TotalEnergies, Russie
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Mercredi 27 avril, TotalEnergies a annoncé vouloir se retirer du projet entourant la gigantesque usine de gaz naturel liquéfié Arctic LNG 2, situé sur la péninsule de Gydan, dans le district autonome de Iamalo-Nénétsie.  

« Risques sur les futurs approvisionnements »

Fin mars déjà, TotalEnergies, qui possède actuellement 21,6 % du projet Arctic LNG 2, avait indiqué sa volonté de ne plus s’engager davantage « compte tenu des incertitudes que font peser les sanctions technologiques et financières sur la capacité à réaliser le projet en cours de construction ». 

« Les pays consommateurs et les marchés craignent de possibles risques sur les futurs approvisionnements en pétrole et en gaz, explique Francis Perrin, directeur de recherche à l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques). D’autant que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés, dont la Russie, gardent pour l’instant une feuille de route immuable, comme si la guerre n’existait pas ».

Retrait « cynique »

Les sanctions européennes « font peser des risques supplémentaires sur la capacité d’exécution du projet », a fait savoir TotalEnergies dans un communiqué. Mais pour certains, cette raison purement pécuniaire ne fait pas honneur à l’entreprise. 

« Se contenter d’anticiper dans ses comptes les potentielles conséquences financières d’un retrait d’Arctic LNG 2 est cynique, dénonce Lorette Philippot, représentante des Amis de la Terre. La multinationale doit dès aujourd’hui cesser de soutenir l’effort de guerre de Poutine et renoncer à son mégaprojet gazier en Arctique russe».

Toutefois, un retrait immédiat serait contreproductif, comme le rappelait déjà Total quand le candidat écologiste, Yannick Jadot, l’accusait de « complicité de crimes de guerre ». « Abandonner ces participations sans contrepartie financière contribuerait à enrichir des investisseurs russes », avait alors souligné l’entreprise.