EconomieInternationalPolitique

Fléau régional, le terrorisme semble s’implanter en profondeur au Sahel, entrainant dans son sillage son lot de morts violentes et de déstabilisations politiques. La misère sociale engendrée par les violences terroristes favorise la radicalisation de la partie la plus démunie de la population. Rares sont les pays qui ont réussi, ces dernières années, à enrayer ce cercle vicieux. La Mauritanie en fait partie. Aucun acte terroriste n’y est à déplorer depuis plus de quatre ans, malgré la situation géographique sensible du pays, frontalier du Mali et de l’Algérie. Une exception qui mérite qu’on s’y intéresse.

 Le Sahel en proie au chaos

Depuis le printemps arabe, malgré d’importants progrès en matière de démocratie en Tunisie, la tendance en Afrique du Nord a été à l’expansion incontrôlable des réseaux terroristes. D’après un rapport publié par le think tank américain Potomac Institute et l’Inter-University Center on Terrorism Studies (IUCTS) en février dernier, la poussée en 2014 des groupes Daech et d’Al Qaeda a fait augmenter le nombre d’attentats terroristes en Afrique du Nord et au Sahel de 25% par rapport à 2013. Les affrontements entre des autorités fragilisées par des divisions ethnico-tribales et des groupes djihadistes sont en train de s’enraciner dans cette région du monde.

Plus généralement, le Sahel est largement devenu une zone de non-droit et une voie de transit qui permet aux réseaux terroristes de se ravitailler en hommes, munitions et matériel. Attaques multiples en Tunisie et en Lybie, meurtre d’un Français en Algérie, bombe en soute en Egypte, attentat contre l’hôtel Radisson Blu au Mali, regain de moyens pour Boko Haram, qui frappe maintenant le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Nigeria, autant de signes que la contagion djihadiste n’a de cesse de s’étendre. Depuis les attaques du 11 septembre 2001, la région a connu une augmentation de 800% des attaques terroristes. Pour la seule année 2014, il y a eu 289 nouveaux attentats encouragés par l’instabilité des Etats africains.

Non seulement le décompte des victimes est tragique, mais ces attaques terroristes ont infligé de grandes souffrances pour les économies locales. Le déclin sans précédent de l’économie libyenne en atteste. La baisse sensible du tourisme en Tunisie – un des principaux secteurs de l’économie locale – après les attentats également. Et la crise alimente la crise. La pauvreté, la misère sociale et le taux élevé de chômage et de sous-emploi, particulièrement chez les jeunes, facilitent le recrutement terroriste et l’insécurité.

La stratégie Mohamed Ould Abdel Aziz

Face à la montée du terrorisme au Sahel, la Mauritanie semble faire figure d’exception. Pourtant, le pays dans son histoire récente n’a pas été épargné : en 2003, le groupe terroriste algérien GSPC avait attaqué une unité militaire mauritanienne à Lemghayti, 15 soldats avaient trouvé la mort à Lemgheity en 2005 et trois attaques ont eu lieu en 2007. La première avaient coûté la vie à quatre touristes français abattus froidement dans la rue le 24 décembre 2007, et l’armée nationale affrontait, deux jours plus tard, un groupe armé se réclamant d’Al-Qaïda au Maghreb, à Al-Ghallawouiya. Un mois après, l’ambassade d’Israël était à son tour attaquée par des assaillants armés. La situation se retourna néanmoins avec l’élection de Mohamed Ould Abdel Aziz qui a su déployer une stratégie transversale et volontariste, grâce à laquelle le terrorisme a proprement été mis à la porte du pays. La Mauritanie est aujourd’hui le seul État maghrébin qui ne compte pas une seule branche déclarée d’Al Qaïda.

Porté au pouvoir le 6 août 2008 par un soulèvement, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, 58 ans, démissionne de l’armée quelques mois plus tard pour se faire élire, le 18 juillet 2009, à la tête de la Mauritanie. Dès son arrivée, il se montre intraitable avec les terroristes. Interrogé par le Point, il explique sa méthode : « Nous avons eu deux approches simultanées. La première, sécuritaire, en réorganisant nos forces armées. Nous les avons adaptées à la menace terroriste qui n’a rien d’une guerre classique. Nous avons créé des unités rapides d’intervention, augmenté les moyens du renseignement et contrôlé les entrées et les sorties du pays. Les terroristes venaient du Mali, nous attaquaient et y retournaient. Nous avons créé une zone tampon entre les deux pays, au nord de la Mauritanie. »

Mais il insiste sur la nécessité d’une double approche, avec un aspect plus intellectuel : « Des terroristes ont été condamnés et emprisonnés. Nous avons choisi de « déradicaliser » ceux qui n’avaient pas de sang sur les mains. Nous les avons fait discuter avec des gens de religion, des oulémas. Trente-six d’entre eux ont été relâchés et seuls deux sont repartis dans les rangs d’Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique installé au nord du Mali). » « C’est un message fort en direction des groupes armés terroristes, dans un contexte régional et mondial trouble, un signal fort qui prouve la maîtrise par la Mauritanie de son territoire, même dans ses zones les plus difficiles », développe le spécialiste mauritanien, Mohamed Fall Ould Oumeire. Mais la réponse s’est aussi jouée sur le plan régional par la mise en place d’une coopération étroite avec les pays voisins.

