Politique

Des milliers de personnes ont manifesté dans toute l’Espagne ce samedi 29 novembre. De grands rassemblements ont eu lieu dans les rues de Madrid, de Barcelone et d’autres grandes villes espagnoles pour dénoncer l’austérité et la misère, près de 24% de la population espagnole est au chômage.

Les journalistes de l’AFP ont assisté à la manifestation qui a eu lieu à Madrid, ce week-end. Le cortège s’est formé à la gare d’Atocha pour se rendre à la Puerta Del Sol. Sur les banderoles on pouvait lire “Du pain, un toit, un travail”. Les espagnols souhaitent mettre fin à la politique d’austérité qui provoque la misère pour beaucoup et dénoncent une classe politique, qu’ils accusent de corruption. La situation est difficile pour une grosse partie de la population, qui ne trouve pas d’emploi, qui ne peut pas se loger, à cause du prix des loyers et qui a de plus en plus de mal à se nourrir. Cette année, la Croix-Rouge est venue en aide à plus de 5 millions de personnes, menacées par la pauvreté. Un tiers des travailleurs touchent un salaire de 645 euros seulement.

L’AFP a interrogé l’un des manifestants, Agustin Carretero qui vit dans un appartement de 50 m2 de type HLM avec ses deux enfants de six et huit ans, son loyer est de 500 euros. Agustin raconte que son logement vient d’être vendu à un promoteur pour la somme de 60.000 euros, mais en 2018, il n’aura plus le choix, soit il rachète son appartement pour la somme de 140.000 euros, soit il déménage. Plus de 2.300 personnes sont dans la même situation actuellement.

Le gouvernement annonce une croissance de 1,3% pour 2014, “la plus forte de la zone euro”. Mais cela ne reste que de la propagande pour les manifestants du 29 décembre, “la crise se poursuit, on continue à imposer des coupes claires dans la santé, l’éducation (…) à privatiser l’enseignement” raconte Carlos, chômeur de 48 ans, à la recherche désespérée d’un emploi depuis un an et demi. La situation reste compliquée en Espagne, et la trilogie “pain, toit, travail” n’est pas facilement accessible pour tous.

Crédits photo : Barcex

Coup de gueulePolitique

La Confédération Paysanne appelait au rassemblement ce mardi 28 octobre devant la palais de justice d’Amiens pour dénoncer le procès de l’industrialisation de l’agriculture. Un procès au cours duquel seront jugés neuf militants de la Confédération pour dégradation contre le chantier de la ferme des 1000 vaches à Ducrat dans la Somme en septembre 2013.

Dans la nuit du 11 au 12 septembre 2013, une vingtaine de personnes s’étaient introduites sur le chantier de la ferme des 1.000 vaches, près d’Abbeville, pour une action revendiquée par la Confédération Paysanne. Ils avaient immobilisé les engins de chantier et inscrit un tag long de 250 m proclamant : «Non aux 1.000 vaches». Le directeur de l’exploitation Michel Welter avait dénoncé alors un «saccage» et des dégâts dépassant «vraisemblablement les 100.000 euros».

La Confédération Paysanne dénonce quant à elle un procès qui n’est pas celui du “saccage” mais bien celui du refus de l’industrialisation de l’agriculture française, le procès de personnes ayant choisi d’agir plutôt que de se résigner.

Plusieurs milliers de manifestant sont donc attendus aujourd’hui devant le palais de justice pour soutenir les prévenus, parmi lesquels le porte-parole de la Confédération, Laurent Pinatel. De nombreuses personnalités politiques des mouvements écologiste et d’extrême gauche ont également apporté leur soutien comme Olivier Besancenot (NPA), Jean-Luc Mélenchon, les anciennes ministres de l’Environnement Corinne Lepage et Dominique Voynet.

Crédits photo : Confédération paysanne

Coup de coeurCoup de gueule

Outre de nombreux artistes et associations, l’édition 2014 de la Fête de L’Humanité, qui s’est tenue tout le weekend à La Courneuve (93), a été l’occasion d’un dialogue fort entre “les forces de gauche qui ne se reconnaissent pas dans la politique gouvernementale”. Des propos de Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste français (PCF) accompagné des frondeurs du PS.

Ainsi, le PCF avait réuni à l’occasion du populaire festival de l’Humanité, les écologistes, les frondeurs du PS et le Front de gauche. “Toutes ces forces étaient présentes et le message a été entendu. L’ouverture soulève un espoir”, a déclaré Pierre Laurent avant de les appeler à agir en s’opposant au vote de confiance de gouvernement Valls.

“Ce n’est pas d’un claquement de doigts qu’émergera une alternative de gauche à la politique gouvernementale”, tempère Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, mais “la présence forte des frondeurs” à la Fête de l’Humanité, “la relance du Front de gauche et les relations avec les forces syndicales, montrent qu’il y a un tournant du quinquennat”.

Le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, a réagi dimanche à la participation des députés PS frondeurs à la Fête de L’Humanité, estimant qu’ils étaient « instrumentalisés contre leur parti, contre leur gouvernement ».

Crédits photo : David Monniaux