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IdéesPolitique

Vendredi 20 septembre à la mi-journée, la vie de plusieurs dizaines de communes sarthoises s’est figée lors d’une forte mobilisation pour dire « stop à la désindustrialisation » du département. Le mouvement, baptisé «  Sarthe morte  », est une réponse directe à la mise en liquidation de l’usine de papier Arjowiggins.

Résultat de manoeuvres financières

Le mouvement «  Sarthe morte  » se cantonne principalement au triangle formé par les villes du Mans, de Montval-sur-Loir et de Saint-Calais, et son épicentre est Bessé-sur-Braye. C’est là que se trouve l’immense usine de papiers recyclés haut de gamme Arjowiggins, placée en liquidation judiciaire fin mars. Ses 600 salariés, répartis entre la Sarthe et le Loir-et-Cher et désormais sans emploi, ont décidé de se mobiliser vendredi pour protester contre l’inaction du gouvernement, et faire valoir leurs droits.

Leur licenciement est d’autant plus insupportable qu’il est la conséquence de manœuvres financières du groupe Sequana, propriétaire d’Arjowiggins, et de son PDG Pascal Lebard. Mais le scandale ne s’arrête pas là, étant donné que les dîtes manœuvres ont été soutenus par la Banque publique d’investissement (BPI), un organisme supposé être le bras armé de l’État dans le secteur industriel. Et pour couronner le tout, il s’avère que le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire, qui s’oppose formellement à toute relance de l’usine depuis 6 mois, a des liens personnels avec monsieur Lebard.

LaRem fait l’autruche

Le collectif de citoyens à l’origine du mouvement a rassemblé plus de dix mille signatures pour dire « stop à la désindustrialisation de la Sarthe ». Parmi elles figurent les signatures de nombreux élus, comme les présidents du conseil départemental (LR) et de la communauté urbaine du Mans (PS), ou les maires d’Allonnes (PCF) et de Bessé (Modem). En revanche, nulle trace de la députée LaRem du secteur, Pascale Fontenel-Personne, qui est restée étonnamment silencieuse.

Politique

Il n’y a plus espoir de sauver les 1 143 emplois de l’usine Goodyear à Amiens. La direction a annoncé jeudi 27 novembre que les dernières discussions avec l’américain Titan n’avaient pas abouti. L’entreprise ne rouvrira donc pas ses portes fermées depuis janvier 2014.
Le projet de reprise de l’équipementier américain Titan ne verra pas le jour. Au cours d’un entretien accordé au Courrier Picard, Jean-Philippe Cavaillé, DRH de Goodyear, a expliqué que « toute discussion avec un repreneur potentiel, y compris Titan, était terminée ». Suite à un premier projet rejeté par la CGT il y a deux ans, aucun terrain d’entente n’a été trouvé avec l’américain.
A l’époque seulement 330 emplois auraient été sauvés.L’équipementier Titan avait eu des mots très durs sur le manque « d’ardeur au travail » des ouvriers français. Aujourd’hui, son PDG Maurice Taylor, a expliqué à l’AFP que le droit du travail français, selon ses propos, privilégie trop les employés et a permis à la CGT de poursuivre Goodyear pour que chacun puisse obtenir de meilleures indemnités.
A l’heure actuelle, 1 008 salariés bénéficient d’un congé de reclassement et l’Inspection du travail a invalidé le licenciement de 42 représentants du personnel. De son côté, la CGT a saisi les Prud’hommes pour invalider le motif de licenciement économique et a lancé une action de groupe aux Etats-Unis à propos des maladies professionnelles. Ces actions n’ont pas été commentées par Goodyear. Mais le DRH a annoncé qu’ils devaient « concentrer toute [leur] énergie pour trouver une solution pour chaque salarié ».
Crédits photo : CZmarlin