Politique

Dans une tribune publiée sur les réseaux sociaux, le Premier ministre défend son idée d’un revenu universel pour les jeunes.

Fusionner le RSA avec d’autres minimas sociaux et octroyer ce « revenu universel de base » à partir de 18 ans via une « allocation unique ». Manuel Valls a défendu, mais pas détaillé pour autant, ce qu’il estime être juste pour les jeunes en recherche d’emploi. Un revenu universel qui pourrait alors « remplacer la dizaine de minimas sociaux existants ». A ce titre, le Premier ministre indique que le gouvernement « engagera un dialogue avec tous les acteurs pour construire une réponse souple, plus simple et donc plus efficace, qui prenne en compte les situations individuelles ». Pour autant, rien n’est encore vraiment détaillé dans ce qui s’apparente plus à une annonce pré-élections qu’à une véritable mesure. D’autant que selon l’entourage de Valls, il sera impossible de la mettre en application avant la présidentielle. Message en trame : les électeurs qui estiment que la mesure a du bon pour le pays sont donc invités à voter pour le candidat du parti.

Valls vs Sarkozy

Mais ce qui ressort de cette prise de position du Premier ministre, c’est la dualité qui l’oppose à Nicolas Sarkozy. Une proposition qui avait déjà été dégainée en avril dernier mais qui resurgit pile au moment où l’ex-président et ses soutiens de la droite fustigeaient un système qui selon eux fait trop de place à l’assistanat et aux assîtes. Le Premier ministre saisit la balle au bond en y voyant par là une aubaine de retravailler sa gauche : « Je n’accepte pas que l’on traite d’assistés plus de 8 millions de nos compatriotes. Je n’accepte pas que l’on pointe du doigt les plus faibles, car c’est faire injure à des femmes, des hommes, des enfants pour qui la vie est dure. C’est faire injure, aussi, à notre République, en l’amputant d’une valeur essentielle: la solidarité ».

 

EconomiePolitique

Le Premier Ministre s’est clairement positionné contre le traité de libre-échange entre l’UE et les USA.

Abaisser les barrières douanières et réglementaires à l’instar de ce qui est mis en place au sein de l’UE, tel est le principe fondateur du TAFTA en négociations entre les USA et le Vieux Continent depuis trois années maintenant. Un accord de libre-échange qui doit permettre selon ses partisans de stimuler la croissance américaine et européenne, en mettant en place un marché commun censé être bénéfique pour les entreprises et les populations de chaque partie. Sauf que le TAFTA s’accompagne de son lot de conditions, impulsées majoritairement par les USA, qui ne vont pas dans le bon sens : suppression des quotas laitiers européens, introduction des bœufs américains élevés aux hormones, généralisation de l’emprise de Monsanto dans les culture, augmentation de la part d’OGM etc…Bref, tout ce que veut éviter le consommateur européen et français actuel deviendra réalité si l’UE ratifiait l’accord avec l’Oncle Sam.

Valls prend position

Histoire de travailler à améliorer son image et sa côté de popularité calamiteuse, Manuel Valls vient de prendre position contre le traité, estimant que l’accord « ne va pas dans le bon sens ». Le Premier Ministre rajoute même que le TAFTA « imposerait une vision qui ferait le lit non seulement des populismes, mais tout simplement une vision qui serait mauvaise pour notre économie ».

Des déclarations qui n’ont pourtant aucun réel effet sur les négociations, si ne ce n’est de tenter d’introduire quelques conditions relativement à l’avantage de l’Europe et de la France. Mais comment parvenir à croire que la France et l’UE résisteront aux coups de butoir des négociateurs et lobbyistes américains ? Rien que pour une simple taxe sur l’huile de palme, l’Europe a totalement plié sous l’effet des lobbyistes européens, pourtant moins virulents et puissants que leurs homologues américains.

EconomiePolitique

Suite à l’imposante manifestation du 9 mars, Manuel Valls a été contraint de revoir la copie du projet de la nouvelle loi du travail. Si quelques concessions ont bel et bien été faites, l’essentiel reste encore inchangé.

Un demi-million de manifestants plus tard, Manuel Valls s’est vu contraint de reculer quelque peu sur ses ambitions libérales. Car le projet de loi travail dessiné par El Kohmri visait jusqu’à présent à tailler dans le vif en tendant vers une plus grande flexibilité, une plus grande libéralisation de l’économie. Un projet de loi favorisant de facto le patronat au détriment des salariés. Grâce à la mobilisation des grandes organisations syndicales, le projet de loi a d’ores et déjà été retaillé mais la lutte ne doit pas pour autant s’arrêter car seuls quelques petits réajustements ont été concédés.

Au chapitre des premières victoires de la rue, notons le recul de Valls sur le temps de travail des apprentis, sur le forfait jours dans les PME ou encore sur les indemnités prud’homales. Mais reste que les mesures les plus pénalisantes pour les salariés demeurent encore dans la mouture du texte : négociation d’entreprise sur la loi, le référendum ou encore la rédéfinition du licenciement économique.

