squatters, expulsions, Petit Cambodge
Société

Lundi 4 janvier, le tribunal judiciaire de Paris a ordonné « l’expulsion immédiate » et « sans délai » des squatteurs d’une annexe du Petit Cambodge, ce bar restaurant rendu célèbre par les attentats du 13 novembre 2015. 

Lutte contre la « gentrification »

Le local en question est loué depuis décembre 2015 par les propriétaires du Petit Cambodge, qui prévoient d’y ouvrir une nouvelle salle. Toutefois, selon les squatteurs, les travaux d’aménagement n’ont jamais débuté, et les lieux sont inoccupés depuis 5 ans. Inacceptable pour ces militants opposés à la « gentrification » du quartier, c’est-à-dire au phénomène de remplacement social par lequel les bourgeois expulsent lentement mais sûrement les classes populaires des nouveaux quartiers à la mode. 

Ces militants anarchistes anti « gentrification et spéculateurs » ont donc décidé d’investir les lieux le 14 novembre dernier, pour en faire un centre social autogéré censé héberger des personnes en grande précarité. « Les habitants du quartier de la place Sainte-Marthe n’ont pas besoin d’un énième restaurant, d’un énième lieu marchand hors de ses moyens tenu par des propriétaires venant des quartiers les plus aisés. Ils ont besoin de vie, de rencontres, de liens, d’associations, d’espaces culturels et créatifs, tout ce que ces attentats de 2015 visaient à annihiler», ont fait savoir les occupants des lieux dans un communiqué.

«  Aucun respect des mesures sanitaires  »

Mais le tribunal a estimé, lundi 4 janvier, qu’il n’y avait aucune preuve d’un tel hébergement, et donc que l’expulsion du local pouvait être ordonnée, puisqu’elle ne « portait pas atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale ou du domicile de quiconque ». Les squatteurs se sont vu accorder un délai de 48 heures pour évacuer les lieux, et ont été condamnés à verser 153 euros par journée d’occupation.

«  On ne pouvait pas espérer mieux. C’est la décision qu’on attendait, se réjouit Christian Gallois, l’un des deux cogérants. J’ai l’impression qu’il n’y a pas eu beaucoup de dégradations. Une fois qu’on aura accès au local, on va entreprendre un état des lieux avant la reprise des travaux. On espère pouvoir ouvrir mi-mars ».

« Ce local était squatté de manière illicite. Pendant toutes ces semaines, les squatteurs se sont servis du restaurant pour organiser des apéros et des concerts, des débats sur la lutte anarchiste, un marché de Noël, des projections cinématographiques. Ce, sans aucun respect des mesures sanitaires imposées à tous », a fait savoir l’une des avocates des gérants, Maître Marine Rogé.