Spoutnik V, Russie, Union européenne
InternationalSociété

Le vaccin produit par l’institut Gamaleya de Moscou est entré dans la procédure d’homologation du régulateur européen début mars, et devrait être autorisé sur le marché européen en juin. 

91,6 % d’efficacité

Malgré des débuts plutôt opaques (les chercheurs russes ayant tenu secret la plupart de leurs résultats) le voile a été levé début février sur l’ensemble des travaux entourant Spoutnik V. La revue scientifique britannique The Lancet en a ainsi fait l’un des vaccins les plus efficaces, avec un taux de réussite de 91,6 %. Le vaccin russe est donc, sur le papier du moins, tout à fait capable de rivaliser avec ses rivaux américains de Pfizer et Moderna. 

A ce titre, la Hongrie a décidé d’agir de son propre chef en commençant à administrer, grâce à une procédure d’approbation en urgence, les 400 000 doses de Spoutnik V qu’elle avait en sa possession (ainsi que les 550 000 doses de Sinopharm, le vaccin chinois). « L’autorisation en urgence, c’est comme jouer à la roulette russe »,  a prévenu Christa Wirthumer-Hoche, de l’Agence Européenne des Médicaments (EMA).

Difficultés de production

Mais plus que son approbation sur les marchés, c’est la production du vaccin qui pose problème à Moscou. En effet, pour l’instant 10,5 millions de doses seulement ont été produites, et la Russie cherche désespérément des partenaire pour produire le Spoutnik V.

Suite à la publication dans The Lancet, Angela Merkel a immédiatement proposé l’aide de l’Allemagne, tout comme l’Italie, où le laboratoire suisse Adienne devrait commencé à le produire en juillet sur son site de Lombardie. Le groupe italien ReiThera envisagerait également de collaborer avec Gamaleya pour fabriquer le Spoutnik V. 

En France, par contre, la production du vaccin russe semble peu probable. « Je ne vois pas Sanofi se lancer là-dedans car on va déjà travailler pour  Pfizer  et Johnson & Johnson, et en plus, il y a une dimension géopolitique dans laquelle le groupe va rechigner à mettre les doigts », explique Fabien Mallet, de la CGT Sanofi.