Politique

Dans les tuyaux depuis quelques semaines déjà, le remaniement c’est maintenant. Laurent Fabius a déjà fait ses valises pour le Conseil Constitutionnel, mais pour le reste beaucoup d’incertitudes demeurent.

Christiane Taubira partie du Ministère de la Justice pour manifester son désaccord avec la politique du gouvernement sur la déchéance de nationalité et Laurent Fabius ayant tout récemment fait place nette au Quai d’Orsay pour rejoindre un poste plus douillet au Conseil Constitutionnel, la valse des chaises vides est en cours. Nicolas Hulot, à qui Hollande a proposé un super-ministère de l’écologie-énergie, a refusé le poste, ce qui laisse bien évidemment supposer que Ségolène Royal ne resterait pas en place. Bref, il y a du pain sur la planche pour Hollande et Valls. Le nouveau gouvernement remanié devrait être annoncé jeudi 11.

Les Français favorables

7 Français sur 10 sont favorables à cet énième et certainement dernière réorganisation du gouvernement avant 2017. Mais pour l’instant, rien de très concret ne bruite. La raison principale : Hollande veut d’abord laisser passer le vote de la réforme constitutionnelle ce mercredi avant de faire l’annonce du remaniement jeudi ou vendredi. Emmanuel Macron, Emmanuel Cosse, Ségolène Royal, Michel Sapin, Alain Vidalies et consorts devraient selon les cas gagner ou perdre des galons. Jean-Marc Ayrault pourrait faire son retour et Manuel Valls pourrait être remercié. On parle d’une dizaine de ministères qui seraient concernés par l’opération.

Petit hic toutefois : l’international, sujet qui permet à Hollande de maintenir une pseudo côte de popularité, est quelque peu plombée avec le départ de Fabius. Il faudra donc trouver une personnalité capable de le remplacer avec succès tant sur les opérations en cours que sur les points de confiance qu’il faisait bénéficier au gouvernement.

Reste que cet ultime remaniement prend des airs d’opération de la dernière chance pour essayer d’unir la gauche derrière le duo Hollande-Valls avec 2017 en ligne de mire.

Politique

Selon Robespierre, « la morale consiste à réaliser dans la société, la probité que l’homme juste observe dans la vie privée.  Les socialistes actuels ne semblent pas vouloir revendiquer l’héritage de l’Incorruptible ! De la phobie administrative, au favoritisme organisé, le clan de François Hollande s’apparente de plus en plus à un petit milieu… Thomas Thévenoud, Jean-Paul Huchon, Kader Arif et consorts continuent de défrayer la chronique alors même que seuls 0,2% des élus seraient impliqués dans des affaires pénales d’après les auteurs du livre Délits d’élus.

Interrogés dans les colonnes du magazine Le Point, Graziella Riou Harchaoui et Philippe Pascot rappelaient qu’il y a520 000 élus en France et que « selon le rapport 2012 de la Société mutuelle d’assurance des collectivités locales (SMACL), seulement 0,2 % sont impliqués dans des affaires pénales ». Parmi ces marginaux on retrouve le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon reconnu « coupable » par la Cour d’appel de Paris, « d’avoir incité le conseil régional qu’il préside, à choisir pour prestataires des entreprises employant son épouse ».

Mais cette histoire serait presque considérée comme marginale par l’opinion, si les affres de l’ex-Ministre Thomas Thévenoud n’étaient pas  venus raviver les braises de la suspicion. Quelques jours après la nomination du gouvernement Valls 2, la nouvelle équipe de François Hollande connaissait déjà l’opprobre avant que le scandale entourant Kader Arif ne jette un peu plus d’huile sur le feu ! Pourtant le procureur, Michel Valet est formel, « on a une dénonciation circonstanciée de certains faits. J’ai le devoir de vérifier ce qu’il en est ».

Voilà pourquoi la nouvelle chroniqueuse du Grand Journal sur Canal +, Natacha Polony, n’hésite pas à parler « d’une crise de la morale publique ». Avec l’épouse de Jean-Paul Huchon, la famille de Kader Arif, mais aussi l’ex-compagne du Président qui raconte la vie à l’Elysée, ou le flirt d’Aurélie Filippetti et Arnaud Montebourg à San Fransisco, la vie politique écœure les Français. Tant que les responsables politiques n’auront pas retrouvé une certaine éthique de la responsabilité, la parole publique sera discréditée.

En 1993 déjà, le philosophe Paul Ricœur écrivait  dans  « Morale, Ethique, et Politique » que la règle de justice est la seule capable d’assurer la légitimité de l’Etat et du pouvoir. Assez pessimiste, il concluait alors « que le pouvoir politique, en raison de la fragilité que révèlent les paradoxes du pouvoir, n’est sauvé que par la vigilance de ces mêmes citoyens que la cité à en quelque sorte engendré ». Une magnifique ode au journalisme participatif, dont ce texte se réclame !