viol, Espagne
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Mardi 6 juillet, le gouvernement espagnol a approuvé un projet de loi garantissant la liberté sexuelle, en imposant l’obligation d’un consentement explicite avant tout rapprochement (ou tentative de rapprochement) physique.

« Solo si es si »

Pour la ministre espagnole à l’Égalité, Irene Montero (Podemos), ce texte a «un objectif clair: qu’aucune femme ne se sente seule». Un clin d’oeil de la ministre aux grandes manifestations féministes qui ont secoué l’Espagne suite à l’affaire de «  La Manada  » (une histoire de viol collectif) en 2018, dont l’un des slogans était «Tu n’es pas seule!». 

Jusqu’à maintenant, les délits d’abus sexuels et d’agression sexuelle se distinguaient par le recours, dans le second cas, à «la violence ou à l’intimidation», et le viol était caractérisé par une agression sexuelle « aggravée » au cours de laquelle il y avait pénétration. Pour distinguer les trois délits, les juges devaient donc questionner les victimes sur la violence de l’agresseur et leur degré de résistance, leur donnant presque l’impression, parfois, d’être elles-mêmes coupables. Intolérable selon la ministre de l’Égalité, qui a à nouveau repris un slogan de 2018  : «  Solo si es si» (Seul un oui est un oui).

Consentement avant tout

Dorénavant, le code pénal ne s’attardera plus sur les causes de la contrainte (violence, chantage, intimidation), se limitant seulement à l’impératif du consentement. «Le consentement ne sera établi que lorsqu’il aura été manifesté librement à travers des actes qui, selon les circonstances, expriment de manière claire la volonté de la personne », précise le texte.

«Cette loi place le consentement au centre, ce qui signifie que (les victimes) n’auront plus à démontrer qu’elles ont résisté, qu’il y a eu violence ou qu’elles se sont senties intimidées», explique la ministre, qui n’hésite pas à se montrer plus claire encore  : «On ne vise pas les compliments plus ou moins heureux des messieurs, on parle de types qui s’installent devant votre fille assise sur un banc public pour se masturber face à elle.»

Politique

Il y a 20 ans, les femmes en Afrique du sud ont obtenu le droit de travailler dans les mines. Aujourd’hui, 15 % des employés de l’industrie minière sont de sexe féminin, mais tout n’est pas rose pour celles qui “descendent” car elles doivent faire face aux insultes et aux harcèlements.

Dans des conditions extrêmes, les femmes doivent travailler plus dur que les hommes pour être prises au sérieux et assumer un travail très physique. Une étude menée par l’université du Witwatersrand en 2009, démontre que les femmes sont fréquemment victimes d’abus sexuels, d’insultes, sans compter les demandes de “faveurs” en échange d’une aide pour les tâches les plus éprouvantes. Les hommes qui n’ont pas l’habitude de travailler avec des femmes considèrent majoritairement que ce n’est pas leur place à plus de 200 m sous terre.

Les entreprises comme la “Anglo American” ont organisé des roulements pour éviter aux femmes de ne jamais se trouver seules et de travailler avec d’autres femmes ou des hommes de confiance, une hotline contre le harcèlement sexuel a été mise en place, ainsi que l’installation de caméras de surveillance et un système de reconnaissance biométrique à l’entrée des vestiaires féminins.

Malgré les obstacles, les femmes prennent leurs places et les mentalités évoluent bon gré mal gré. “Les femmes ne doivent pas simplement saisir les opportunités pour réussir”, souligne l’une d’elles, devenue chef d’équipe, “elles ont aussi besoin du soutien de leurs patrons”.

Crédit photo : Daniel Mennerich