciens militaires russes. Leur spécialité est les pièces détachées pour avions. On sait que la Russie utilise souvent des anciens soldats à des fins politiques pour pouvoir nier son implication. C’est notamment le cas du Groupe Wagner, une entreprises de mercenaires servant les intérêts du Kremlin. Malgré tout ces derniers ne semblent pas vouloir faire cadeaux des 9,14 millions d’euros à l’extrême droite française. Le dépôt de la plainte remonte au 10 décembre. De son côté le trésorier du RN affirme que tout se passe bien et qu’ils sont en train de rembourser le prêt.

Le prêt n’avait initialement pas été contracté par cette entreprise, mais leur a été revendu. Le RN affirme qu’ils entretiennent de bonnes relations avec Aviazapchast. Ces derniers n’auraient aucun intérêt à demander le remboursement immédiat ; ceci mettrait le parti en faillite. Le RN est actuellement au cœur de diverses affaires de financements louches et de prêts. Rappelons aussi que l’État demande 11,6 millions d’euros de dommage et intérêts au parti pour escroquerie et abus de bien sociaux dans l’affaire Riwal.

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IdéesSociété

Le candidat RN aux municipales dans la commune de Guînes (Pas-de-Calais), Christophe Marécaux, juge nécessaire d’enseigner le tir aux enfants pour se prémunir « face aux menaces islamistes ».

Impuissance de l’Etat

La tête de liste du Rassemblement national à Guînes (Pas-de-Calais) a fait sa surprenante déclaration après avoir assisté, la semaine dernière, à l’assemblée générale de l’association de tir la Patriote, qui gère le stand de tir de la ville de Guînes.« L’instruction de nos enfants au tir, face aux menaces islamistes présentes et futures, n’est-elle pas une nécessité ? », a interrogé monsieur Marécaux sur la page Facebook de sa liste dimanche 2 février.

Dans une interview donnée au Nord Littoral, le candidat aux municipales juge cette mesure nécessaire « dans un pays où l’État se dégage de ses fonctions régaliennes, et où il y a moins de sécurité partout ». Mais cette idée, qui sonne surtout comme un appel à former des milices, composées de mineurs qui plus est, a plutôt des airs de jeunesses hitlériennes.

« L’État n’assure plus ses missions régaliennes, nous ne sommes plus en sécurité. 0n va pas se laisser faire égorger comme des cochons », a surenchéri Christophe Marécaux.

Simple « question »

Interrogé à ce sujet, Christophe Marécaux a invoqué « l’ouverture au débat », rappelant qu’il n’avait fait que soulever une question : « Je n’ai rien affirmé, je pose une question, pour que les gens s’interrogent. On ne vit pas dans un monde de Bisounours, on est dans un monde où il y a des dizaines et des dizaines d’attentats chaque année. »

L’association de tir la Patriote, malgré son nom pour le moins évocateur, a condamné les propos de l’élu, dénonçant une « recommandation » frisant l’incitation à la violence. Le Rassemblement national, en revanche, ne s’est toujours pas prononcé officiellement sur la publication de son candidat.

Politique

Philippe Vardon sera le candidat du Rassemblement National pour les élections municipales de Nice. L’homme est aussi le cofondateur du Bloc Identitaire ; un mouvement violemment islamophobe. Cependant Vardon a une longue et sulfureuse histoire politique derrière lui.

L’individu a appartenu à la mouvance skinhead d’extrême droite ; il était par exemple membre du groupe de Oi « Fraction». Une de leur chanson avait été interdite pour la violence raciste de ses paroles appelant au meurtre des « sionistes », « marxistes » et « cosmopolites ». Les individus ont échappé à la condamnation suite à un vice de procédure.

Vardon était également membre du groupe nationaliste-révolutionnaire « Unité Radicale ». Rappelons que ce groupe a été dissous en 2002 suite à la tentative d’assassinat de Jacques Chirac par un de ses membres.

Suite à la dissolution Fabrice Robert et Phillipe Vardon fondent successivement les Jeunesses Identitaires et le Bloc Identitaire. Ces derniers sont à l’origine de nombreuses rixes et coups de communication islamophobes.

Un choix paradoxal

L’arrivée de Vardon au Rassemblement bleu Marine en 2013 avait tout d’abord été refusé par Gilbert Collard avant que Marine Le Pen finisse par l’accepter. Quelques années après le militant d’extrême droite de 39 ans est candidat aux municipales d’une ville de 340 000 habitants. On a du mal à comprendre comment un tel individu a pu trouver sa place dans la stratégie de dédiabolisation du parti.

Aujourd’hui le RN fait le choix de mettre l’accent sur la réforme de l’ancien skinhead, sur son parcours difficile et sa transformation en militant sérieux. L’homme est pourtant connu pour sa violence dans le milieu d’extrême droite.

L’avantage de Philippe Vardon est qu’il est connaît la ville  de Nice. Il s’y est déjà présenté à deux reprises au élections municipales et est un bon communicant. Les échecs successifs du Rassemblement National à prendre cette ville de droite peuvent expliquer ce pari d’utiliser un candidat sulfureux mais efficace.