Coup de gueuleInternational

Nestlé a reconnu des cas d’esclavage en Thaïlande alors que l’entreprise est encore poursuivie pour avoir fait travailler des enfant en côte d’Ivoire

Ces cas d’esclavage ont notamment lieu dans l’industrie de la pêche. L’entreprise a elle-même rapporté les faits d’esclavages après une enquête interne. De nombreuses personnes ont salué l’honnêteté de l’entreprise mais on ignore encore beaucoup de chose sur la chaîne d’approvisionnement de ces produits.

Nestlé a annoncé qu’ils souhaitaient inaugurer une nouvelle ère pour l’entreprise ; celle d’un plus grand contrôle sur leur chaîne d’approvisionnement. Nestlé aurait mené une enquête d’un an avant d’annoncer le résultat de ses recherches.

On peut cependant mettre en doute l’honnêteté de l’entreprise étant donné qu’ils n’ont lancé cette enquête que tardivement. De nombreuses allégations et enquêtes ont déjà été publiées ; il est de notoriété commune que l’industrie de la pêche thaïlandaise et gangrenée par le trafic d’êtres humains.

Nestlé se couvre

Le produit concerné chez Nestlé est notamment le « Fancy Feast » ; de la nourriture pour chat. L’entreprise a tenu à rappeler qu’aucune autre marque opérant en Thaïlande était à l’abri de ce problème ; il faut rappeler que le pays est le troisième exportateur de produits maritimes.

Il est aujourd’hui de bon ton de saluer le travail et l’honnêteté de Nestlé. On en viendrait presque à oublier que l’entreprise est mouillée dans de nombreux autres scandales. Tout comme leurs tentatives de green-washing il s’agit vraisemblablement d’une campagne marketing ; au vu d’un esclavage trop visible, autant en faire un atout de communication. On oublie ainsi que le problème existe depuis des années et l’entreprise s’en tire à bon compte.

Politique

La Thaïlande affiche un chiffre étonnant de 0,56 % pour le taux de chômage. Ne cherchez pas, c’est le  plus bas du monde ! Mais en fait qu’y a-t-il derrière ce chiffre particulièrement positif ?

Plusieurs phénomènes expliquent cette baisse continue : la croissance démographique, car le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans a doublé en 10 ans. De plus en plus de Thaïlandais partent à la retraite, laissant plus d’emplois vacants pour les jeunes. La Thaïlande connaît même une pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs.

Mais surtout comme toute bonne statistique, c’est sur la notion de chômeurs que se posent les interrogations. En Thaïlande, une personne qui retourne chez ses parents pour y travailler quelques heures est considérée comme employée. Beaucoup travaillent moins de 20 heures, un temps partiel qui n’assure pas toujours un revenu décent.

Le chômage en Thaïlande est mal accepté, et les indemnités réduites. Les Thaïs sont donc obligés d’accepter les premières offres disponibles. Enfin détail important, beaucoup d’emplois sont dans le secteur agricole, hors celui-ci est contraint à des périodes de pause (saisons). Les employés ne travaillent pas à ce moment-là, ne gagnent pas d’argent, mais ils ne sont pas considérés comme chômeurs.

Les statistiques sont une chose, les réalités en sont une autre.

Crédit photo : Araleya

EconomiePolitique

En Thaïlande l’économie de marché bat son plein. Consommer, consommer toujours et encore ! Pour faire face aux dépenses, une solution facile : l’emprunt. Et quand les familles ne peuvent plus faire face à ses emprunts, elles en contractent de nouveaux…

Beaucoup de travailleurs actuellement sont appelés “des salariés à zéro baht” car l’ensemble de leur salaire est consacré au remboursement des intérêts de leurs dettes. Cette situation alarmante inquiète les militaires au pouvoir qui ont promis d’assainir l’économie du pays.

Ce phénomène s’explique à la base par des taux d’intérêt très très bas et des mesures  incitatives pour l’achat d’un premier véhicule qui sont les facteurs de cette poussée du crédit. Entre 2009 et 2014, le ratio entre la dette des foyers et le PIB est passé de 60 à 85 %. La hausse de la dette des ménages risque de ralentir les progrès dans un pays où les perspectives économiques s’assombrissent. Le taux de croissance reste en-deçà des pays voisins.

L’endettement a aussi des conséquences sociales et entraine de plus en plus des problèmes familiaux et des divorces. En attendant, les salariés cherchent des heures supplémentaires et des activités complémentaires ou l’option des prêts sur gages. Les monts-de-piété souvent directement gérés par l’État, sont des entreprises particulièrement florissantes.

Crédit photo : André