La plupart des dirigeants du Maghreb, de l’Afrique, de l’Europe et des États- Unis s’accordent en effet sur la nécessité de coopérer davantage face à la menace de l’insécurité et du crime organisé, insistant sur une coopération étroite des pays du Maghreb et du Sahel. Le Mali et la Mauritanie ont ainsi conclu il y a un an un accord pour renforcer leur coopération contre les groupes armés terroristes qui historiquement se servaient de la région comme base arrière. Ils ont également prévu de « renforcer la coopération entre leurs forces armées et de sécurité à travers des rencontres périodiques, l’échange régulier d’informations et la concertation étroite » entre leurs armées. Un exemple à suivre pour tous les autres pays de la région.

Politique

Alors qu’une sortie de crise se profile au Burkina Faso, suite à la signature ce dimanche d’une charte de la transition et la nomination de Michel Kafango comme chef du gouvernement intérimaire, la révolution de Ouagadougou a fait craindre durant de nombreuses semaines un embrasement dans la région du Sahel et la propagation du mouvement de contestation. Des inquiétudes sans fondement pour Jean-Yves Ollivier, spécialiste des relations diplomatiques, qui met en avant les différences fondamentales existantes d’un pays à l’autre du Sahel et de l’Afrique.

Selon une idée largement relayée par les médias africains, la chute de Blaise Compaoré ne pouvait pas mieux tomber pour les populations du Congo-Brazzaville, de la RD Congo, du Cameroun, du Togo, du Bénin, du Rwanda, ou du Tchad en soif d’alternance politique. Un phénomène s’inscrivant dans une tendance globale de sympathie révolutionnaire pacifique et populaire qui a démarré avec “la révolution des roses” en Géorgie en 2003, puis la “révolution orange” en Ukraine fin 2004 pour finalement s’insérer sur le continent africain via le Maghreb et le vent de la révolution arabe de 2011.

Or, s’il est vrai que des mouvements révolutionnaires peuvent parfois se répandre comme une traînée de poudre, ces théories se basent pour la plupart sur une simplification bien souvent préjudiciable de la situation géopolitique sur le continent africain et des pays du Sahel. En effet, considérer que le contexte politique et social puisse être similaire dans ces pays et qu’une simple étincelle au Burkina Faso enflammerait toute la région serait faire ici de bien trop nombreux raccourcis.

Comme le souligne en ce sens Jean-Yves Ollivier, l’Afrique n’est pas qu'”un grand pays”. “Les données et les situations varient d’un bout à l’autre de cet immense continent […] et on ne peut pas confondre la gouvernance de Blaise Compaoré avec celles de Joseph Kabila en RDC, ou de Paul Biya ou de Paul Kagamé au Cameroun et au Rwanda. Ces présidents n’ont guère en commun que leur longévité au pouvoir”.

Cela étant, la révolution de Ouagadougou devrait toutefois servir de leçon pour tous ces présidents au pouvoir depuis des décennies et qui souhaiteraient renouveler leur mandant malgré des limites institutionnelles. Ces derniers devront désormais séduire les jeunes générations au risque de subir des mouvements de contestations similaires. Le Burkina Faso comme le Sahel dans son ensemble compte aujourd’hui plus 70 % de moins de 30 ans, autant de jeunes qui n’ont connu que le président en place.

“Certains y parviendront, d’autres pas. Mais il faudrait être frappé d’amnésie pour prétendre, dès aujourd’hui, que leur tâche sera compliquée par l’effet Ouaga”, en conclut Jean-Yves Ollivier. Un effet qui semble avoir été largement surestimé.

Crédits photo : Maxppp

Politique

UNICEF : 850 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère pris en charge au Sahel en 2012

Dans son rapport, l’UNICEF indique que plus de 730 000 enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë sévère (MAS) ont été pris en charge dans 9 pays de la région du Sahel entre janvier et fin septembre 2012.

Selon les projections établies par l’UNICEF, ce sont au total 850 000 enfants qui auront été traités dans les centres de récupération nutritionnelle soutenus par l’UNICEF et ses partenaires sur toute l’année 2012.

