IBM, télégrève
Economie

Les salariés d’IBM France se sont mis en grève vendredi 16 avril pour protester contre les suppressions d’emplois et la scission des activités décidées par la direction du groupe. Le personnel révolté s’est rassemblé en ligne, sur des plateformes telles que Zoom et Twitch. 

Le géant américain de l’informatique compte réduire de moitié ses postes en France, par deux procéder successifs. Il souhaite d’abord en supprimer 1200 grâce à un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), puis en transférer 1 300 vers la société dérivée Kyndryl, qu’il compte créer.

Suppressions injustifiées

Les salariés d’IBM France se sont donc réunis en masse sur Zoom dès 9 heures vendredi matin, pour protester contre une suppression injustifiée et dangereuse. « En plus d’être injustifié, ce plan social met en danger la compagnie, en s’attaquant à des secteurs critiques, comme les commerciaux, dont l’effectif va fondre de 30  % », assure la CGT IBM, qui dénonce également les menaces proférées par le groupe. 

En effet, IBM assure qu’il y aura des licenciements secs si le PSE n’est pas mis en place.  « C’est la menace que fait planer la direction, s’il n’y a pas 1 200 départs en  préretraite ou volontaires, explique la CGT.  Mais, vu la pyramide des âges chez IBM, il y a beaucoup de quinquagénaires, encore loin de la retraite, il y aura certainement des licenciements secs. Et se retrouver mis à la porte à 50  ans, cela fait très peur. »

Scission remise en cause

La scission est également pointée du doigt, car par ce procédé, les salariés déplacés passeront de la convention collective de la métallurgie à la Fédération Syntec, bien moins protectrice. 

« Mais ce qui nous inquiète le plus est la viabilité de l’entreprise. Les clients qui ont fait le choix de payer les tarifs IBM pour confier la gestion de l’ensemble de leurs services informatiques à IBM vont-ils continuer de le faire avec Kyndryl, entreprise qui n’existe même pas encore ? rappelle la CGT. Certains clients ont déjà fait part de leur mécontentement, voire de leur désaccord ferme. Vu comment c’est parti, on ne donne pas deux ou trois ans à cette nouvelle société. »