Taïwan, Chine
International

Suite à la visite d’une délégation de parlementaires américains à Taïwan, Pékin a annoncé lundi 15 août la tenue de nouvelles manœuvres militaires à proximité de l’île.

« Soutien résolu des États-Unis envers Taïwan »

La délégation américaine, composée du sénateur du Massachusetts Ed Markey et des représentants Alan Lowenthal (Californie, démocrate), John Garamendi (Californie, démocrate), Don Beyer (Virginie, démocrate) et Aumua Amata Coleman Radewagen (Samoa, républicaine), est arrivée dimanche soir à Taipei, sans avoir publiquement été annoncée. 

Les parlementaires vont rencontrer au cours de leur visite le ministre des Affaires étrangères Joseph Wu, qui a salué leur venue dans un communiqué : « Alors que la Chine continue à faire monter les tensions dans la région, le Congrès américain a de nouveau envoyé une délégation de haut niveau à Taïwan, démontrant ainsi une amitié qui n’est pas effrayée par les menaces de la Chine et souligne le soutien résolu des États-Unis envers Taïwan».

Réaction immédiate

La réponse chinoise ne s’est pas fait attendre. « Le 15 août, le Théâtre oriental de l’Armée populaire de libération chinoise a organisé une patrouille de préparation au combat interarmées multi-services et des exercices de combat dans la mer et l’espace aérien autour de Taïwan » a, le jour même, fait savoir l’armée chinoise dans un communiqué.

Ces exercices constituent « une dissuasion solennelle contre les États-Unis et Taïwan qui continuent à jouer des tours politiques et à saper la paix et la stabilité à travers le détroit de Taïwan », a ensuite déclaré le colonel major Shi Yi, porte-parole du commandement du Théâtre oriental de l’armée chinoise.

Mélenchon, Taïwan
InternationalSociété

Mercredi 3 mars, le président de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a tenu à donner son avis sur la visite de Nancy Pelosi à Taïwan, qu’il qualifie de provocation. Cette position clairement pro-chinoise (un régime autoritaire, encore une fois) lui a immédiatement valu les foudres de nombreuses personnalités de gauche. 

« Les Chinois régleront le problème »

Dans un texte publié sur son site internet, Jean-Luc Mélenchon a dit tout le bien qu’il pensait des Etats-Unis et de leur énième provocation contre la Chine. « La scène internationale m’afflige autant que les misérables simagrées des macronistes avec leur diversion sur l’antisémitisme attribué à la LFI. Certes, il s’agit pour ces misérables de faire oublier leur forfaiture dans leur panique face à l’idée d’une taxation des profiteurs de crise. Mais autrement plus lourde de conséquences est la provocation des USA à Taïwan. Quel est le sens de la visite de Pelosi sur place ? », interroge l’ancien candidat à la présidentielle. 

« Taïwan est un sujet tendu depuis la libération de la Chine. Mais, pour les Français depuis 1965 et le général de Gaulle, il n’y a qu’une seule Chine. Elle siège au Conseil de sécurité. Taïwan est une composante à part entière de la Chine. Le premier gouvernement alors national dictatorial de l’île, celui de Tchang Kaï-chek, prétendait d’ailleurs reprendre le contrôle de la « Chine continentale ». Depuis, chacun s’en tient à une volonté de coexistence pacifique, en attendant mieux. Quoi ? Les Chinois régleront le problème entre eux. Il n’y a pas d’autre issue raisonnable possible », résume Jean-Luc Mélenchon. 

« Pas en mon nom »

Mais le leader de la France insoumise est loin de fédérer la gauche à ce sujet, et nombreux sont ceux à lui reprocher sa proximité avec les régimes autoritaires. « Mélenchon parlait de “provocation” quand l’Ukraine démocrate se défendait au Donbass face à la Russie autoritaire. Et (il) parle de “provocation” de Taïwan quand ce pays agit librement face à la Chine. Un pays démocrate, c’est forcément une “provocation” pour une dictature », tweetait vendredi le patron des écologistes, Julien Bayou.

« Pas en mon nom, abonde le député européen écologiste David Cormand. Le cynisme de la diversion qui consiste à faire passer les bourreaux pour des victimes, c’est l’éternelle dialectique des dictateurs et la justification de leur barbarie. La Chine est une dictature. Les Taïwanais sont libres de disposer d’eux-mêmes ».