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Société

Mardi 12 octobre, aux alentours de 5h du matin, le train express régional Hendaye-Saint-Jean-de-Luz a percuté quatre personnes probablement endormies sur les rails de la commune de Ciboure, dans la périphérie de Saint-Jean-de-Luz. La catastrophe a fait trois morts, tandis qu’une victime est entre la vie et la mort. 

Catastrophe prévisible

« Un cheminot en congés, qui se trouvait dans le train, a soutenu les passagers, très choqués, alors qu’un contrôleur a donné les premiers secours à la personne blessée, en lui faisant un garrot. Il perdait énormément de sang et les espoirs de survie étaient très faibles », détaille Julien Delion, délégué CGT des cheminots de Bayonne.

« Selon l’officier de la police judiciaire, il s’agirait d’Algériens qui ont traversé l’Espagne », ajoute le syndicaliste, choqué mais loin d’être surpris par ce drame. « Une centaine de personnes empruntent ce chemin chaque jour, explique-t-il. Des gens qui fuient la misère de leur pays, au risque de leur vie. D’Hendaye, poste frontalier avec l’Espagne, ils passent par les voies ferroviaires pour rejoindre Bayonne d’où ils espèrent prendre un bus afin d’aller plus au nord. Ils n’utilisent pas les routes, car ils savent que les contrôles policiers sont très nombreux. »

Un droit d’arriver «  sans mourir  »

« Depuis que la frontière est rendue hermétique aux migrants, sous prétexte de risque terroriste, on sait qu’ils prennent tous les risques pour passer », explique Amaïa Fontan, présidente de l’association d’aide aux migrants Etorkinekin, dans les colonnes de Ouest-France.

Or, « sans considérer leur demande de droit d’asile, les migrants devraient pouvoir arriver au centre d’accueil Pausa, à Bayonne, puis à leur destination finale sans mourir », insiste madame Fontan.

Politique

Un document confidentiel a été mis à jour dans le journal L’Humanité. Il s’agit des préconisations formulées par la SNCF auprès de la commission Duron.

Le député Philippe Duron doit remettre un rapport fin mai sur les trains d’équilibre du territoire (TET), ce sont des lignes intercités dont l’exploitation est soutenue par l’État. Ce document évoque un scénario terrible pour le grand Massif Central. La suppression  de plusieurs lignes et un tronçonnage de la ligne Polt (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse) qui deviendrait en fait un Paris-Brives.

Toutes ces réductions amènent à un résultat simple, le département de la Creuse ne devrait plus être desservi par les grandes lignes, car même la ligne transversale Bordeaux-Limoges-Lyon ne s’arrête plus à Guéret. Cette ligne fermée depuis 2012 pour travaux devait rouvrir en janvier 2016.

Bien sûr, tout le monde se montre rassurant “rien n’est perdu” assure Michel Vergnier, le député de la Creuse qui a été reçu en compagnie de Dominique Orliac, député du Lot par Philippe Duron. Il n’y aura pas de morcèlement de la ligne Polt et l’investissement de 1 milliard d’euros n’est pas remis en cause. Le ministre des transports quant à lui, a convenu qu’il était inconcevable d’effacer un département de la carte ferroviaire nationale.

Reste que le rapport existe et que de son côté, la SNCF pointe des déficits d’exploitation importants. Gageons que l’idée fait son chemin et qu’encore une fois la rentabilité l’emportera sur le service collectif, l’écologie et la cohésion nationale.

Crédit photo : Aleix Cortés