Tunisie, passe vaccinal
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Mardi 21 décembre, Amnesty International a alerté les autorités tunisiennes concernant un décret présidentiel imposant le passe vaccinal dans les espaces publics et privés, l’ONG estimant que ce texte violerait de nombreux droits. 

Restriction à la liberté de circulation

Aux termes de ce décret-loi, le passe vaccinal sera exigé pour chaque personne tunisienne ou résidant en Tunisie âgée de plus de 18 ans. « Le défaut de présentation du passe vaccinal entraine la suspension de l’exercice de fonctions pour les personnels de l’État, des collectivités locales et des instances, entreprises et établissements publics, et le contrat de travail pour les salariés du secteur privé, et ce, jusqu’à la présentation du passe vaccinal », stipule le décret.

Et surtout, le texte interdit de voyager sans passe vaccinal. Or, « cette exigence n’est manifestement pas une restriction légitime à la liberté de circulation en vertu du droit international, car elle est injustifiée et injustement restrictive », estime Amna Guellali, directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Mesures disproportionnées

« Amnesty International appelle les autorités (tunisiennes) à amender les dispositions qui violent les droits au travail et à la liberté de mouvement comme garanti par le droit international », a fait savoir l’ONG dans un communiqué.

« Les autorités tunisiennes ne doivent introduire que des restrictions nécessaires et proportionnées à la protection de la santé publique, précise madame Guellali, dénonçant des mesures qui « menacent inutilement les moyens de subsistance des Tunisiens en leur infligeant des sanctions excessivement sévères en cas de non-respect ».

Ces sanctions « pourraient nuire de manière déraisonnable aux moyens de subsistance des personnes sanctionnées et de leurs familles, d’autant plus que la Tunisie souffre déjà d’une grave crise économique », insiste Amnesty International.

Politique

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La Tunisie a constitué le foyer précurseur de toutes les révoltes arabes, avec « la révolte du Jasmin ». Cependant, elle est la seule à avoir su s’en tirer avec plus de raison que de violence.

Les Tunisiens ont pu rédiger en tout calme et démocratie, la seule constitution progressiste, qui a pu sortir leur pays de la crise politique, dans laquelle les autres pays du « printemps arabes » se sont embourbés jusqu’à nos jours. De par sa culture et son histoire ainsi que de ses acquis de l’ère Bourguiba, combinés à l’homogénéité de sa population qui ont fait de leur révolte, une lutte plus pacifiste que dans les autres pays… De plus, l’armée tunisienne a toujours su rester neutre. La Tunisie est aussi un pays islamique certes, mais réaliste et moderniste. Ces quelques points constituent les secrets du succès tunisien.

Photo: Wikipedia

Politique

SOS Tunisie : les libertés menacées !

Le soutien à cet Appel est ouvert à tous : aux tunisien(ne)s résidant en Tunisie ou à l’étranger et à nos ami(e)s du monde entier quelque soit leur nationalité ou leur pays de résidence.

« L’état des libertés publiques en Tunisie appelle à la vigilance et à la mobilisation.

Nous apprenons, au quotidien, des violations et des atteintes répétées aux libertés fondamentales : à la liberté d’expression, à la liberté de la presse, à la liberté d’information, à la liberté de création et à la liberté de pensée.

Nous, Tunisiennes et Tunisiens de l’étranger, signataires de cet appel, sommes inquiet(e)s de la dégradation des libertés acquises par la Révolution tunisienne, dont la revendication essentielle était : la liberté, le travail et la dignité. Nous sommes inquiet(e)s parce que chaque jour apporte son lot d’atteintes et de violations des libertés publiques et, en particulier, de la liberté de la presse.

Ce lundi 23 janvier se tenait un procès, celui d’une chaîne de télévision – un procès qui n’aurait pas dû exister et qui nous rappelle les sombres moments de la dictature de l’ancien régime. Quels que soient les reproches « légitimes » d’une partie de l’opinion exprimées lors de la projection d’un film ou d’une création artistique, ceux-ci ne justifient ni la violence ni les menaces. Ces reproches ne justifient pas non plus la poursuite judiciaire d’une chaîne de télévision dans l’exercice de son travail. Les médias, quelle que soit leur nature, publics ou privés, doivent jouir de la pleine liberté de diffusion et d’expression dans un pays libre et démocratique.

Lors de ce procès, Abdelhalim Messaoudi, Hamadi Redissi, Zyed Krichen, Salah Zeghidi, Saïda Garrach, Youssef Seddik… (journalistes, universitaires et militants des droits de l’homme), présents aux abords du Palais de justice, ont subi des agressions et des humiliations de la part d’un groupe de personnes dites « salafistes ». Les libertés fondamentales, avec l’indépendance de la justice, sont les piliers et les garants d’une société réellement démocratique. Il est inadmissible qu’une société démocratique ne soit pas capable d’assurer l’ordre public et son maintien, de surcroît lors d’un procès qui semble mobiliser le ban et l’arrière-ban de la partie qui l’a provoqué. Est-ce normal que la sécurité des citoyen(ne)s ne soit pas assurée et que la police soit restée inerte dans un tel contexte?

Nous ne pouvons rester silencieux devant cette violence, et nous nous joignons à toutes les voix qui, en Tunisie, se sont élevées contre ces méthodes qui nous rappellent de tristes souvenirs.

Nous exprimons notre soutien et notre solidarité aux victimes de ces agressions et déplorons l’absence de sécurité dans ce contexte qui exigeait un minimum de prévention.

Nous, signataires de cet appel, demandons aux autorités publiques d’assumer leur responsabilité de garant du maintien de l’ordre public et de la sécurité des citoyen(ne)s.

Nous regrettons que la police attende des ordres, qui ne viennent pas.

Après les incidents subis par la Faculté de la Manouba et le tâtonnement dans le traitement du problème par les autorités compétentes, nous voilà, à nouveau, aujourd’hui, en présence d’une inertie des autorités en matière de maintien de l’ordre public.

Nous demandons aux autorités publiques de mettre tout en œuvre pour rechercher les auteurs de ces violences, de les traduire devant les tribunaux et d’assurer sans délai la sécurité des personnes menacées.

Nous rappelons que la démocratie ne peut se construire dans un climat d’intolérance et de violence et en l’absence du respect des libertés fondamentales (libertés publiques et individuelles). »

Pour signer la pétition en ligne : http://www.petitions24.net/sos_tunisie_les_libertes_menacees