Dès décembre 2011, l’UNICEF alertait sur le fait qu’1,1 million d’enfants souffriraient de MAS dans le Sahel et auraient besoin d’une prise en charge spécifique. Avec les gouvernements, les autres agences des Nations unies et les ONG, la plus importante réponse nutritionnelle jamais mise en œuvre dans la région a été lancée au Niger, Tchad, Mali, Burkina Faso, Mauritanie, Nigeria, Cameroun, Gambie, Sénégal avec le soutien des principaux bailleurs et la générosité du grand public.

Aujourd’hui, plus de 400 000 enfants traités pour malnutrition n’ont plus besoin d’une prise en charge médicale.

Par ailleurs, le nombre de centres de santé proposant une prise en charge nutritionnelle dans les pays affectés est de 4 700, alors qu’il était de seulement 3 100 il y a tout juste un an. Enfin, 7,3 millions de familles ont reçu des moustiquaires imprégnées pour se protéger du paludisme.

source article : http://unicef.fr

Politique

ACF : SAHEL : plus d’un million d’enfants sont atteints de malnutrition sévère

PEUT-ON LAISSER 15 MILLIONS DE PERSONNES EN PÉNURIE ALIMENTAIRE PENDANT 7 MOIS ?

Des greniers vides, des champs desséchés, du bétail affaibli et surtout des milliers d’enfants malnutris, dont beaucoup en danger de mort… Voilà le dur spectacle auquel on assiste aujourd’hui au Sahel. Face à cette situation, il faut monter en puissance pour répondre à d’immenses nouveaux besoins et acheminer des kits de traitement supplémentaires en urgence. Pour cela, nous avons besoin de votre aide.

plus d’infos sur : http://urgencesahel.actioncontrelafaim.org/

pour faire des dons : http://urgencesahel.actioncontrelafaim.org/

Politique

ACF : Akhenaton prête sa voix pour le Sahel

Akhenaton a gracieusement enregistré un spot radio pour sensibiliser le grand public à la crise humanitaire à l’œuvre dans le Sahel.

En effet, 17 millions de personnes sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire. Depuis plusieurs mois, nous alertons la communauté internationale et les médias sur cette crise annoncée.

Action contre la Faim mène sur place des programmes pour réduire l’impact de cette crise, mais à présent accroit sa réponse d’urgence.

source article et spot radio ici : http://www.actioncontrelafaim.org/fr/content/akhenaton-prete-sa-voix-pour-le-sahel

Politique

ACF : Un documentaire sur la crise sahélienne samedi soir sur Arte

ARTE reportage diffuse samedi 28 avril à 18h50 un documentaire qui nous plonge dans le quotidien d’une famille Burkinabé de la région de Diapaga (est du pays), particulièrement touchée par la sécheresse cette année.

“La crise alimentaire au sahel” : voilà un terme bien généraliste et abstrait pour parler de situations humaines diverses et de réalités contrastées. Quel visage prend dans ce visage la malnutrition ? Comment la famille de la petite Polenli et l’ONG Action contre la Faim y font-elle face ?

Diffusion : samedi 28 avril à 18h50 Rediffusion vendredi 4 mai à 10H30 (France, 2012, 52mn) “Famine au Burkina Faso” de Marc Dana et Emmanuel Charieras – ARTE GEIE / France Italie Média – ARTE GEIE – Action contre la Faim, ECHO (Office d’aide humanitaire de la Commission européenne) et le chanteur Tiken Jah Fakoly – France 2012

source article : http://www.actioncontrelafaim.org

Politique

ACF : URGENCE AU SAHEL

Des greniers vides, des champs desséchés, du bétail affaibli et SURTOUT des milliers d’enfants malnutris, dont beaucoup en danger de mort… Voilà le dur spectacle auquel on assiste aujourd’hui au Sahel. Face à cette situation, il faut monter en puissance pour répondre à d’immenses nouveaux besoins et acheminer des kits de traitement supplémentaires en urgence. Pour cela, nous avons besoin de votre aide.

source article : http://www.actioncontrelafaim.org

Politique

Tiken Jah Fakoly se mobilise avec Action contre la Faim face au risque de nouvelle crise humanitaire dans le Sahel.

Récoltes insuffisantes, réduction des pâturages, effet d’épuisement dû aux effets cumulés de la crise alimentaire de 2010 et des crises libyenne et ivoirienne : le Sahel est à nouveau menacé par une crise alimentaire.

plus d’infos ici : http://www.youtube.com/watch?v=pPkKZmR62FI&feature=share

ACF ?

L’organisation humanitaire Action contre la Faim, a été créée en 1979. Elle fait partie de la seconde génération des ONG (Organisations non gouvernementales), celle des “French Doctors”, ces médecins français qui en 1968, au moment de la guerre du Biafra, se sont révoltés contre le silence des humanitaires, liés par le secret et pourtant témoins des pires horreurs. Voulant forcer ce silence en dénonçant l’injustice, ces ONG ont ajouté le témoignage à l’action.

site web : http://www.actioncontrelafaim.org