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C’est la décision qui a été annoncée par les dirigeants de la Société National Corse Méditerranée (SNCM) aux représentants du personnel lors du comité d’entreprise extraordinaire du lundi 3 novembre. La date effective du dépôt n’a pas encore été précisée, les salariés restent donc dans le doute pour le futur de la société.

Les sociétés Transdev et Veolia, détenteurs de 66% des parts de la SNCM, ont pour souhait, suite au dépôt de bilan, de placer l’entreprise en redressement judiciaire. Ce serait selon eux, l’unique solution pour sauver la société de transport maritime. Mais ce n’est pas l’avis de l’ensemble des syndicats, notamment de Pierre Maupoint de Vandeul, l’un des représentants de la CFE-CGC, qui a fait part de son inquiétude à l’AFP : « La direction engage un dépôt de bilan, alors même qu’elle reconnaît que le chemin est étroit entre le redressement judiciaire et la liquidation ». Les salariés n’ont, par ailleurs, pas hésité à revendiquer leur point de vue auprès d’Olivier Diehl, le président du directoire, sur sa gestion de l’entreprise.

L’Etat qui détient 25% des actions de la SNCM soutient la position de Veolia et Transdev, car le redressement judiciaire permettrait « d’effacer » les 400 millions d’aides publiques que la société doit rembourser à l’Etat français suite à la condamnation rendue par la Commission Européenne, qui a jugée cette aide comme étant illégale.

Pour ne pas disparaître, la SNCM doit maintenant trouver un nouvel actionnaire.

Crédits Photo : Louis Moutard-Martin

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Alors que les salariés de la compagnie maritime manifestaient ce mercredi 28 mai, les syndicats ont réclamé, dans une lettre envoyée jeudi au préfet de région, à être reçus par le ministre de l’Économie et du redressement productif Arnaud Montebourg, en visite à Marseille lundi. Très inquiets depuis la reprise de la compagnie par son principal actionnaire Transdev, les syndicats craignent à terme un démantèlement de la SNCM.

En effet, l’ensemble des syndicats de la SNCM regroupant la CGT, SAMMM, FO, la CFECGC, la CFDT et la CFTC ont entrepris au lendemain du conseil de surveillance de la SNCM, de s’adresser directement au ministre de l’économie.

Comme l’explique le secrétaire général des marins CGT, Frédéric Alpozzo, « nous voulons dénoncer les mensonges de l’Etat qui s’était engagé, à l’achat de quatre nouveaux navires ». Selon lui, Jean-Pierre Jouyet, actuel secrétaire général de l’Elysée, auraient bel et bien pris cet engagement en recevant les syndicats il y a quelques mois mais ne ferait rien désormais pour honorer cet engagement.

Si le gouvernement a toutefois demandé à la nouvelle direction d’étudier « la faisabilité financière de l’acquisition de nouveaux navires », cette éventualité a été rejeté en bloc par Jérôme Nanty, secrétaire général de Transdev et futur président du conseil de surveillance de la compagnie.

La société de navigation française, repris en main depuis le 12 mai dernier par la société Transdev semble se diriger dans ces conditions vers un probable démantèlement. Un mouvement grève possible dans les prochaines semaines n’a toutefois pas été confirmé par les syndicats.

Crédits photo : Louis Moutard-Martin